Il s’inscrit dans la réflexion générale de l’ACRF : « Habiter l’espace rural, des racines et des rêves… », en écho au désir des groupes de base de travailler un mieux vivre ensemble dans un milieu rural en mutation.
La première étape, en 2004/2005, nous a permis d’approfondir les notions de réalisation de soi. Mieux se connaître, être au clair avec ses choix pour oser entrer en dialogue et surtout en débat avec d’autres pour un mieux vivre ensemble dans nos villages nous était apparu comme une démarche essentielle.
La deuxième étape, en 2006, nous a recentrées sur l’espace rural et ses mutations. L’objectif poursuivi était de comprendre les causes, la portée, les enjeux des mutations afin d’être plus à même de réagir face aux décideurs politiques et d’agir de manière adéquate dans la concrétisation des projets en faveur du milieu rural.
Pour être concrets, efficaces et essayer d’aller au-delà du simple constat, nous avons choisi de cibler des préoccupations plus spécifiques à approfondir comme la mobilité hier, le logement aujourd’hui, les services publics en milieu rural demain.
Mieux cerner les questions que pose le logement.
Etre attentives aux difficultés rencontrées par les personnes en cette matière et faire l’état des lieux des solutions proposées au niveau communal.
Faire connaître la réalité de terrain en collaboration avec des acteurs du monde associatif pour favoriser des solutions possibles et adresser aux décideurs politiques nos interpellations de femmes en milieu rural.
Notre démarche s’appuie sur les deux études de l’ACRF réalisées par Françoise Ansay et Françoise Warrant. Elle relève les constats suivants :
« La charge du logement occupe une part croissante des revenus disponibles. Ce phénomène concerne tout un chacun.
Aussi bien les ménages propriétaires que les ménages locataires.
L’augmentation du coût du logement en milieu rural place une partie non négligeable de la population rurale dans de sérieuses difficultés, tant pour l’accès à la propriété que pour la location.
Devant la flambée des prix d’achat, de construction, de rénovation et de hausse des loyers dans les arrondissements de Wallonie, les pouvoirs publics, les professionnels du secteur immobilier mais aussi le milieu associatif doivent réagir. »
Dès lors , devant ce problème qui concerne non seulement les populations des campagnes mais aussi des villes, les femmes de notre mouvement réclament que chacun-e ait un chez soi décent, permettant de se construire une identité digne et refusent une dualisation en matière de logement.
L’ACRF s’est mobilisée en 2006 :
Ce faisant, « l’ACRF poursuit l’ambition d’identifier des pistes de solution prometteuses et d’orienter l’action, tant des pouvoirs publics que celle du monde associatif. »
De janvier 2007 à juin 2008, l’ACRF propose à ses groupes locaux de creuser la réflexion en matière de besoins, de manques et de solutions par des recherches. Celles-ci constituent le corps de ce dossier et sont élaborées selon la dynamique globale de l’éducation permanente et l’une de ses mises en œuvre : le « voir-juger-agir-évaluer ».
L’ACRF souhaite que les femmes du mouvement puissent en connaissance de cause se positionner par rapport à la problématique du logement, être créatives en matière de solution et faire entendre leurs avis basés sur la réalité de terrain.
La première recherche se situe dans une dynamique chère aux femmes de l’ACRF : retisser le lien social au sein des villages dans un souci de justice et de solidarité en vue de développer une société plus démocratique, une dynamique devenue un axe prioritaire pour l’action du mouvement.
Cette recherche s'appuie sur les réflexions développées par Lambros Couloubaritsis, philosophe et professeur à l’ULB, lors des journées d'étude de l'ACRF au Centre Marcel Hichter en septembre 2006.
Au-delà du droit fondamental au logement, il s’agit de prendre conscience de la différence entre « se loger » et « habiter », voir quelles sont les conditions pour qu’un logement permette de se construire et de s’épanouir et ce, en nous inspirant des réflexions développées par Nicolas Bernard, philosophe, juriste, professeur aux Facultés Saint-Louis à Bruxelles lors des journées d'étude ACRF 2006.
Nous tentons de cerner ce qui se cache derrière le désir d’avoir son « chez soi » et de comprendre la notion de propriété.
Nous proposons aux participantes de repérer les besoins de logement en fonction de l'âge et de la situation sociale et d’organiser la récolte d'informations sur les services aux logements existants dans la commune.
Le logement donne lieu à d’importantes inégalités : l’offre de logements locatifs de qualité à prix modéré est insuffisante que ce soit en milieu rural ou en ville. C’est pourquoi, même dans un pays « riche » comme le nôtre, il est encore nécessaire, aujourd’hui, de mettre à disposition des personnes à petits revenus, des habitations du type « logement social ».
Il s’agit de prendre conscience de la raison d'être du logement social et de comprendre les raisons de la réussite ou de l’échec de celui-ci.
En milieu rural, un grand nombre de personnes sont propriétaires. Avec le temps et l'âge, la maison devient trop grande à entretenir, à chauffer… L’idéal serait de pouvoir adapter son logement en fonction des changements de situation mais combien de personnes l'envisagent-elles à temps et peuvent-elles se le permettre malgré les aides de la Région wallonne ?
L’habitat intergénérationnel est un lieu de vie dans lequel différentes générations , familles et personnes isolées, cohabitent. Les habitants s’engagent dans un projet collectif où chacun doit pouvoir trouver sa place, son autonomie et sa liberté.
Cette recherche incite à connaître l’habitat intergénérationnel et à comprendre les enjeux sociaux et collectifs d’une telle proposition.
Parmi les solutions pour faciliter l'accès à un logement décent aux personnes à revenus faibles ou modestes, les Agences Immobilières Sociales occupent une place originale. Relativement récentes, elles méritent d'être mieux connues.
Par cette recherche, nous allons découvrir l'originalité des AIS et prendre conscience que des propriétaires privés peuvent jouer un rôle dans le logement social.
Si l’exode rural fait partie du passé en Wallonie, le départ des jeunes reste un risque que nos communes rurales ne veulent pas courir .
Mais l’achat d’un bien immobilier n’est pas chose aisée. Surtout au moment de l’entrée dans la vie active…
Certaines communes proposent aux jeunes le « logement tremplin » .
Nous proposons dans cette recherche de connaître et analyser le logement tremplin et de voir si ce type de logement est proposé dans la commune.
Si un petit nombre de gens ont choisi ce type d’habitat par amour pour la nature, pour l’indépendance…, la grande majorité y a été contrainte faute de trouver un logement décent à loyer modéré. Le phénomène touche plus de 10.000 personnes en Wallonie.
Au cours de l’année, une technique d’animation sera proposée pour aider à comprendre la réalité du camping permanent, ses mécanismes et ses causes et à s’informer et se positionner face à une des réformes du politique : le plan HP ( Habitat Permanent), ses objectifs et ses limites.
Si vous décidez de travailler sur une thématique régionale en matière de logement, vous pouvez vous servir des articles de Plein Soleil, des analyses du service Etudes, de votre imagination et d’aborder ce sujet par la méthodologie dite « des FORUMS »
Au terme de l’étape « Un logement à habiter, un habitat où se loger », cette recherche invite à évaluer le chemin parcouru en matière de connaissance, d’évolution personnelle et de fonctionnement du groupe, mais aussi en terme d’action et de positionnement.
Tout au long de l’année, en vue d’informer largement leurs concitoyens, les groupes ACRF d’un village, d’une entité ou d’une régionale, proposeront des activités en rapport avec l’une ou l’autre de leurs préoccupations en matière de logement.
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Les romans de terroir ont beaucoup de succès car ils font, entre autres, l'éloge du monde rural. En tant que mouvement d'éducation permanente en milieu rural, nous avons analysé 4 d'entre eux afin d'explorer les représentations mentales qu'ils donnent des femmes, des hommes, des rapports entre eux et de la ruralité. Prenons ces livres comme des miroirs qui nous renvoient à nous-mêmes, à des questions fondamentales sur les rôles sociaux que nous jouons, sur le conflit entre tradition et modernité, sur l'avenir du monde rural.
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