Ca bouge dans nos campagnes
Les femmes sont à l’échelle de la Belgique, davantage que les hommes, confrontées à l’absence de permis de conduire et à la non-disponibilité d’un véhicule pour leurs déplacements, sans compter qu’un Belge sur cinq, tous sexes confondus, n’a pas de voiture! Les femmes sont aussi davantage que les hommes amenées à combiner au cours de leurs journées bien des activités qui rejaillissent sur leurs déplacements : on parle aujourd’hui de « chaînes de déplacement ».
Pour les habitant-e-s des campagnes, soyons attentifs au déficit de mobilité et aux difficultés de déplacement des uns et des autres : difficultés pour les demandeurs d’emploi non motorisés de se rendre sur des lieux de formation parfois bien éloignés de leur domicile, difficultés pour les travailleurs de se rendre sans leur propre véhicule à des emplois intérimaires, à des emplois aux horaires atypiques, difficultés pour les familles monoparentales de gérer leurs déplacements quotidiens. N’oublions pas bien sûr les moins valides et les personnes âgées qui auront assurément plus de peine à combiner différents modes de transport pour effectuer un trajet.
Une enquête a été menée par le service d’études de l’ACRF en automne 2004 pour faire le point sur les habitudes de déplacement, les difficultés en matière de transport, sur les attentes des femmes du mouvement en matière de mobilité et sur le degré d’information à propos d’outils de gestion de la mobilité. 660 questionnaires ont été distribués via nos groupes locaux. La mobilisation a été impressionnante puisque le taux de réponse a atteint 59 %. Près d’un tiers des femmes estiment manquer d’autonomie. 15 % s’estiment insatisfaites , voire très insatisfaites de leurs conditions de déplacement, qu’elles jugent aggravées surtout en soirée et durant les week-end.
S’exprimant à propos de leurs difficultés de déplacement, les répondantes regrettent principalement la faible fréquence des transports en commun, ensuite l’éloignement des arrêts de train et de bus. Les mesures qu’elles jugent prioritaires pour favoriser la mobilité en milieu rural sont, par ordre décroissant :
Les résultats détaillés de cette enquête sont présentés dans un cahier de recherche qui vient de sortir de presse. Dans ce cahier de recherche, on trouvera également une comparaison minutieuse de divers instruments de mobilité en milieu rural : bus locaux, bus à la demande, centrales de covoiturage, service de voiturage, taxi social, etc. Les Passagers du pays de Rendeux ont ainsi retenu toute notre attention.
Sur base de ces différents éléments, des interpellations sont adressées aux décideurs afin de faire entendre nos voix de femmes vivant en milieu rural. Des conseils sont aussi adressés aux citoyennes pour prendre une part plus active dans la gestion locale de la mobilité : non à l’autosolisme, priorité aux déplacements partagés. (transports en commun par bus et par train ; covoiturage ; car-sharing), retour aux modes de déplacement doux (vélo ; marche à pied), ayant un impact très faible sur l’environnement.
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Les romans de terroir ont beaucoup de succès car ils font, entre autres, l'éloge du monde rural. En tant que mouvement d'éducation permanente en milieu rural, nous avons analysé 4 d'entre eux afin d'explorer les représentations mentales qu'ils donnent des femmes, des hommes, des rapports entre eux et de la ruralité. Prenons ces livres comme des miroirs qui nous renvoient à nous-mêmes, à des questions fondamentales sur les rôles sociaux que nous jouons, sur le conflit entre tradition et modernité, sur l'avenir du monde rural.
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