Les images que les croyants se font de Dieu sont multiples, variées, voire antagonistes. Au cours d’une session organisée en mars 2004 par l’Action Chrétienne Rurale des Femmes (mouvement belge), le philosophe Paul Hennequin, en débat avec les participants, s’est attaché à élaborer des critères de discernement. Ses réflexions sont rassemblées en quelques pages.
Le premier critère tient dans une conviction : s’il est impossible de ne pas se faire des images de Dieu, il faut garder une conscience vive de la transcendance qu’elles visent sans pouvoir la maîtriser. Comme toute relation, dit le philosophe, la foi relie à l’au-delà des images. C’est pourquoi est rejetée toute image qui s’avère être une idole, toute religion qui est idéologie ou idolâtrie.
Autrement dit, une nette distinction s’impose entre les images, selon qu’elles traduisent acceptation ou refus de l’Autre. Or, une seconde conviction est que la vérité de l’acceptation de l’Autre se repère concrètement dans l’acceptation des autres. Par conséquent, le philosophe rejette les images de Dieu qui n’engagent pas une attitude de respect, d’ouverture, de dialogue et de solidarité.
Une autre critériologie est proposée par l’auteur de « Le Sens à l’épreuve de l’Autre ». Sa grille de lecture, à la fois logique et historique, met en rapport images de Dieu et conceptions du sens. L’enjeu est ici la place de la liberté humaine dans le déroulement d’une histoire sensée : l’humanité a-t-elle une réelle responsabilité dans sa propre destinée ? Dans le débat classique entre déterminisme et liberté, dont la version théologique est un débat entre grâce et liberté, le philosophe propose son choix : le thème biblique de l’Alliance lui semble à même d’honorer une autonomie humaine, collective autant qu’individuelle, qui ne s’éprouve pas comme toute-puissance.
Enfin, interpellant les images « métaphysiques » de Dieu, ce thème est complété par celui de l’Incarnation, central dans la tradition chrétienne. Le Tout-Autre est paradoxalement le Proche, et il l’est sous le double visage du Sauveur et de la Victime. Cette proximité est reconnue par le croyant chrétien en Jésus de Nazareth, mais elle s’offre à lui aussi en tout homme, qu’il prenne figure de bon samaritain ou d’homme tombé aux mains des brigands. Cette proximité reconnue appelle à vivre la foi ici et maintenant, menant combat pour sauver le « peu de Dieu en nous » (E. Hillesum), son image dans la création, l’amour malmené, blessé, crucifié par la démesure du mal.
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Les romans de terroir ont beaucoup de succès car ils font, entre autres, l'éloge du monde rural. En tant que mouvement d'éducation permanente en milieu rural, nous avons analysé 4 d'entre eux afin d'explorer les représentations mentales qu'ils donnent des femmes, des hommes, des rapports entre eux et de la ruralité. Prenons ces livres comme des miroirs qui nous renvoient à nous-mêmes, à des questions fondamentales sur les rôles sociaux que nous jouons, sur le conflit entre tradition et modernité, sur l'avenir du monde rural.
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