Nos villages : des dortoirs pour nantis ?

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Communiqué de presse - 19 septembre 2006

Nos villages : des dortoirs pour nantis ?

Suite à l'enquête réalisée auprès de ses membres dans plus de 200 villages de Wallonie et à ses journées d’études, l’ACRF, mouvement d’éducation permanente féminin en milieu rural souhaite partager ses inquiétudes. C’est particulièrement important à l’aube des élections communales.

  1. Devant la flambée des prix d’achat, de construction, de rénovation et de hausse des loyers dans les arrondissements ruraux en Wallonie, n'y aurait-il qu'à se résigner et à laisser faire les lois du marché ?
    Pour l'ACRF, les pouvoirs publics, les professionnels du secteur immobilier mais aussi le milieu associatif doivent réagir.
  2. La Wallonie connaît et connaîtra, dans un avenir rapproché, des évolutions démographiques dues à l'augmentation du nombre d’isolés ou de familles monoparentales et au vieillissement de la population.
    L’évaluation prospective des besoins en logement des ménages est capital et doit constituer une pièce maîtresse dans l’élaboration d’une politique de logement durable.
    Il faut également maintenir une offre de logements acquisitifs et locatifs suffisamment diversifiée capable de rencontrer ces nouveaux besoins.
  3. Le parc locatif public est insuffisant (presque la moitié des communes rurales ne disposent pas de logements sociaux) et le marché locatif privé, est d’ordinaire 4 à 5 fois plus cher que le logement social.
    Une meilleure régulation du marché locatif privé s’impose. Une intensification du soutien aux Agences Immobilières Sociales est une solution. A quand plus de courage politique pour mobiliser les logements inoccupés (30 à 35.000 logements vacants en Wallonie) ?
  4. Face à la hausse des prix du foncier qui touche encore davantage les ménages moins favorisés. Afin de la tempérer, des solutions inventives peuvent être mises en œuvre par les pouvoirs publics.
    Réserver des espaces pour les ménages défavorisés et les familles monoparentales via des outils fonciers nous paraît indispensable.
  5. En matière d'aménagement du territoire et de qualité de l'habitat, nous sommes inquiètes
    • de l’insuffisante planification et concertation de la gestion du sol dans nos communes
    • du risque de perte de caractère d'un village mais aussi du lien social entre ses habitants par une urbanisation linéaire déshumanisée (l'habitat en ruban)
    • des effets sur la collectivité des coûts inhérents à une organisation de l’espace non concertée : accès aux services publics, « tout à la voiture », approvisionnement en eau, isolement…
    Nous sommes fortement attachées à l’image de notre ruralité, à la qualité de vie qu’elle y permet, au maintien d’une activité agricole, à la diversité des services encore proposés. La gestion parcimonieuse de notre sol et la densification des noyaux d’habitat doivent être une priorité !
  6. Les politiques du logement ont évolué au cours des dernières années et l’échelon communal joue maintenant un rôle déterminant, en particulier en matière de politique sociale du logement qui, faut-il le souligner, excède largement le seul logement public !
    Au cours de la nouvelle législature communale, nous soutiendrons les responsables des communes rurales qui, en concertation avec les acteurs locaux et avec l’appui de la Région wallonne, mettront en place de véritables politiques de l’habitat permettant un accès au logement pour tous dans un souci de développement durable de nos campagnes.

Léonie Gérard, présidente et Brigitte Laurent, secrétaire générale
ACRF Action Chrétienne Rurale des Femmes

Pour en savoir plus, voyez nos analyses et les résultats de l’enquête publiés sur www.acrf.be