Le médicament, une marchandise comme les autres ? Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 24 décembre 2018 dans Analyses

Ce mois de novembre 2018, les pharmaciens belges ont tiré la sonnette d’alarme. La liste des médicaments en pénurie dans notre pays s’allonge dangereusement. De 328 au mois de janvier 2016 à 410 le mois dernier, l’indisponibilité de médicaments aussi essentiels que des vaccins pour l’hépatite, des inhalations pour les asthmatiques ou encore des injections contre les caillots sanguins commence à poser problème.
Si les experts se veulent rassurant, arguant que pour la plupart de ces médicaments en rupture de stock des alternatives existent, pour certaines pathologies, telles que l’épilepsie, cette solution est inimaginable. Pourtant, des solutions existent. Comme le suggère notre tout nouveau président du Sénat, Jacques Brotchi, pourquoi ne pas vendre ces médicaments à l’unité plutôt que par boites entières ?  » Peut-être devrions-nous prescrire le nombre de comprimés nécessaires pendant le nombre de jours nécessaires. Il n’y a pas de raison d’acheter une boîte de trente comprimés, si on doit en prendre cinq « .
Dit de cette manière, ce que cache cette pénurie n’est pas tant un problème d’approvisionnement et logistique qu’une fâcheuse tendance au gaspillage. Dans notre pays, les médicaments commencent en effet à être confrontés aux dérives consuméristes traversant l’ensemble de notre société. Doit-on dès lors craindre qu’ils ne deviennent des produits de masse comme les autres ?
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