L’AFSCA pourra-t-elle, un jour, se défaire de son image désastreuse ? Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 22 décembre 2019 dans Analyses

S’il y a bien une structure que le monde agricole se plaît à détester, c’est l’AFSCA. Depuis notre intégration au sein du Collège des Producteurs en tant que mouvement ruraliste, chaque réunion, chaque rencontre, chaque colloque est l’occasion pour certains de faire entendre leurs très nombreux griefs à l’encontre l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire.
Encore très récemment, lorsqu’en réunion de filière  » viande bovine  » l’on tentait de déterminer comment augmenter les revenus des exploitations de notre région, un éleveur a souhaité qu’on  » supprime les contrôles de l’AFSCA.  » Car,  » il y en a à chaque étape de la chaîne et c’est beaucoup d’argent dépensé pour rien. Ou plutôt pour nous emm…der. « 
Hasard du calendrier, c’est au même moment qu’est sorti un reportage faisant état de disfonctionnements présumés de l’agence. Et là aussi, nous n’aurions pas aimé être à la place d’Herman Diricks, administrateur-délégué de l’institution. Outre l’habituelle accusation de mener à la faillite les plus petites structures artisanales à coup de normes trop strictes, l’AFSCA serait mal gérée et vénale. Le climat social y serait délétère. Son personnel serait soit incompétent, soit peu regardant, voire carrément responsable de fraude tandis que les tentative d’intimidation seraient monnaie courante. Le reportage porte bien son nom :  » Pourquoi a-t-on peur de l’AFSCA ? « . Tous les ingrédients sont en effet réunis pour faire ressentir aux téléspectateurs la peur supposée qu’induit l’agence auprès des acteurs de la chaîne alimentaire.
Mais le grand public n’a pas attendu ce reportage pour se faire une opinion désastreuse de l’AFSCA. Régulièrement, au hasard de nos rencontres avec les habitants du milieu rural, nous entendons des consommateurs faire leurs les griefs du monde agricole avant de surenchérir avec des préoccupations spécifiques en l’accusant de niveler le goût par le bas, de l’uniformiser sur des standards dits  » industriels  » et de mener à la disparition de notre patrimoine gastronomique.
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