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Travailler moins… pour bosser plus ? analyse de Mélissa Pizzolon

Publié le 28 octobre 2018 dans Analyses

La réduction du temps de travail est inscrite dans notre Histoire moderne. Comme l’explique Blanche Garcia, permanente Femmes CSC Brabant Wallon, cette tendance est présente depuis longtemps :  » La diminution du temps de travail a été amorcée dès la fin du 19ème siècle avec une réduction du nombre d’heures prestées, d’abord, puis avec l’octroi de jours de repos. Le nombre de congés payés a également augmenté au fil du temps.  » Une tendance qui stagne cependant, selon elle :  » Depuis le début des années 2000, il n’y a plus eu d’évolution en terme de réduction du temps de travail. La CSC estime donc qu’il est légitime de revendiquer une nouvelle diminution.  »
Pour autant, cette diminution peut être déclinée de multiples façons, comme dans le cas de cette entreprise de pièces automobiles où le nombre d’heures prestées sur la semaine varie selon la charge de travail des différentes périodes de l’année. Ainsi, les employés peuvent travailler 40 heures par semaine lors des périodes de rush et 28 heures à d’autres moments.
Annie Cornet, sociologue spécialisée en  » genre et diversité au travail « , souligne qu’une réduction collective du temps de travail a le mérite de gommer l’orientation  » genre  » d’une réduction individuelle volontaire, celle-ci étant encore majoritairement demandée par des femmes. Selon la dernière étude de l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes (IEFH) sur la répartition genrée du congé parental, du crédit-temps et de l’interruption de carrière, le nombre de travailleurs qui choisissent de profiter du congé parental a triplé en moins de quinze ans, soit entre 2004 et 2017. La part d’hommes prenant un congé parental ou un crédit-temps ne cesse d’augmenter, certes, mais on est très loin d’une égalité hommes-femmes. En 2017, 68 % des congés parentaux étaient pris par des femmes…
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Le crime de la solidarité – analyse de Maïder Dechamps

Publié le 24 octobre 2018 dans Analyses

Du 7 au 9 novembre 2018, s’ouvrira ce qui est déjà connu comme le  » procès de la solidarité « . Des migrants et des hébergeurs sont accusés de trafic d’êtres humains et de participation à une organisation criminelle. Un amalgame inacceptable qui criminalise les tentatives de venir en aide à des personnes migrantes et dénonce les associations de soutien aux réfugiés. Or, selon elles, c’est bien l’absence de voies de passage sûres et légales et de structures d’hébergement pérennes qui sont un crime et poussent chaque jour ces personnes dans une extrême précarité. Un amalgame qui annonce la tenue d’un procès avant tout politique ?
Cinq à dix ans de prison et 38.000 € d’amende. C’est ce que risque Myriam Berghe, journaliste littéraire pour Femmes d’Aujourd’hui, dans le procès qui se tiendra du 7 au 9 novembre au Palais de Justice de Bruxelles. Ce qui lui est reproché :  » Trafic d’êtres humains et participation à une organisation criminelle « .  » J’ai simplement hébergé des gamins à peine majeurs, chassés de partout, broyés par une politique migratoire ignoble, qui se débrouillent pour gagner de quoi survivre et financer leur propre passage en Angleterre « , se défend l’accusée. iiDepuis le démantèlement de la Jungle de Calais, pas moins de 55 migrant·e·s sont passé·e·s dans son appartement bruxellois. Dans la nuit du 19 au 20 octobre 2017, sur une aire d’autoroute flamande, la police arrête des passeurs faisant monter des gens à l’arrière de camions à destination de l’Angleterre, cet eldorado (ce mirage ?) pour tant de migrant·e·s  » de transit  » qui ne font que passer en Belgique. L’un d’eux avait dormi chez la journaliste où il avait atterri  » après avoir été agressé dans son sommeil à coups de barre de fer à la Gare du Nord de Bruxelles, ce qui lui avait valu 27 points de suture sur le crâne « , explique-t-elle.
En 2015, Myriam Berghe s’est rendue dans la Jungle de Calais pour un reportage et une distribution de vêtements. Un choc terrible. Elle y est  retournée pour rencontrer des gens sur place, qui sont devenus des amis, dont Hassan (co-inculpé au procès). Parfois, elle apprenait la mort de l’un d’eux pendant la traversée, certains étaient blessés ou gravement malades. À la fin, elle était hébergée chez eux, elle avait sa cabane dans la Jungle. Les réfugiés ses amis lui chauffaient de l’eau pour sa douche alors qu’eux la prenaient froide. Quand la Jungle a été démantelée et qu’ils sont arrivés à Bruxelles, elle aurait dû leur dire :  » Non, on était amis dans la Jungle, mais là, vous êtes chez moi, je reste dans mon petit confort…  » Non ! C’était normal de les accueillir. La question ne s’est même pas posée. C’était des gens connus, des amis…
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Panique dans nos forêts. Le dernier thriller forestier – analyse de Corentin de Favereau

Publié le 22 octobre 2018 dans Analyses

Plus personne ne peut l’ignorer à moins d’avoir vécu dans une grotte et éteint son smartphone ces deux derniers mois, depuis le 13 septembre un communiqué de l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) confirme officiellement que la Belgique est touchée par la peste porcine africaine. Enfin, pas toute la Belgique, mais une zone précise de Lorraine gaumaise. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire a priori à la lecture du nom du virus, ce ne sont pas nos cochons mais nos sangliers qui sont actuellement touchés. Qui plus est, il ne s’agit pas d’une zoonose. La peste porcine ne se transmet en effet pas à l’homme.
Mais alors pourquoi en parle-t-on autant ? Avant tout, c’est la virulence de cette maladie qui retient l’attention. Le virus est, en effet, létal à 100%. En outre, si à l’heure actuelle, seuls les sangliers sont touchés, l’épidémie peut très facilement atteindre les porcs en se collant sous les bottes d’un forestier, sous les pneus du 4X4 d’un chasseur ou dans la semelle des bottines d’un simple marcheur. Mais, par-dessus tout, le virus reste actif plusieurs années, ce qui le rend plus effrayant encore. Dès lors, que faire ? Comment venir à bout de cette menace ? Mais surtout, comment composer avec la peur qu’elle génère …
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La mobilité valeur refuge du capitalisme? Etude de Jean-François Pontégnie

Publié le 18 octobre 2018 dans Etudes

La présente étude – LA  » MOBILITÉ  » : valeur refuge du capitalisme ? – n’entend pas se montrer exhaustive, il est en effet tout aussi impossible d’établir une recension complète de la littérature consacrée à la mobilité que de réconcilier les points de vue sur la question.
On se bornera donc à établir le constat que la mobilité est un paradigme, c’est-à-dire une construction sociale qui a fait accéder  » la mobilité au premier rang des valeurs désirables « , notamment au sens où elle  » ne met en avant, et au-dessus de tout, que des vertus « . En ce sens, la mobilité est donc  » envisagée comme une « valeur sociale » consensuelle et sans équivoque quant aux « bénéfices » que l’on peut en tirer « .
Mais, sous le paradigme, se cachent des réalités bien différentes, desquelles la présente étude tâche de donner un aperçu, sous deux angles.
Dans un premier temps, en traçant un tableau des  » migrants internationaux  » selon la terminologie de l’ONU, nous nous concentrons en particulier sur l’OCDE, puisque leur situation économique privilégiée permet aux 38 pays qui composent l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques de produire chiffres et analyses en suffisance. Lesquels démontrent des disparités flagrantes que l’on relève tout autant entre les  » personnes mobiles  » elles-mêmes qu’avec les populations  » natives « . Où l’on voit aussi que plutôt que de discriminations, il convient de parler d’exploitation.
Dans un deuxième temps, on envisage la mobilité dans la sphère productive, en nous basant sur l’exemple de la construction d’un ordinateur, dont les divers composants extraits du monde entier parcourent des distances vertigineuses avant d’être assemblés pour à nouveau être envoyés aux quatre coins de la planète. C’est là le résultat d’une course au profit qui touche tous les secteurs et qui a modifié en profondeur l’organisation des entreprises. Cette course au profit a un impact désastreux sur la Planète, tant en termes d’émissions de gaz à effets de serre ou de pollutions diverses que de pillage insensé des ressources naturelles.
La  » mobilité  » en tant qu’ensemble de faits économiques a donc été, dans la logique des mécanismes de domination, promue au rang de valeur, d’objet de désir. Pourtant si l’on examine la réalité – le renforcement éhonté des inégalités d’une part et de l’autre la destruction massive de notre biosphère – il y a tout lieu de remettre en cause, voire de rejeter le paradigme : de secouer le joug de la soumission à la mobilité. C’est pourquoi nous appelons vivement à une reterritorialisation : à, comme le demandait André Gorz,  » un mouvement des gens pour se réapproprier leur vie, leur milieu de vie pour pouvoir le soumettre à leurs propres décisions, s’en rendre maîtres de nouveau « .
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Pas d’écologie sans écologistes – analyse de Jacques Liesenborghs

Publié le 17 octobre 2018 dans Analyses

Au vu du résultat des dernières élections communales, que ce soit en Wallonie, en Flandre ou à Bruxelles, la vague verte est sans doute le signe de la maturité politique de nos concitoyens, le témoignage d’une prise de conscience de la nécessité d’un changement de modèle économique et social, qui transformera en profondeur nos façons de consommer, de produire, de travailler et de vivre ensemble. C’est tout un modèle de société qu’il nous faut repenser depuis la base !
Face au  » plus grand défi de l’histoire de l’humanité « , est-il possible de dépasser les querelles stériles et les caricatures ?
Hulot, un signal
En France, la démission, fin août, de Nicolas Hulot de son poste de ministre de  » la transition écologique et solidaire  » (chaque terme pèse lourd) a suscité nombre de réactions et réflexions intéressantes. Bien au-delà des réserves à l’égard d’une personnalité controversée, la plupart des prises de paroles traduisaient l’urgence, l’alarme, l’inquiétude profonde de citoyens, d’intellectuels et de scientifiques. Tout ce remue-méninges est déjà bien loin ! Un sujet chasse l’autre.
Et pourtant les catastrophes naturelles, le rapport du GIEC, les failles des centrales nucléaires, le pouvoir indécent des lobbys de l’agro-industrie et d’autres secteurs rappellent régulièrement l’impasse de choix économiques et politiques qui mènent à la catastrophe climatique. Et pas seulement climatique. Car les discours  » écologiques  » de nos gouvernants ne sont qu’une espèce de supplément d’âme, un vernis qui, comme le dit le journaliste Edwy Plenel, contribue à occulter  » des politiques ultralibérales qui creusent les inégalités, défont les droits sociaux et promeuvent la compétition à outrance. Elles sont incompatibles avec le défi écologique que doit relever l’humanité « …
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L’impossible neutralité – analyse de Jean-François Pontégnie

Publié le 16 octobre 2018 dans Analyses

La neutralité est avant toute chose une notion juridique qui, en raison des évolutions sociales (et en particulier des questions religieuses) a trouvé à s’appliquer en bien des domaines. Nous avons choisi ici de l’aborder sous l’angle de l’enseignement en Communauté française.
En mars 2015, la Cour Constitutionnelle belge rendait un arrêt décrétant que le cours de morale laïque dispensé dans les écoles de la Communauté française notamment n’était pas  » neutre  » et qu’au regard de la Constitution tout parent qui le désirait pouvait sans plus de justification en dispenser son enfant. Il va sans dire qu’il en allait de même pour les cours de religion. On revient dans un premier temps ici sur cette affaire et sur la rapide réorganisation à laquelle la Communauté française a été contrainte.
Il ressort encore que divers enjeux étaient au centre des décisions prises. Outre la question des professeurs qui, leurs cours étant désertés, couraient le risque de se voir licencier et la nécessité très générale d’assurer une  » formation aux idées « , il s’agissait aussi de lutter contre la radicalisation d’origine religieuse.  Il fallait enfin (et surtout ?) démontrer que le cours nouveau qu’instaurerait le décret modifiant la situation serait bel et bien  » neutre  » et que rien ne permettrait dès lors de s’y soustraire. En Communauté française, c’est un décret de 1994 (plusieurs fois modifié) qui s’attache à définir la  » neutralité  » et auquel se réfèrent les nouveaux cours de philosophie et de citoyenneté (CPC). Nous nous penchons ici sur les 4 articles du décret qui déterminent – sans doute avec bonne volonté mais sans grand succès, disons-le de suite – sur le fond ce que pourrait bien être la neutralité…
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