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Tracing et Droits Humains, inconciliables ? Analyse de Lydie Flament

Publié le 18 juin 2020 dans Analyses

Dans le but affiché de combattre la propagation particulièrement rapide du coronavirus COVID-19, de nombreux états ont pris la décision d’investir dans la technologie et de développer de nouveaux outils numériques. La recherche de solutions aux grands problèmes du monde dans ce domaine, surnommé le  » solutionnisme technologique « , est régulièrement utilisée. Cependant, ces méthodes engendrent de nombreuses questions et réactions, particulièrement en terme de protection des droits humains et de libertés. Aujourd’hui, le terme tracing s’est immiscé dans nos actualités et dans nos conversations, matérialisant les tensions sempiternelles entre les valeurs de droits humains et de sécurité.
La défense du respect de la vie privée est-elle indéniablement opposée à la lutte contre le coronavirus ? Est-il impossible d’utiliser ces méthodes de manière efficaces et optimales tout en garantissant les droits humains ? Risquons-nous de mettre nos droits fondamentaux en péril avec ce genre de méthodes sous prétexte de garantir une certaine sécurité ?
Afin d’apporter quelques éléments de réponse à cette problématique, il était nécessaire d’intégrer certaines notions. Nous avons cherché à définir au mieux les concepts de droit à la vie privée ainsi que le célèbre Règlement Général sur la Protection des Données qui doit encadrer le traitement des informations personnelles nécessaires, entre autres, au tracing. Ensuite, nous avons tenté de découvrir en quoi consiste le traçage de contact. Il nous fallait comprendre cette méthode ainsi que ses objectifs. Ces concepts une fois éclaircis, nous avons contextualisé l’outil numérique de traçage et observé rapidement sa mise en œuvre à travers différents exemples actuels. Après ce travail, il était enfin possible de confronter ces deux incompatibles à priori : vie privée et tracing, afin de connaitre les limites de chacun et leur possible ou, au contraire, utopique compatibilité…

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Voyez quand elles gouvernent ! Analyse de Godelieve Ugeux

Publié le 10 juin 2020 dans Analyses

Qui oserait le contester, la pandémie a principalement touché d’une part les personnes en précarité économique et d’autre part les travailleur·euse·s qui assurent les nécessaires fonctions de base que certains nomment métiers à  » prédominance féminine « . À l’heure où le déconfinement ? est amorcé, des questions surgissent avec plus ou moins d’insistance sur l’avenir de l’économie telle qu’elle est organisée dans nos sociétés ultralibérales.

De deux choses l’une :

– soit tout continue comme avant moyennant peut-être de superficielles améliorations du système actuel basé sur une économie de marché résolument productiviste et consommatrice ;
– soit nous voulons un changement radical de l’organisation économique, sociale et politique pour démocratiquement évoluer vers plus de respect des droits de l’homme et d’égard pour la planète dont nous dépendons tous. Et dans cette option de remise en question voire de renversement, les femmes vont-elles pouvoir donner de la voix pour participer aux décisions ?

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Délinquance juvénile et réponses sociales – Etude de Jean-François Pontégnie

Publié le 28 mai 2020 dans Etudes

Sortir de l’abattement et de l’amertume pour avancer.
Toute analyse, toute étude commence toujours par une émotion, un affect qui revient, sous une forme ou sous une autre, à l’ACRF. À qui il appartient de s’en saisir pour le problématiser, pour commencer d’en éclairer les tenants et aboutissants et enfin pour ouvrir des pistes – pour au moins tenter de transformer les affects tristes en affects positifs… Sortir de l’abattement et de l’amertume pour avancer.
Bon an mal an, ce sont environ 1.500 de nos enfants – pour une très large majorité des garçons – qui passent par la case  » IPPJ « , par les Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse. Ce qui ne manque pas d’infliger une quantité de souffrance impressionnante, tant pour les enfants que pour leurs proches : les affects tristes…
Dans un premier temps, pour saisir correctement de quoi il est ici question, il nous a semblé utile de dresser un tableau général de l’institution judiciaire belge, afin d’y distinguer la place spécifique du  » Tribunal de la Jeunesse « . La justice que l’on rend aux personnes majeures diffère en effet de celle des mineurs – sauf exceptions, dont cette étude discute, du reste.
Au fondement de cette différence de traitement l’on trouve  » la présomption d’absence de discernement  » qui permet aux jeunes de n’être point soumis à la justice pénale classique. Une  » présomption  » est une fiction juridique – elle n’a rien à voir avec la  » vérité  » – qui défend une valeur fondamentale : les enfants ou les mineurs ne sont pas des adultes miniatures, il convient donc de les protéger – d’eux-mêmes, de leur entourage, etc.
Seulement voilà : c’est à la société qu’il revient d’endosser cette tâche protectrice et naît immédiatement un dilemme. Certes, il faut protéger les mineurs mais la société ne doit-elle pas de se protéger d’eux dans le même temps ? De ces deux impératifs, pour une large part inconciliables, naît une tension qui irrigue toute l’histoire des lois relatives aux mineurs. Et la balance de la justice, dont l’équilibre est bien plus précaire qu’on ne veut bien le dire (et qu’on ne le représente), penche tantôt d’un côté, tantôt de l’autre…
Or, l’époque, que l’on peut qualifier de néolibérale si l’on entend par là autant les dispositions économiques que leurs soubassements idéologiques et l’organisation profondément inégalitaire de la société qui y est liée, l’époque, donc, est à la répression – pudiquement qualifiée de  » protection de la société  » et les jeunes soupçonnés d’avoir commis un  » fait qualifié infraction  » – puisque telle est l’appellation canonique – en paient le prix. Eux aussi.
Mais l’ensemble des conventions internationales interdisent l’emprisonnement des mineurs. Les IPPJ sont dès lors des instituts supposés être de protection. Un examen un peu approfondi des conditions d' » hébergement  » démontre cependant que la nature de cet univers est profondément carcérale. Ce qui contraint le législateur – et notamment le dernier en vigueur, dit  » Code Madrane « , à d’étranges contorsions langagières donnant à faire accroire que l’enfermement protège les jeunes et qu’il répond ainsi aux normes internationales… tout en les soumettant à des pratiques d’ordre pénitentiaire.
Comment, pourquoi une société en arrive-t-elle à enfermer ses enfants, nos enfants ? Et comment en sortir : comment les libérer ? Comment retrouver une façon pour nous toutes et tous de redevenir humain.e.s ? Autrement dit : comment retrouver des affects positifs qui nous remettraient en mouvement ?
Cette étude est dédicacée à tous les enfants enfermés, à tous les emprisonnés, et à leurs proches…

Pour télécharger l’étude, cliquez sur  Version finale DELINQUANCE JUVENILE REPONSES SOCIALES

Tout peuple qui s’endort en liberté se réveillera en servitude (Alain) – Analyse de JF Pontégnie

Publié le 27 mai 2020 dans Analyses

En ces temps d’exception, aussi bien sanitaire que politique et sociale, alors que les autorités traquent des  » clusters  » et prennent moult arrêtés et autres dispositions légales sans en passer par les voies parlementaires habituelles, en ces temps de flottement démocratique donc, il a paru intéressant à l’ACRF – Femmes en milieu rural de questionner l’organisation de la  » sécurité  » en Belgique, tout particulièrement au plan communal, là où nous la vivons au plus près.
Il est dans cette approche utile de commencer par une objectivation aussi précise que possible de l’état de la criminalité en Belgique, afin de savoir si les dispositifs sécuritaires actifs pour l’heure sont justifiés.
Et bien qu’il apparaisse que non, pas vraiment, l’énumération des dits dispositifs paraît interminable. Ce qui n’est en soi guère rassurant pour ce qui concerne le respect de nos libertés fondamentales.
C’est d’ailleurs pourquoi nous en appelons à rester éveillé. Plus que cela même : vigilants et combatifs.
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2020_09_ peuple_ liberté_servitude_JFP

Plein Soleil Juin 2020

Publié le 25 mai 2020 dans Plein-Soleil

PS juin 2020 COVER

Il vient de sortir.  Découvrez le sommaire et dans quelques jours nous vous proposerons en lecture libre un article phare.

Bonne découverte

Que se cache-t-il derrière nos  » 4 façades  » ? Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 13 mai 2020 dans Analyses

Peu avant le début du confinement se tenait le salon Batibouw, l’un des rendez-vous commerciaux les plus populaires de notre pays avec l’indétrônable salon de l’auto. Voilà qui ne surprendra personne : les Belges adorent rêver de belles carrosseries et de villas luxueuses.
Et, à l’instar des derniers coupés sports, les villas 4 façades deviennent progressivement davantage un fantasme, un objet de désir inaccessible, qu’un projet d’habitation concret. La construction de ces logements chute depuis des années. À tel point que ces  » 4 façades  » ne représentent plus qu’environ 25% des projets privés menés par le leader du marché, Thomas et Piron, alors qu’elles trustaient 90% des contrats il y a dix ans à peine.
Les chiffres officiels viennent d’ailleurs confirmer la tendance décrite par cette société immobilière. Entre 2005 et 2015, en Wallonie, le nombre de permis pour des maisons unifamiliales 4 façades est passé de 6.556 à 3.705.Tandis que dans le même temps, les maisons mitoyennes et les appartements ont connu une évolution inverse.
C’est bien simple, en 2005, les permis pour les maisons 4 façades étaient quatre fois plus élevés que ceux des maisons 2 et 3 façades alors qu’en 2015, ils n’étaient plus que deux fois plus nombreux.
Par ailleurs, en 2018, sur le territoire wallon, le nombre de permis pour des appartements (5.818) étaient tout simplement devenu équivalent à celui des maisons unifamiliales (5.847).
En corollaire de l’abandon progressif des  » 4 façades  » en faveur des autres formes d’habitation et plus spécifiquement des appartements, les surfaces des logements ont également tendance à se réduire.
Alors qu’en 2008, la surface habitable moyenne était de 107m2, dix ans plus tard, celle-ci avoisinait les 100m2 . Notons d’ailleurs que cela se vérifie même davantage dans une province aussi rurale que le Luxembourg belge où l’on est passé de 125 m2 à 101 m2 entre 2008 et 2018.
Du côté des experts, ce rétrécissement de nos espaces de vie est tellement prégnant qu’ils l’ont intégré dans leurs modèles de découpe de lotissements. Aussi, chez Thomas et Piron, l’on considère que  » de plus en plus de personnes préfèrent un terrain de 2-3 ares plutôt que de 10 ares. « …
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2020_08_ Quatre_façades_CDF