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Que se cache-t-il derrière nos  » 4 façades  » ? Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 13 mai 2020 dans Analyses

Peu avant le début du confinement se tenait le salon Batibouw, l’un des rendez-vous commerciaux les plus populaires de notre pays avec l’indétrônable salon de l’auto. Voilà qui ne surprendra personne : les Belges adorent rêver de belles carrosseries et de villas luxueuses.
Et, à l’instar des derniers coupés sports, les villas 4 façades deviennent progressivement davantage un fantasme, un objet de désir inaccessible, qu’un projet d’habitation concret. La construction de ces logements chute depuis des années. À tel point que ces  » 4 façades  » ne représentent plus qu’environ 25% des projets privés menés par le leader du marché, Thomas et Piron, alors qu’elles trustaient 90% des contrats il y a dix ans à peine.
Les chiffres officiels viennent d’ailleurs confirmer la tendance décrite par cette société immobilière. Entre 2005 et 2015, en Wallonie, le nombre de permis pour des maisons unifamiliales 4 façades est passé de 6.556 à 3.705.Tandis que dans le même temps, les maisons mitoyennes et les appartements ont connu une évolution inverse.
C’est bien simple, en 2005, les permis pour les maisons 4 façades étaient quatre fois plus élevés que ceux des maisons 2 et 3 façades alors qu’en 2015, ils n’étaient plus que deux fois plus nombreux.
Par ailleurs, en 2018, sur le territoire wallon, le nombre de permis pour des appartements (5.818) étaient tout simplement devenu équivalent à celui des maisons unifamiliales (5.847).
En corollaire de l’abandon progressif des  » 4 façades  » en faveur des autres formes d’habitation et plus spécifiquement des appartements, les surfaces des logements ont également tendance à se réduire.
Alors qu’en 2008, la surface habitable moyenne était de 107m2, dix ans plus tard, celle-ci avoisinait les 100m2 . Notons d’ailleurs que cela se vérifie même davantage dans une province aussi rurale que le Luxembourg belge où l’on est passé de 125 m2 à 101 m2 entre 2008 et 2018.
Du côté des experts, ce rétrécissement de nos espaces de vie est tellement prégnant qu’ils l’ont intégré dans leurs modèles de découpe de lotissements. Aussi, chez Thomas et Piron, l’on considère que  » de plus en plus de personnes préfèrent un terrain de 2-3 ares plutôt que de 10 ares. « …
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Que viennent faire les tatouages et les chemins de table dans le montant de nos pensions, salaires et autres allocations ? Analyse de C. de Favereau

Publié le 20 avril 2020 dans Analyses

Dans une actualité phagocytée par le COVID 19, une information pourtant essentielle pour de nombreux ménages est passée sous les radars de nombreux titres : nos pensions, nos salaires, nos allocations de chômage, etc. vont être indexés de 2% en ce début de printemps 2020.
Est-ce, là, une mesure d’appui de notre gouvernement pour nous soutenir en ces temps difficiles ? Non. En réalité, coronavirus ou non, dans notre pays, l’indexation des salaires, pensions et autres allocations est automatique.
En règle générale, les informations touchant à cette actualité économique et technique se limitent à ces seuls constats. Pourtant, cette question de l’indexation est bien plus concrète que ce qu’on pourrait croire a priori, et ce, même pour les non initié·e·s aux arcanes de la haute finance publique.
Bien sûr, dès qu’on traite de l’indexation, ressort inévitablement l’éternel débat dogmatique qui l’entoure depuis sa création. D’une part, le monde patronal, les grandes instances financières mondiales et certains partis politiques de droite voient en cette indexation automatique une anomalie, un cadeau empoisonné hérité de l’après-guerre qui grève la compétitivité du coût du travail en Belgique par rapport aux pays limitrophes. Tandis que d’autre part, les partis progressistes, le banc syndical, les mutualités et certaines associations citoyennes préfèrent y voir une protection contre la paupérisation de la population…
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Plein Soleil Mai 2020

Publié le 20 avril 2020 dans Plein-Soleil

PS mai 20 COVER

Le Plein Soleil de mai est arrivé.  Dans quelques jours nous publierons l’un ou l’autre article phare!  Mais si vous souhaitez en savoir davantage n’hésitez pas à vous abonner!

La Sécu en action – analyse de Lydie Flament

Publié le 7 avril 2020 dans Analyses

À l’ère du Covid-19, notre campagne  » La sécu, pas superflu !  » est plus que jamais d’actualité. Sujet brûlant avant la crise, il semble aujourd’hui incandescent. Dans cette pandémie qui touche tant de nations, nous avons souhaité comparer les protections sociales de quelques pays face à un seul et même problème. Notre sécurité sociale est-elle vraiment si déficiente que ce que certain.e.s le disent ?
Lorsque nous avons commencé à préparer notre campagne, jamais nous n’aurions pu imaginer ce qu’il se passerait l’année suivante. Notre objectif, toujours d’actualité, était de promouvoir et défendre notre sécurité sociale si importante, afin de protéger les citoyens en cas de risque social (chômage, maladie, retraite…). N’oublions pas à quel point elle fut attaquée et fragilisée par les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années en Belgique. Nous pouvions nous réjouir qu’elle restait encore forte, en comparaison de celles de certains pays, lorsque la crise nous a frappés.
L’objectif n’est pas ici de commenter les prises de décisions politiques, ni les stratégies qui ont été ou vont être mises en place pendant et après le Covid-19. D’autant plus que les nouvelles informations fusent d’heure en heure, rendant impossible ce travail au moment présent. Notre souhait au travers de cette analyse est de comprendre la manière dont les protections préexistantes jouent, ou non, un rôle d’airbag quant à cette crise qui était imprévisible…
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur  acrfana_2020_06_Sécu_en_action_LF

Nutri-score, le label au-dessus du lot? Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 6 avril 2020 dans Analyses

En 2016, notre mouvement publiait une étude sur les labels et le rôle qu’ils sont amenés à jouer dans le souhait de nos membres de se réapproprier leur alimentation.  La diffusion de cette étude était alors l’occasion de les sensibiliser à un projet de label nutritionnel alors en gestation en France.
A cette époque, le gouvernement français testait en effet plusieurs logos capables d’orienter le choix des consommateurs désireux d’avoir une alimentation plus saine.
Malgré un certain enthousiasme, les personnes rencontrées émettaient un certaine doute quant à l’impact de ce futur label dans leur mode de consommation: « c’est bien d’informer, mais le nutritionnel ne va pas changer la façon de faire mes courses ».  « La santé, ce n’est pas la même choses que la qualité. ».  Derrière ces mots, ces personnes questionnaient en réalité le double enjeu fondamental de ce nouveau label: quelle mission lui ont donné ses concepteurs?  Et ce message sera t-il vraiment compris par les consommateurs?
Développé en 2013 par l’équipe du professeur Serge Hercberg sur base du score nutritionnel de la FSA (Food Standards Agency) du Royaume-Uni, le Nutri-Score a été conçu pour permettre une comparaison aisée de la qualité nutritionnelle des différents produits présents dans les allées de nos grandes surfaces.  Après avoir été évalué par une trentaine d’études scientifiques ayant analysé sa perception par le grand public, son impact sur ses choix de consommation, son potentiel en matière de lutte contre l’obésité, le diabète ou encore les maladies cardiovasculaires et après avoir subi des tests » grandeur nature » dans plus d’une soixante de supermarchés de l’Hexagone, la label est enfin adopté en octobre 2017….
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2020_05_nutri_score_CDF

#tradwife – le dangereux fantasme d’un passé où seuls les hommes comptaient. Analyse de C.de Favereau

Publié le 25 mars 2020 dans Analyses

C’est avec un profond soulagement que nous apprenions récemment le verdict du procès d’Harvey Weinstein pour harcèlement et agression sexuelles. L’ancien maître omnipotent d’Hollywood finira sa triste vie de prédateur sexuel en prison, ou à l’hôpital, vu son état de santé.  Et bien au-delà de la satisfaction de voir que personne ne se trouve au-dessus des lois, nos pensées sont à ses trop nombreuses victimes.
Si pour certain.e.s, ce verdict signifie la fin d’une saga strictement américano-hollywoodienne, d’autres, par contre, se prennent à espérer que ce n’est là que la première pierre d’un processus de libération de la parole des femmes et la mise en avant de leurs droits.  En tant que mouvement de femmes nous faisons bien évidemment partie de la seconde catégorie de personnes.
Pourtant, rien n’est gagné.  Et ce, même si cette parole retrouvée des femmes abusées se fait désormais entendre jusqu’aux plus hautes sphères du cinéma français, même si le 8 mars a été réellement mieux compris et expliqué par les médias que les années précédentes; même si les devantures des magasins assimilant cette journée internationale des droits des femmes à une fête de LA femme avec leur lot de parfums et de bouquets de roses étaient sensiblement moins nombreuses que par le passé; et même si la Belgique a pour la première fois de son existence une Première ministre et que cette première Première ministre s’est vu offrir les pleins pouvoirs par un parterre d’hommes qui se seraient pourtant bien vus à sa place, nous devons malheureusement constater qu’à l’heure actuelle, des freins culturels et structurels existent encore et que l’égalité entre les femmes et les hommes n’est aussi évidente dans les faits que sur papier…
Pour télécharger  l’analyse, cliquez sur acrfana_2020_04_trad_wife_CDF