Etudes

Publié le 27 novembre 2020 dans Etudes

Cover_Convivalité 2020

A l’ACRF – Femmes en milieu rural comme ailleurs, le terme « convivialité » passe pour être tabou et personne ne se risquerait à recourir à ce concept pour rapporter à l’administration la nature de son action.

Mais pourquoi donc ce mot suscite-t-il tant de difficultés dans le secteur de l’éducation permanente?

Pour répondre à cette question, le mouvement a décidé de réaliser une étude sur la notion même de convivialité, sa profondeur, son histoire et sur le lien qui uni aux pratiques des groupes locaux et à l’engagement de chacune, individuellement, dans son village.

En réalité, coincée entre la « conception molle » présente dans le langage usuel et la ferveur d’une véritable réforme de notre société, la convivialité porte le sens que nous voulons bien lui donner.

Aussi cette étude, conçue comme une plongée dans l’histoire du monde associatif et de l’ACRF -Femmes en milieu rural en particulier, montre à quel point cette convivialité, par son essentiel engagement vers l’autre, se trouve légitimement au cœur de nos pratiques associatives.

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Délinquance juvénile et réponses sociales – Etude de Jean-François Pontégnie

Publié le 28 mai 2020 dans Etudes

Sortir de l’abattement et de l’amertume pour avancer.
Toute analyse, toute étude commence toujours par une émotion, un affect qui revient, sous une forme ou sous une autre, à l’ACRF. À qui il appartient de s’en saisir pour le problématiser, pour commencer d’en éclairer les tenants et aboutissants et enfin pour ouvrir des pistes – pour au moins tenter de transformer les affects tristes en affects positifs… Sortir de l’abattement et de l’amertume pour avancer.
Bon an mal an, ce sont environ 1.500 de nos enfants – pour une très large majorité des garçons – qui passent par la case  » IPPJ « , par les Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse. Ce qui ne manque pas d’infliger une quantité de souffrance impressionnante, tant pour les enfants que pour leurs proches : les affects tristes…
Dans un premier temps, pour saisir correctement de quoi il est ici question, il nous a semblé utile de dresser un tableau général de l’institution judiciaire belge, afin d’y distinguer la place spécifique du  » Tribunal de la Jeunesse « . La justice que l’on rend aux personnes majeures diffère en effet de celle des mineurs – sauf exceptions, dont cette étude discute, du reste.
Au fondement de cette différence de traitement l’on trouve  » la présomption d’absence de discernement  » qui permet aux jeunes de n’être point soumis à la justice pénale classique. Une  » présomption  » est une fiction juridique – elle n’a rien à voir avec la  » vérité  » – qui défend une valeur fondamentale : les enfants ou les mineurs ne sont pas des adultes miniatures, il convient donc de les protéger – d’eux-mêmes, de leur entourage, etc.
Seulement voilà : c’est à la société qu’il revient d’endosser cette tâche protectrice et naît immédiatement un dilemme. Certes, il faut protéger les mineurs mais la société ne doit-elle pas de se protéger d’eux dans le même temps ? De ces deux impératifs, pour une large part inconciliables, naît une tension qui irrigue toute l’histoire des lois relatives aux mineurs. Et la balance de la justice, dont l’équilibre est bien plus précaire qu’on ne veut bien le dire (et qu’on ne le représente), penche tantôt d’un côté, tantôt de l’autre…
Or, l’époque, que l’on peut qualifier de néolibérale si l’on entend par là autant les dispositions économiques que leurs soubassements idéologiques et l’organisation profondément inégalitaire de la société qui y est liée, l’époque, donc, est à la répression – pudiquement qualifiée de  » protection de la société  » et les jeunes soupçonnés d’avoir commis un  » fait qualifié infraction  » – puisque telle est l’appellation canonique – en paient le prix. Eux aussi.
Mais l’ensemble des conventions internationales interdisent l’emprisonnement des mineurs. Les IPPJ sont dès lors des instituts supposés être de protection. Un examen un peu approfondi des conditions d' » hébergement  » démontre cependant que la nature de cet univers est profondément carcérale. Ce qui contraint le législateur – et notamment le dernier en vigueur, dit  » Code Madrane « , à d’étranges contorsions langagières donnant à faire accroire que l’enfermement protège les jeunes et qu’il répond ainsi aux normes internationales… tout en les soumettant à des pratiques d’ordre pénitentiaire.
Comment, pourquoi une société en arrive-t-elle à enfermer ses enfants, nos enfants ? Et comment en sortir : comment les libérer ? Comment retrouver une façon pour nous toutes et tous de redevenir humain.e.s ? Autrement dit : comment retrouver des affects positifs qui nous remettraient en mouvement ?
Cette étude est dédicacée à tous les enfants enfermés, à tous les emprisonnés, et à leurs proches…

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Comment vous sentez-vous? Perception de la santé en milieu rural wallon

Publié le 10 décembre 2019 dans Etudes

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–  » Bonjour, comment allez-vous ?  »
–  » Ça va. Je fais aller. « 
Quotidiennement, aborder quelqu’un commence par lui souhaiter une bonne journée et lui demander comment il se sent.
Derrière la locution  » Ça va ?  » ou  » Comment allez-vous ? « , bien que cela ne soit pas explicite de prime abord, c’est bien à la santé que nous faisons référence.
Pourtant, nous n’attendons pas que notre interlocut·eur·rice nous fasse état de ses dernières analyses sanguines ou de son taux de cholestérol. Dans notre vie de tous les jours, la santé dépasse de très loin la sphère médicale. La famille, les activités sociales, la motricité, la cadre de vie, la spiritualité, etc. , les facteurs qui influencent la façon dont nous nous sentons sont particulièrement variés.
Ce constat a poussé l’ACRF – Femmes en milieu rural à partir à la rencontre du milieu rural wallon pour savoir quels éléments déterminaient la façon dont les citoyen·ne·s percevaient leur état de santé.
Riches, intimes, sereines et bienveillantes, ces rencontres ont permis de tirer un portait passionnant de tout ce qui conditionne la façon dont nous nous sentons, notre relation à notre corps, à notre moral, à notre sociabilité mais également à notre parcours, à nos trajectoires complexes de vie.
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Femmes en 14/18 – Hommages, oublis et censure

Publié le 26 septembre 2019 dans Etudes

Cover étude bon format

Le Centenaire de la 1ère Guerre mondiale s’est achevé le 11 novembre 2018, dans une apothéose que la présence de certains chefs d’Etat à Paris- Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan, etc. – a rendue discutable.

Il est bien d’autres moments qui ont suscité des discussions ou des polémiques, on songe notamment à l’évocation de Pétain par le Président Macron.  Mais c’est un autre aspect encore qu’aborde cette étude.  Il nous a semblé que les « commémorations » du Centenaire abordaient peu ou selon des approches fort stéréotypées la place des femmes dans la période 14-18.  Nous cherchons donc ici à objectiver cette impression.  Et il apparaît bien que non seulement les événements spécifiquement dédiés aux femmes dont plutôt rares, mais encore qu’ils ont fait l’objet d’une sélection fort sévère.

Pour le dire vite, si l’on peut célébrer les « anges blancs » et quelques héroïnes emblématiques, s’il est de bon ton de chanter les louanges des courageuses qui reprirent les travaux agricoles ou gagnèrent en masse les usines, bien des aspects sont édulcorés et d’autres, passés sous silence… Il y a ce que l’in peut dire, ce que l’on peut évoquer et, enfin, ce qui est tu.

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Mobilité en milieu rural, quelle évolution en 15 ans – Enquête sur la mobilité dans le milieu rural wallon. Etude de C. de Favereau

Publié le 28 novembre 2018 dans Etudes

Chaque année, notre pays bat son propre record de ralentissements et autres bouchons ; de quoi le faire honteusement parader en tête du classement des nations les plus embouteillées d’Europe. Mais la gêne que procure ce classement n’est rien par rapport aux effets néfastes de cette immobilité généralisée sur la santé, l’environnement et l’économie.
Mais tout cela, les citoyens en ont désormais connaissance, actant, en même temps, un décalage entre un discours conscient des risques encourus par notre société moderne et des modes de vie apparemment désinvoltes, voire inconséquents.
Aussi, dans notre milieu rural de la voiture triomphante, sommes-nous si inconscients que cela ? N’avons-nous réellement rien mis en œuvre pour adapter notre mobilité à la réalité qui nous entoure ? Les solutions imaginées par le passé sont-elles bonnes à jeter ? Et en quoi n’ont-elles pas su s’imposer comme des alternatives crédibles à la voiture ?
Plutôt que d’un jugement hâtif et intransigeant, comprendre la mobilité de nos villages demande de s’intéresser à ces derniers, à leurs habitants, leurs habitudes et à l’évolution de ces dernières. C’est pourquoi, cette étude se définit avant tout comme un regard critique sur l’évolution qu’a pris ou qu’aurait dû prendre les modes de déplacements pratiqués dans nos villages ces dernières années.

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La mobilité valeur refuge du capitalisme? Etude de Jean-François Pontégnie

Publié le 18 octobre 2018 dans Etudes

La présente étude – LA  » MOBILITÉ  » : valeur refuge du capitalisme ? – n’entend pas se montrer exhaustive, il est en effet tout aussi impossible d’établir une recension complète de la littérature consacrée à la mobilité que de réconcilier les points de vue sur la question.
On se bornera donc à établir le constat que la mobilité est un paradigme, c’est-à-dire une construction sociale qui a fait accéder  » la mobilité au premier rang des valeurs désirables « , notamment au sens où elle  » ne met en avant, et au-dessus de tout, que des vertus « . En ce sens, la mobilité est donc  » envisagée comme une « valeur sociale » consensuelle et sans équivoque quant aux « bénéfices » que l’on peut en tirer « .
Mais, sous le paradigme, se cachent des réalités bien différentes, desquelles la présente étude tâche de donner un aperçu, sous deux angles.
Dans un premier temps, en traçant un tableau des  » migrants internationaux  » selon la terminologie de l’ONU, nous nous concentrons en particulier sur l’OCDE, puisque leur situation économique privilégiée permet aux 38 pays qui composent l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques de produire chiffres et analyses en suffisance. Lesquels démontrent des disparités flagrantes que l’on relève tout autant entre les  » personnes mobiles  » elles-mêmes qu’avec les populations  » natives « . Où l’on voit aussi que plutôt que de discriminations, il convient de parler d’exploitation.
Dans un deuxième temps, on envisage la mobilité dans la sphère productive, en nous basant sur l’exemple de la construction d’un ordinateur, dont les divers composants extraits du monde entier parcourent des distances vertigineuses avant d’être assemblés pour à nouveau être envoyés aux quatre coins de la planète. C’est là le résultat d’une course au profit qui touche tous les secteurs et qui a modifié en profondeur l’organisation des entreprises. Cette course au profit a un impact désastreux sur la Planète, tant en termes d’émissions de gaz à effets de serre ou de pollutions diverses que de pillage insensé des ressources naturelles.
La  » mobilité  » en tant qu’ensemble de faits économiques a donc été, dans la logique des mécanismes de domination, promue au rang de valeur, d’objet de désir. Pourtant si l’on examine la réalité – le renforcement éhonté des inégalités d’une part et de l’autre la destruction massive de notre biosphère – il y a tout lieu de remettre en cause, voire de rejeter le paradigme : de secouer le joug de la soumission à la mobilité. C’est pourquoi nous appelons vivement à une reterritorialisation : à, comme le demandait André Gorz,  » un mouvement des gens pour se réapproprier leur vie, leur milieu de vie pour pouvoir le soumettre à leurs propres décisions, s’en rendre maîtres de nouveau « .
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