Analyses

Élections : séduction, émotion, abstention – analyse de Jacques Liesenborghs

Publié le 13 décembre 2017 dans Analyses

Avertissement : oui, je me lâche un peu et certain-e-s risquent de ne pas apprécier. C’est évidemment leur droit. Ouvrons donc le débat avec ce  » Macron, ce n’est pas du bidon ! « 
Les Françaises et les Français en avaient marre. Ras-le-bol. Basta, ça suffit ces magouilles, ces emplois fictifs, ces abus fiscaux, toutes ces promesses non tenues, un hyperprésident suivi d’un président trop normal. Nos voisins ont eu la possibilité de renvoyer sur leurs terres les partis traditionnels et leurs inamovibles élus. Une suite incroyable de  » bonnes  » surprises a ouvert une voie royale au jeune Emmanuel et à son encore plus jeune Mouvement. L’improbable est devenu réalité. Plus : un triomphe ! Chapeau.
Autre chose
Au-delà des énormes faiblesses de ses concurrents, il faut reconnaître à Macron du talent, un formidable sens de la mise en scène, une histoire personnelle qui ne laisse pas indifférent, une capacité à ne pas trop en dire, mais assez quand même pour donner envie de voir  » ce que ça donnerait si… « . Résultat des courses : cet appétit d’autre chose et un système électoral (à revoir) lui attribuent la Présidence de la République avec quelques longueurs d’avance et une majorité parlementaire quasi  » stalinienne « .
Au début de l’été, il n’était pas de bon ton de prendre ses distances, d’oser critiquer l’heureux élu.  » Il faut lui donner sa chance « , entendait-on.  » Tu as vu, il a réussi à embarquer Nicolas Hulot dans son périple ! « . De quoi faire oublier que, sur les questions cruciales du climat et de l’environnement, son programme était très lacunaire ?
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Pacte d’excellence: l’intérêt supérieur de l’enfant ? Analyse de Jacques Liesenborghs

Publié le 13 décembre 2017 dans Analyses

Pour la Ligue des familles et les organisations qui défendent les droits des enfants, le  » Pacte pour un enseignement d’excellence  » doit  » adopter comme boussole l’intérêt supérieur de l’enfant « . Tentative d’analyse de ce texte à l’intitulé pompeux.
Bastogne, un samedi pluvieux de mars 2017. Une quarantaine d’acteurs de l’école maternelle sont réunis à l’invitation du Ciep-MOC (Centre d’Information et d’Éducation Populaire du Mouvement Ouvrier Chrétien). Ateliers, table-ronde politique, échanges informels, rencontres. Une évidence : les travailleuses du maternel ne parlent pas la même langue que les rédacteurs du Pacte.
Et pourtant. Le niveau maternel est l’enfant gâté du Pacte : 1.100 emplois promis en 3 ans, 15 balises pour un nouveau référentiel, obligation de fréquentation scolaire dès 5 ans. Oui, mais les institutrices sont avant tout attachées à leur autonomie, à développer la créativité des enfants, à respecter l’enfance, à installer la confiance en soi. Elles en ont marre des contrôles tatillons ( » toujours plus de papiers « ), des pressions de certains parents et de l’école primaire. Elles craignent donc un référentiel (programme) contraignant. Enfin, elles ignorent tout du texte du Pacte : un texte de 320 pages, résultat de deux années de travail d’experts universitaires, de délégués des Pouvoirs organisateurs (PO), des syndicats, des associations de parents, autoproclamés  » acteurs  » de l’enseignement. Un texte rédigé dans une langue nouvelle qui mélange les sabirs du management, des technocrates, de l’université… avec un tout petit peu de pédagogie…
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À Calais,  migrantes invisibles et aidantes omniprésentes – Analyse de Maïder Dechamps

Publié le 7 décembre 2017 dans Analyses

Sociologue française, chercheuse au CNRS, Yasmine Bouagga a mené une enquête sociologique de plusieurs mois avec la dessinatrice Lisa Mandel dans la Jungle de Calais. Sur le blog du Monde.fr, elles ont raconté, sous forme de bande dessinée, le quotidien du camp.
Plein soleil a rencontré Yasmine Bouagga dans une interview au sujet de la présence des femmes dans le bidonville de Calais. Elle nous propose une analyse  » genrée  » du vécu dans la Jungle.
Y avait-il des femmes migrantes dans le bidonville ? Comment cela se passait pour elles ?
Alors qu’il y avait plusieurs milliers de personnes migrantes dans le bidonville de Calais, les femmes ne représentaient qu’une petite minorité, 5 à 10% selon les estimations. De façon générale, pourtant, les femmes constituent une proportion importante des réfugiés arrivant en Europe ; mais selon les communautés d’origine et selon les lieux de vie, elles sont plus ou moins nombreuses. Lorsque les hommes seuls sont majoritaires, les femmes peuvent se sentir en insécurité, et ce d’autant plus si elles sont isolées, si elles ne sont pas accompagnées d’un conjoint, d’un père ou d’un frère, de quelqu’un qui assure une forme de protection. De fait, les femmes migrantes étaient peu visibles dans le bidonville de Calais : celles qui vivaient dans la  » jungle  » avaient tendance à éviter un espace public très occupé par les hommes. Mais c’est aussi que les associations, depuis longtemps, avaient pris conscience de cette vulnérabilité et tenté de proposer des solutions. Ainsi, des bénévoles calaisiens avaient ouvert en 2014 un squat destiné aux femmes et aux enfants, qui ensuite a été transformé en centre d’hébergement géré par une association sous contrat avec l’État, et installé sur le site de la  » jungle « . Beaucoup parmi les femmes migrantes de Calais vivaient dans ce centre d’hébergement comptant jusqu’à 400 places, et qui était un lieu sécurisé…
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111 ans du mouvement. Un siècle de réflexion et de positionnements – Analyse de Maïder Dechamps

Publié le 7 décembre 2017 dans Analyses

Plusieurs chercheuses se sont penchées sur l’histoire de l’ACRF et ont analysé comment le mouvement a évolué en même temps que la société. Petite ligne du temps basée sur leurs résultats et focus sur la manière dont les femmes ont participé au changement dans les rôles qui leur sont attribués.
Entre 1906 et 1907, à la suite de diverses initiatives dont un congrès à Leuze-en-Hainaut, le premier  » Cercle des Fermières  » voit le jour à Ermeton-sur-Biert. Son objectif principal était de donner aux femmes une formation au niveau hygiène, santé, économie domestique et éducation des enfants.
Un siècle plus tard, la professeure d’histoire contemporaine (ULB), Éliane Gubin, observe dans son analyse sur les femmes rurales en Belgique aux 19ième et 20ième siècles que cette mobilisation et organisation des fermières témoignent d’une vision très stéréotypée de la femme. La société attend d’elles un dévouement absolu en échange des  » joies de la maternité « . Dans le même temps, les Cercles les encouragent à se regrouper et à sortir de leur espace privé au moment où tout les incite à y participer.
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La science dès huit ans, où sont les filles? Analyse de Godelieve Ugeux

Publié le 7 décembre 2017 dans Analyses

Les vacances, est-ce bien le moment pour apprendre ? C’est le défi qu’ont relevé des professeur-e-s de sciences en lançant l’asbl Ose la science, voici une vingtaine d’années. Ce mot  » science  » enclenche souvent une grimace chez les jeunes. Mais ces enseignants enthousiastes et motivés sont attentifs à exploiter le capital curiosité des enfants pour susciter leur envie de pratiquer des expériences scientifiques hors du cadre scolaire. Dans cette promotion des sciences, où sont les filles ?
Les grandes vacances et leurs multiples stages : badminton, dessin, cirque… Et pourquoi pas des sciences ? Lors des dernières vacances de Pâques, nous avons rencontré une quinzaine d’enfants entre 10 et 14 ans, intéressés par un stage intitulé  » Les secrets de la physique « . Ce qui leur est promis ? Des expériences sur des phénomènes de la vie courante comme comprendre pourquoi certains objets tiennent en équilibre ou le mouvement de la trajectoire d’un ballon jeté dans la cour ! Demain, ils lanceront des fusées avec de l’eau !
Pour le moment, chaque enfant est à sa table de travail dans le laboratoire du collège Saint-Servais, à Namur…
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L’homoparentalité hier et aujourd’hui. Quand le vécu casse les clichés – analyse de Godelieve Ugeux

Publié le 7 décembre 2017 dans Analyses

 » Quand les gens entrent dans notre vécu, les clichés s’en vont avec  »  – François, fils d’Annie et Claire
Ils sont là, tous les cinq, un peu serrés autour de la table familiale. Annie et Claire, les mamans sexagénaires, et leurs jumeaux bientôt trentenaires, Anna et François. Ce dernier est le papa de Lucas, assis sur les genoux de sa grand-mère. Il n’est pas exagéré de dire que cette famille est née au  » siècle dernier « , vu la mentalité étroite qui accueillait en ce temps-là tout signe d’homosexualité.
Annie et Claire se sont connues au patro. Elles avaient 17 ans. Ce fut le coup de foudre. Claire ne se rappelle plus quand elle en a parlé à sa mère. De son côté, Annie ne pouvait rien révéler vu l’hostilité de ses parents qui ont longtemps fait mine de tout ignorer.   » Avec la découverte de cet amour, on s’attend à tout, soupire Claire. Dans les années 70, l’homosexualité était regardée de travers. Il fallait rester discrètes, même si les amis étaient au courant. Vers 24 ans, on a décidé de vivre ensemble « .
Le jeune couple accueille ses neveux, mais n’imagine pas vivre sans enfant. Elles ont pensé à l’adoption mais finalement optent pour l’aventure combien difficile de l’insémination avec donneur anonyme. Et vient l’énorme surprise d’une grossesse gémellaire. Ah oui, elles sont contentes ! Mais leur situation s’annonce compliquée…
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