Analyses

Pas d’écologie sans écologistes – analyse de Jacques Liesenborghs

Publié le 17 octobre 2018 dans Analyses

Au vu du résultat des dernières élections communales, que ce soit en Wallonie, en Flandre ou à Bruxelles, la vague verte est sans doute le signe de la maturité politique de nos concitoyens, le témoignage d’une prise de conscience de la nécessité d’un changement de modèle économique et social, qui transformera en profondeur nos façons de consommer, de produire, de travailler et de vivre ensemble. C’est tout un modèle de société qu’il nous faut repenser depuis la base !
Face au  » plus grand défi de l’histoire de l’humanité « , est-il possible de dépasser les querelles stériles et les caricatures ?
Hulot, un signal
En France, la démission, fin août, de Nicolas Hulot de son poste de ministre de  » la transition écologique et solidaire  » (chaque terme pèse lourd) a suscité nombre de réactions et réflexions intéressantes. Bien au-delà des réserves à l’égard d’une personnalité controversée, la plupart des prises de paroles traduisaient l’urgence, l’alarme, l’inquiétude profonde de citoyens, d’intellectuels et de scientifiques. Tout ce remue-méninges est déjà bien loin ! Un sujet chasse l’autre.
Et pourtant les catastrophes naturelles, le rapport du GIEC, les failles des centrales nucléaires, le pouvoir indécent des lobbys de l’agro-industrie et d’autres secteurs rappellent régulièrement l’impasse de choix économiques et politiques qui mènent à la catastrophe climatique. Et pas seulement climatique. Car les discours  » écologiques  » de nos gouvernants ne sont qu’une espèce de supplément d’âme, un vernis qui, comme le dit le journaliste Edwy Plenel, contribue à occulter  » des politiques ultralibérales qui creusent les inégalités, défont les droits sociaux et promeuvent la compétition à outrance. Elles sont incompatibles avec le défi écologique que doit relever l’humanité « …
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L’impossible neutralité – analyse de Jean-François Pontégnie

Publié le 16 octobre 2018 dans Analyses

La neutralité est avant toute chose une notion juridique qui, en raison des évolutions sociales (et en particulier des questions religieuses) a trouvé à s’appliquer en bien des domaines. Nous avons choisi ici de l’aborder sous l’angle de l’enseignement en Communauté française.
En mars 2015, la Cour Constitutionnelle belge rendait un arrêt décrétant que le cours de morale laïque dispensé dans les écoles de la Communauté française notamment n’était pas  » neutre  » et qu’au regard de la Constitution tout parent qui le désirait pouvait sans plus de justification en dispenser son enfant. Il va sans dire qu’il en allait de même pour les cours de religion. On revient dans un premier temps ici sur cette affaire et sur la rapide réorganisation à laquelle la Communauté française a été contrainte.
Il ressort encore que divers enjeux étaient au centre des décisions prises. Outre la question des professeurs qui, leurs cours étant désertés, couraient le risque de se voir licencier et la nécessité très générale d’assurer une  » formation aux idées « , il s’agissait aussi de lutter contre la radicalisation d’origine religieuse.  Il fallait enfin (et surtout ?) démontrer que le cours nouveau qu’instaurerait le décret modifiant la situation serait bel et bien  » neutre  » et que rien ne permettrait dès lors de s’y soustraire. En Communauté française, c’est un décret de 1994 (plusieurs fois modifié) qui s’attache à définir la  » neutralité  » et auquel se réfèrent les nouveaux cours de philosophie et de citoyenneté (CPC). Nous nous penchons ici sur les 4 articles du décret qui déterminent – sans doute avec bonne volonté mais sans grand succès, disons-le de suite – sur le fond ce que pourrait bien être la neutralité…
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Les oubliés du numérique? analyse de Godelieve Ugeux et Corentin de Favereau

Publié le 16 octobre 2018 dans Analyses

Dans L’invasion numérique. Avons-nous encore le choix ?, le regard de notre mouvement s’est arrêté un instant sur la course folle dans laquelle s’était laissé entraîner notre société en quête du Graal numérique : un nouveau paradigme sociétal plus efficace, rapide et juste basé sur l’application des nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) à toutes les sphères de nos vies.
Nous constations alors que,  » convaincus ou non par ses bienfondés, nous ne sommes pas tous égaux face à ce monde numérique. Or, le risque est grand et avéré de laisser beaucoup de monde sur le carreau.  » Pour les chercheurs, il n’y a plus de doute possible, si  » tout se digitalise […] et notamment les services administratifs qui se mettent en ligne. « , il s’avère cependant que  » la fracture numérique ouvre un nouvel espace d’inégalités « .
Mais alors, ce nouveau monde a-t-il effectivement de la place pour tout le monde ? Que peuvent réellement en espérer nos bénévoles ? Sont-elles inclues dans les plans de cette  » révolution  » numérique ? Là où l’analyse précédente mettait en garde contre les mirages de ce nouveau monde, intéressons-nous, ici, à celles et ceux qui font le pari d’une vision optimiste et qui souhaitent tout de même tenter l’aventure numérique…
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Les Européens et la Politique Agricole Commune : entre méconnaissance et désamour – analyse de Mélissa Pizzolon

Publié le 22 août 2018 dans Analyses

La PAC, voilà son petit nom et le terme sous lequel tout un chacun la désigne sans, bien souvent, savoir ce que cette mesure de l’Union Européenne représente.
À la question posée par l’enquête Eurobaromètre  » Avez-vous entendu parler de l’aide que l’UE apporte aux agriculteurs à travers sa Politique Agricole Commune ? « , seuls 62% des Belges répondent  » oui « . Un score assez médiocre puisqu’il classe notre pays dans les cinq derniers des 28 états de l’Union Européenne. Ce résultat est aussi révélateur de la relative méconnaissance des politiques européennes et d’un euro scepticisme ambiant…
Souvent décriée par les agriculteurs eux-mêmes, la PAC a pourtant montré des volontés d’évolution dès ses débuts et affiche maintenant un virage au vert censé rencontrer davantage les préoccupations des populations. Cette évolution suffira-t-elle pour redorer le blason de la Politique Agricole Commune, paradoxalement mal connue mais mal aimée ?
Représentante des consommateurs/citoyens au sein du Collège des Producteurs, l’ACRF – Femmes en milieu rural a voulu tenter de mieux comprendre ces enjeux importants pour le milieu rural et pour les agriculteurs.
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La charge mentale, le syndrome des femmes épuisées d’avoir à penser à tout – analyse de D.Herman avec B. Willemart

Publié le 8 août 2018 dans Analyses

Penser à tout, tout le temps, pour assurer le bon fonctionnement du foyer: c’est la charge mentale qui pèse plus lourd pour les femmes que pour leur conjoint. Mais comment y remédier?
Depuis quelques temps, on en entend parler partout. Dès que le sujet est abordé sur les sites d’informations, les commentaires pleuvent. La charge mentale : deux mots pour expliquer un état de fait du couple qui confie majoritairement la gestion et la réflexion du fonctionnement familial aux femmes. C’est en quelque sorte une autre façon de dénoncer le fait bien ancré qu’une femme  » doit être une femme, une mère, une amante, une pro dans son boulot « …
Le concept de « charge mentale » introduit une idée nouvelle : même lorsque la répartition des tâches est équilibrée, ce sont les femmes qui les organisent. « Quand le partenaire attend de sa compagne qu’elle lui demande de faire les choses, c’est qu’il la voit comme la responsable en titre du travail domestique. C’est donc à elle de savoir ce qu’il faut faire et quand il faut le faire », écrit la dessinatrice Emma…
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Dans le monde entier, le monde rural a les mêmes difficultés – Analyse de Maïder Dechamps

Publié le 20 juillet 2018 dans Analyses

Quels sont les enjeux et les difficultés du monde rural en 2018 ? Peut-on comparer la réalité de l’agriculture familiale en Allemagne, au Botswana ou en Chine ? A quelques semaines de la Rencontre mondiale de la FIMARC, la Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques, dont le siège est à Assesse, nous avons posé ces questions à son Secrétaire général.
Tous les quatre ans, la Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques, organise une Rencontre mondiale lors de laquelle des délégués de leurs mouvements, présents dans une cinquantaine de pays sur les cinq continents, se retrouvent. L’occasion de discuter des enjeux spécifiques à chaque région mais aussi communs à l’ensemble du monde rural, d’échanger de bonnes pratiques et de rédiger ensemble des objectifs pour l’avenir. En novembre 2018, c’est à Thiès, au Sénégal, que septante délégués se réuniront autour du thème  » Avançons ensemble en solidarité et en harmonie pour créer un monde rural juste, digne et respectueux de toute forme de vie « .
Pour mieux comprendre en quoi consistera l’avenir de l’agriculture (et donc de l’alimentation mondiale), en particulier familiale puisqu’elle produit environ 80 % de l’alimentation mondiale et couvre 70 % à 80 % des terres agricoles, il semble essentiel de tendre l’oreille vers les paysan·ne·s eux·ellles-mêmes. De leur vécu particulier, de leurs difficultés locales, on peut tirer des conclusions plus générales et, espérons-le, des pistes d’action. C’est l’objectif d’une organisation comme la FIMARC.
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_14_ monde_rural_difficultés_MD