Analyses

La transition ou la militance laborieuse des femmes – analyse de Corentin de Favereau

Publié le 27 novembre 2018 dans Analyses

Émeline De Bouver, chercheuse en sociologie politique à l’Université Namur et auteure de l’ouvrage  » Moins de biens plus de liens. La simplicité volontaire, un nouvel engagement social?  » mais aussi Maïder Dechamps, membre fondatrice de Transition Chastre, Céline Dandois du Groupe Université de Namur en Transition et Marie Étienne, maraichère bio, autant de femmes venues débattre de l’engagement au féminin dans des initiatives de transition lors de nos Journées d’Études de 2018, dédiées, cette année, à nos rythmes de vie tantôt consentis, tantôt imposés mais toujours effrénés.
Quoi de plus logique que d’avoir recours à des femmes pour parler de la militance féminine ? Cela devrait tomber sous le sens. Pourtant, selon Émeline de Bouver, trouver des oratrices sur ces thématiques est une véritable prouesse.
Mais pourquoi est-il si difficile de trouver des femmes prêtes à témoigner sur le sujet ? Est-ce propre aux militantes de la transition ? Ou plus généralement, est-ce, là, une question structurelle qui renvoie à une reproduction de la hiérarchisation classique des genres de nos sociétés ? L’engagement, la militance féminine,  est-il défini par les rôles traditionnellement dévolus aux femmes ? Quelle place cette militance peut-elle occuper aux côtés des sphères de leur vie professionnelle, familiale, affective, etc. ? In fine, comment gérer cette couche supplémentaire d’éléments à penser, organiser, réaliser dans leur quotidien ?
Pour télécharger l’analyse, cliquez suracrfana_2018_29_transition_militance_femmes_CDF

La monoparentalité, une approche par les faits et par les données – analyse de JF Pontégnie

Publié le 27 novembre 2018 dans Analyses

Les familles monoparentales sont devenues une réalité sociale et l’objet de politiques publiques. Cette situation est récente, elle résulte d’une  » construction sociale « , c’est-à-dire de l’action conjuguée de différentes composantes : des producteurs de savoirs, de l’évolution des valeurs (notamment morales), des groupes militants portant des revendications… Ensuite la problématique ayant été mise en lumière, il faut encore qu’elle entre dans la sphère politique.
Des veuves de la guerre 14-18 aux familles monoparentales du XXIème siècle, en passant par la monoparentalité à visée émancipatrice des années 60-70 du siècle passé, c’est ce trajet que l’analyse La famille monoparentale, retour sur la construction d’un problème social entend retracer. Une histoire qui donne aussi à voir comment la place de la femme dans nos sociétés est, quoiqu’elles en disent encore et toujours, soumise aux aléas des options politiques dominantes.
Il ne suffit pas de déplorer que, pour de nombreuses avancées sociales, nous soyons passés  » du droit acquis à l’aumône accordée  » (pour reprendre le titre d’un article de Noëlle Burgi du Monde Diplomatique), il faut encore donner à percevoir ce qu’est aujourd’hui la monoparentalité. C’est ce à quoi s’attache la 2ème analyse que l’ACRF-Femmes en milieu rural vous propose : La monoparentalité, une approche par les faits et les données. A l’aide de données chiffrées, de graphiques et d’analyses sociologiques, notre mouvement a tâché de brosser un tableau aussi complet que possible du rapport social aux familles, duo parentales, recomposées et monoparentales et des différences – des inégalités, devrait-on dire – dont elles sont le signe et la résultante. Ce tour d’horizon peut, de prime abord, paraître quelque peu désespérant – près de 87 % des familles monoparentales sont féminines et la moitié d’entre elles vivent dans la précarité – il nous semble qu’il faut plutôt y voir des raisons de repartir à la conquête des droits sociaux et, tout particulièrement, de reprendre vigoureusement le flambeau de la lutte féministe.

Pour télécharger cette analyse et relire l’analyse 25 concernant la même thématique cliquez sur acrfana_2018_28_ monoparentalité_JFP  ou acrfana_2018_25_familles_construction_JFP

 

Quelles pistes pour une meilleure participation et représentation des femmes en politique ? Analyse de Maïder Dechamps

Publié le 20 novembre 2018 dans Analyses

Après les élections communales et provinciales du 14 octobre 2018 et à l’approche des élections régionales, fédérales et européennes, du 26 mai 2019, la question de le sous-représentation des femmes en politique se pose avec force.  Dans une précédente analyse, nous avons vu que les règles électorales et les quotas ont des effets positifs, mais insuffisants. De nombreux filtres sont à l’œuvre qui dissuadent ou empêchent les femmes de siéger, au bout du compte dans une assemblée ou un exécutif. Pourtant, la démocratie a tout à gagner à une meilleure représentation politique d’une catégorie sociale qui représente 50 % de la population. Envisageons quelques outils et pistes pour avancer en la matière.
Si notre Mouvement et d’autres interrogent la (faible) participation des femmes à la vie politique et veulent l’encourager, c’est parce que nous sommes convaincu·e·s que ces dernières ont une réelle plus-value à apporter à l’organisation de la cité.

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_27_participation_représentation_femmes_politique_MD

Participation des femmes en politique, les quotas sont-ils suffisants ? Analyse de Maïder Dechamps

Publié le 20 novembre 2018 dans Analyses

Malgré plusieurs règles pour améliorer la représentation des femmes sur les listes électorales, dans les faits, les femmes continuent à être sous-représentées dans les exécutifs et au sein des administrations. Pourquoi ? Quels filtres les empêchent d’entrer dans l’arène politique ?
En février 2018, on fêtait les 70 ans du vote des femmes aux législatives. C’était également, lors des élections communales d’octobre, la première fois que le principe de la  » tirette  » était de mise. Cette alternance entre hommes et femmes sur les listes (à l’exception de la dernière place) est la dernière règle électorale en date ayant pour objectif de favoriser la participation politique des femmes. Avec des effets tangibles, mais encore insuffisants.
En tant que Mouvement de femmes, il nous semble essentiel de savoir comment ces règles électorales influencent (ou non) la réalité de terrain pour les candidates. Le droit des femmes à être représenté est d’ailleurs le thème pour 2018 de l’Assemblée participative permanente Alter Égales, mise en place en 2015 par la ministre des droits des femmes, Isabelle Simonis. L’ACRF-Femmes en milieu rural suit de près les travaux de cette Assemblée et a d’ailleurs participé activement aux travaux d’Alter Égales, en 2016.
Quels sont les freins à la participation politiques de femmes ? Quels sont les difficultés concrètes pour celles qui s’engagent ?
Pour lire l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_26_participation_femmes_quotas_MD

Droits des paysans – droit pour l’humanité – analyse de Daisy Herman

Publié le 18 novembre 2018 dans Analyses

La 5e et dernière session du Groupe de Travail de l’ONU en charge du projet de Déclaration sur les droits des paysans s’est tenue du 9 au 13 avril 2018. Après 5 ans de négociations, il a finalisé le projet de Déclaration qui a été soumis en septembre en plénière lors de la 39ème session du Conseil des Droits de l’Homme à Genève avant d’être présenté devant l’Assemblée générale de l’ONU à New-York en ce mois de novembre 2018.
Selon le rapport sur la pauvreté rurale du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) de 2011, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, dont 800 millions vivent en milieu rural. Ces personnes sont des paysan.ne.s, des travailleurs agricoles, des sans-terres, des pêcheur.euse.s, des berger.e.s.  Parmi ces 800 millions de personnes vivant en milieu rural, 70% sont des femmes et des filles.
Même si la situation s’est améliorée au cours des années suivant ce rapport, la question reste posée :  » comment est-il possible que les personnes censées produire la nourriture soient menacées par la faim ? « .
La Via Campesina, le plus grand mouvement paysan au niveau mondial, implanté dans plus de 70 pays et représentant plus de 200 millions de paysannes et de paysans est à l’origine de ce projet de Déclaration sur les droits des paysans.  Depuis plusieurs années déjà, elle avait effectué un travail préparatoire qui a permis, suivant les recommandations du comité consultatif, au  Conseil des droits de l’Homme d’adopter une résolution sur la  » Promotion des droits de l’homme des paysans et autres personnes vivant dans les zones rurales « , le 27  septembre 2012. Dans cette résolution, le Conseil décide de créer  » un groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée chargé de présenter un projet de déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes vivant dans les zones rurales  » sur base du projet de déclaration du comité consultatif. Tous les acteurs concernés, c’est à dire les États, les organisations de la société civile et d’autres représentants, doivent être inclus aux consultations. Le groupe de travail s’est lancé dans l’élaboration de la déclaration en 2013.
Quelques années plus tard, dans un délai de 5 ans (ce qui est finalement assez court dans les instances des Nations Unies), la paysannerie et les travailleuses et travailleurs du milieu rural devaient obtenir le vote de cette Déclaration à l’ONU permettant la défense et la protection de leurs terres, leurs semences, la biodiversité et des accès facilités pour les marchés locaux. Le vendredi 28 septembre 2018, les nations membres du Conseil des Droits humains de l’ONU ont passé une résolution pour amener devant tous les États membres la Déclaration pour le Droit des paysans et des personnes travaillant en milieu rural.
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_24_droits_paysans_DH

En route vers la transition – analyse de D. Herman avec G. Ugeux et N. Dumez

Publié le 4 novembre 2018 dans Analyses

Depuis quelques années, nous nous interrogeons sur notre consommation, le surplus d’emballage, l’origine de nos produits, la soi-disant  » gratuité  » de certains de ceux-ci. Mais pourquoi se passer des supermarchés alors qu’on y trouve tout ce dont on a besoin ? Mieux, tout ce dont on pourrait avoir envie ! Les grandes enseignes ont siphonné les petits commerces et imposé leur loi aux producteurs, tout en se faisant la guerre des prix. Mais surtout, sans se soucier de la planète qui souffre…
Plus personne n’ignore que la surexploitation des terres et l’industrialisation de toutes les ressources détruisent les humains et la planète. Chacun de nous produit quotidiennement environ 1 kg de déchets ménagers. Mais ce n’est pas tout. Chaque année, s’ajoutent à cela 3 500 kg de déchets industriels par personne qui proviennent de la fabrication de nos biens de consommation. Ces « déchets cachés » alourdissent fortement notre consommation quotidienne. On estime qu’un Européen consommerait ainsi environ 50 tonnes de ressources, dont une petite fraction seulement termine entre les mains du consommateur sous forme de produit. Sans compter que certaines grandes surfaces sont également devenues un lieu d’incitation au surendettement, problème dans lequel de nombreuses personnes (et notamment parmi les plus démunis) sombrent et sortent très difficilement…
Pour télécharger l’analyse cliquer sur acrfana_2018_23_route_transition_DH