Analyses

Vous ne verrez bientôt plus de pauvres ni de drogués en Flandre – analyse de C. de Favereau

Publié le 8 février 2019 dans Analyses

Le Nord du pays a de quoi pavoiser. Imaginez une société où vos bambins pourraient gambader gaiement dans les rues sans croiser ni indigents ni toxicomanes. Une société sure et vierge de toute drogue ou de pauvreté. Eh bien, ce rêve est à notre portée. La classe politique flamande a en effet trouvé une solution définitive à ces deux fléaux.
Lorsqu’un enfant naît dans une famille en difficulté financière, il a toutes les chances de l’être une fois adulte. Par ailleurs, les scientifiques montrent désormais comment les addictions répondent également à une logique héréditaire.
De ce fait, si l’on veut faire disparaître ces problèmes,  » la solution la plus efficace n’est pas de repenser nos structures sociétales. Non. Le plus évident est d’empêcher les indigents et les drogués de se reproduire. Tout simplement. « 
Bien sûr, cette réflexion absurde, teintée d’un fort second degré, n’a jamais été tenue publiquement par qui que ce soit en Flandre. Pourtant, ces élucubrations ne sont pas insensées tant leur proximité avec la réalité politique du moment s’oppose frontalement aux valeurs défendues par l’éducation permanente. Désormais la mainmise du pouvoir politique sur une des libertés les plus essentielles de notre condition d’être humain, la procréation, n’est plus un tabou. Tout du moins, tant que l’on parle de population désœuvrée…
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Nos églises, traces du passé et opportunités d’avenir – analyse de Corentin de Favereau

Publié le 30 janvier 2019 dans Analyses

Celles et ceux qui pratiquent leur foi le dimanche l’observent chaque semaine un peu plus : nos églises se dépeuplent dramatiquement. Ce constat n’est évidemment pas neuf. La sécularisation de notre société se marque depuis le milieu du XXème siècle.

À chaque génération qui disparait, l’écart entre le nombre d’églises et les besoins des pratiquants se creuse davantage. En Wallonie, on en dénombre plus de 2800. Les seules provinces de Luxembourg et Namur en comptent près de 900 alors même que le diocèse considère que les pratiques actuelles en nécessiteraient quatre fois moins. Mais alors que faire des autres ?

Au cours des XIXème et XXème siècles, le nombre d’églises a été multiplié par dix de manière à répondre à la croissance démographique galopante de cette époque. Il est vrai que jusque dans les années 1950, presque toute la population, et c’est encore plus vrai en milieu rural, se retrouvait dans les églises le dimanche. Mais la pratique religieuse s’est, depuis, très profondément transformée. Désormais, le nombre de pratiquants est estimé à 5%.

Certaines églises se retrouvent donc désertées, impliquant de ce même fait un grave problème de conservation du bâtiment lui-même. Que faire de ces édifices, une fois les fidèles partis ? Tant pour l’Église que les autorités communales, l’entretien de ces bâtiments est ressenti, en raison de son coût, comme un véritable fardeau. Mais n’y a-t-il pas moyen de voir en ces églises vides, de formidables opportunités d’avenir ?

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Urgence climatique : quand la technologie va plus vite que les décisions politiques. Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 24 décembre 2018 dans Analyses

65.000 pour les uns, 70.000 pour les autres ou encore 75.000 pour les plus optimistes, ce dimanche 2 décembre 2018, ils étaient nombreux à battre le pavé des rues de Bruxelles pour affirmer fermement à nos dirigeants :  » nous sommes prêts à affronter le défi climatique, et vous ? « 
Au-delà de se montrer conscients de l’urgence climatique, cette marche avait pour objectif de s’adresser directement à nos dirigeants avant une double échéance climatique ; d’une part, la Cop 24 à Katowice, chargée de faire adopter  » un manuel d’utilisation des accords de Paris de 2015  » et d’autre part, un vote européen sur l’accroissement de l’ambition de l’Europe en terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de production d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique deux jours plus tard.
Et l’enjeu est de taille. Car sur les questions climatiques, si l’on s’accorde pour dire que le monde  » ne fait toujours pas assez et ne va pas assez vite « , la Belgique est nulle et nulle part. Pire, alors que notre pays faisait partie des pionniers il y a une dizaine d’années, elle s’affiche désormais parmi les pires rétrogrades européens aux côtés de la Pologne.
Dès lors, allons-nous droit dans le mur ? Les 75.000 personnes de la marche pour le climat ont-elles une chance d’être entendues par nos dirigeants ? La Belgique se montrera-t-elle enfin digne des enjeux planétaires qui se dressent devant nous ?
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Le racisme pour tradition ? Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 24 décembre 2018 dans Analyses

Après les tentatives d’arrêt de publication de Tintin au Congo, la suppression du Zwarte Piet (père fouettard) dans les célébrations officielles de la Saint-Nicolas aux Pays-Bas, la remise en cause du défilé des Noirauds à Bruxelles, aux rangs desquels nous comptons pas mal de célébrités dont notre ministre des affaires étrangères, voilà, cette année, qu’on a fait annuler un défilé folklorique pastichant les populations congolaises lors de la ducasse des Culants de Deux-Acren.
Pour une part toujours plus audible de la population, cela commence à bien faire. Ce ras-le-bol s’entend aussi au sein de l’ACRF-Femmes en milieu rural. Par exemple, l’une de nos bénévoles a témoigné de son exaspération.  » Cette fois, j’ai vraiment l’impression qu’on dépasse les bornes. (…) Notre folklore existe, nos coutumes aussi… Il ne faut pas y voir malice. Qu’en sera-t-il du Cwarmê à Malmedy où il y a également un personnage  » Lu Sâvadje-Cayèt « . Ce carnaval est pourtant classé au patrimoine immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles (…). Quand cela s’arrêtera-t-il ? « 
Si notre bénévole a tenu à préciser, par ailleurs, qu’elle rejette le racisme, son interpellation à destination de la société et de notre mouvement d’éducation permanente n’est pas à prendre à la légère. D’abord, parce qu’elle se fait le reflet d’une tendance toujours plus forte au sein de la population et ensuite, parce qu’elle interroge notre rôle même d’éducation permanente face à l’évolution récente de la société et de sa capacité à appréhender son passé colonial.
De cette manière, lorsque notre bénévole demande :  » Quand cela s’arrêtera-t-il ? « , cela traduit sa déstabilisation face à cette tendance actuelle à réinterroger des pans entiers de notre folklore, de nos coutumes et de nos traditions.
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Le médicament, une marchandise comme les autres ? Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 24 décembre 2018 dans Analyses

Ce mois de novembre 2018, les pharmaciens belges ont tiré la sonnette d’alarme. La liste des médicaments en pénurie dans notre pays s’allonge dangereusement. De 328 au mois de janvier 2016 à 410 le mois dernier, l’indisponibilité de médicaments aussi essentiels que des vaccins pour l’hépatite, des inhalations pour les asthmatiques ou encore des injections contre les caillots sanguins commence à poser problème.
Si les experts se veulent rassurant, arguant que pour la plupart de ces médicaments en rupture de stock des alternatives existent, pour certaines pathologies, telles que l’épilepsie, cette solution est inimaginable. Pourtant, des solutions existent. Comme le suggère notre tout nouveau président du Sénat, Jacques Brotchi, pourquoi ne pas vendre ces médicaments à l’unité plutôt que par boites entières ?  » Peut-être devrions-nous prescrire le nombre de comprimés nécessaires pendant le nombre de jours nécessaires. Il n’y a pas de raison d’acheter une boîte de trente comprimés, si on doit en prendre cinq « .
Dit de cette manière, ce que cache cette pénurie n’est pas tant un problème d’approvisionnement et logistique qu’une fâcheuse tendance au gaspillage. Dans notre pays, les médicaments commencent en effet à être confrontés aux dérives consuméristes traversant l’ensemble de notre société. Doit-on dès lors craindre qu’ils ne deviennent des produits de masse comme les autres ?
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Brésil: comment en est-on arrivé là? Analyse de Jacques Lieseborghs

Publié le 19 décembre 2018 dans Analyses

Samba, bossa nova, capoeira. Le roi Pelé, Salgado, Amado. Candomblé, churrasco, guarani… c’est le Brésil qui faisait rêver en Europe. Et maintenant Bolsonaro. Qu’est-ce qui s’est passé ?

Avec ses 200 millions d’habitants, le Brésil est une superpuissance en Amérique du Sud (dont il occupe la moitié de la superficie). C’est le 5° plus grand pays de la planète. Il fait partie du groupe des BRICS (Chine, Russie, Inde et Brésil), le club des principaux pays dits  » émergents  » qui entendent se faire respecter et peser sur l’économie mondiale.
Après une longue dictature militaire (1964-1985), le pays a retrouvé un régime démocratique. Au fil des années, au-delà du foot et du Carnaval, le Brésil a fait parler de lui sur la scène internationale grâce à des personnalités et mouvements hors du commun, comme Helder Camara, le Mouvement des sans terres (MST) ou plus récemment Lula.
A partir du 1 janvier 2019 s’ouvre un nouveau chapitre qui fait très peur…
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