Analyses

Quelles pistes pour une meilleure participation et représentation des femmes en politique ? Analyse de Maïder Dechamps

Publié le 20 novembre 2018 dans Analyses

Après les élections communales et provinciales du 14 octobre 2018 et à l’approche des élections régionales, fédérales et européennes, du 26 mai 2019, la question de le sous-représentation des femmes en politique se pose avec force.  Dans une précédente analyse, nous avons vu que les règles électorales et les quotas ont des effets positifs, mais insuffisants. De nombreux filtres sont à l’œuvre qui dissuadent ou empêchent les femmes de siéger, au bout du compte dans une assemblée ou un exécutif. Pourtant, la démocratie a tout à gagner à une meilleure représentation politique d’une catégorie sociale qui représente 50 % de la population. Envisageons quelques outils et pistes pour avancer en la matière.
Si notre Mouvement et d’autres interrogent la (faible) participation des femmes à la vie politique et veulent l’encourager, c’est parce que nous sommes convaincu·e·s que ces dernières ont une réelle plus-value à apporter à l’organisation de la cité.

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_27_participation_représentation_femmes_politique_MD

Participation des femmes en politique, les quotas sont-ils suffisants ? Analyse de Maïder Dechamps

Publié le 20 novembre 2018 dans Analyses

Malgré plusieurs règles pour améliorer la représentation des femmes sur les listes électorales, dans les faits, les femmes continuent à être sous-représentées dans les exécutifs et au sein des administrations. Pourquoi ? Quels filtres les empêchent d’entrer dans l’arène politique ?
En février 2018, on fêtait les 70 ans du vote des femmes aux législatives. C’était également, lors des élections communales d’octobre, la première fois que le principe de la  » tirette  » était de mise. Cette alternance entre hommes et femmes sur les listes (à l’exception de la dernière place) est la dernière règle électorale en date ayant pour objectif de favoriser la participation politique des femmes. Avec des effets tangibles, mais encore insuffisants.
En tant que Mouvement de femmes, il nous semble essentiel de savoir comment ces règles électorales influencent (ou non) la réalité de terrain pour les candidates. Le droit des femmes à être représenté est d’ailleurs le thème pour 2018 de l’Assemblée participative permanente Alter Égales, mise en place en 2015 par la ministre des droits des femmes, Isabelle Simonis. L’ACRF-Femmes en milieu rural suit de près les travaux de cette Assemblée et a d’ailleurs participé activement aux travaux d’Alter Égales, en 2016.
Quels sont les freins à la participation politiques de femmes ? Quels sont les difficultés concrètes pour celles qui s’engagent ?
Pour lire l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_26_participation_femmes_quotas_MD

Droits des paysans – droit pour l’humanité – analyse de Daisy Herman

Publié le 18 novembre 2018 dans Analyses

La 5e et dernière session du Groupe de Travail de l’ONU en charge du projet de Déclaration sur les droits des paysans s’est tenue du 9 au 13 avril 2018. Après 5 ans de négociations, il a finalisé le projet de Déclaration qui a été soumis en septembre en plénière lors de la 39ème session du Conseil des Droits de l’Homme à Genève avant d’être présenté devant l’Assemblée générale de l’ONU à New-York en ce mois de novembre 2018.
Selon le rapport sur la pauvreté rurale du Fonds International de Développement Agricole (FIDA) de 2011, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde, dont 800 millions vivent en milieu rural. Ces personnes sont des paysan.ne.s, des travailleurs agricoles, des sans-terres, des pêcheur.euse.s, des berger.e.s.  Parmi ces 800 millions de personnes vivant en milieu rural, 70% sont des femmes et des filles.
Même si la situation s’est améliorée au cours des années suivant ce rapport, la question reste posée :  » comment est-il possible que les personnes censées produire la nourriture soient menacées par la faim ? « .
La Via Campesina, le plus grand mouvement paysan au niveau mondial, implanté dans plus de 70 pays et représentant plus de 200 millions de paysannes et de paysans est à l’origine de ce projet de Déclaration sur les droits des paysans.  Depuis plusieurs années déjà, elle avait effectué un travail préparatoire qui a permis, suivant les recommandations du comité consultatif, au  Conseil des droits de l’Homme d’adopter une résolution sur la  » Promotion des droits de l’homme des paysans et autres personnes vivant dans les zones rurales « , le 27  septembre 2012. Dans cette résolution, le Conseil décide de créer  » un groupe de travail intergouvernemental à composition non limitée chargé de présenter un projet de déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes vivant dans les zones rurales  » sur base du projet de déclaration du comité consultatif. Tous les acteurs concernés, c’est à dire les États, les organisations de la société civile et d’autres représentants, doivent être inclus aux consultations. Le groupe de travail s’est lancé dans l’élaboration de la déclaration en 2013.
Quelques années plus tard, dans un délai de 5 ans (ce qui est finalement assez court dans les instances des Nations Unies), la paysannerie et les travailleuses et travailleurs du milieu rural devaient obtenir le vote de cette Déclaration à l’ONU permettant la défense et la protection de leurs terres, leurs semences, la biodiversité et des accès facilités pour les marchés locaux. Le vendredi 28 septembre 2018, les nations membres du Conseil des Droits humains de l’ONU ont passé une résolution pour amener devant tous les États membres la Déclaration pour le Droit des paysans et des personnes travaillant en milieu rural.
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_24_droits_paysans_DH

En route vers la transition – analyse de D. Herman avec G. Ugeux et N. Dumez

Publié le 4 novembre 2018 dans Analyses

Depuis quelques années, nous nous interrogeons sur notre consommation, le surplus d’emballage, l’origine de nos produits, la soi-disant  » gratuité  » de certains de ceux-ci. Mais pourquoi se passer des supermarchés alors qu’on y trouve tout ce dont on a besoin ? Mieux, tout ce dont on pourrait avoir envie ! Les grandes enseignes ont siphonné les petits commerces et imposé leur loi aux producteurs, tout en se faisant la guerre des prix. Mais surtout, sans se soucier de la planète qui souffre…
Plus personne n’ignore que la surexploitation des terres et l’industrialisation de toutes les ressources détruisent les humains et la planète. Chacun de nous produit quotidiennement environ 1 kg de déchets ménagers. Mais ce n’est pas tout. Chaque année, s’ajoutent à cela 3 500 kg de déchets industriels par personne qui proviennent de la fabrication de nos biens de consommation. Ces « déchets cachés » alourdissent fortement notre consommation quotidienne. On estime qu’un Européen consommerait ainsi environ 50 tonnes de ressources, dont une petite fraction seulement termine entre les mains du consommateur sous forme de produit. Sans compter que certaines grandes surfaces sont également devenues un lieu d’incitation au surendettement, problème dans lequel de nombreuses personnes (et notamment parmi les plus démunis) sombrent et sortent très difficilement…
Pour télécharger l’analyse cliquer sur acrfana_2018_23_route_transition_DH

Travailler moins… pour bosser plus ? analyse de Mélissa Pizzolon

Publié le 28 octobre 2018 dans Analyses

La réduction du temps de travail est inscrite dans notre Histoire moderne. Comme l’explique Blanche Garcia, permanente Femmes CSC Brabant Wallon, cette tendance est présente depuis longtemps :  » La diminution du temps de travail a été amorcée dès la fin du 19ème siècle avec une réduction du nombre d’heures prestées, d’abord, puis avec l’octroi de jours de repos. Le nombre de congés payés a également augmenté au fil du temps.  » Une tendance qui stagne cependant, selon elle :  » Depuis le début des années 2000, il n’y a plus eu d’évolution en terme de réduction du temps de travail. La CSC estime donc qu’il est légitime de revendiquer une nouvelle diminution.  »
Pour autant, cette diminution peut être déclinée de multiples façons, comme dans le cas de cette entreprise de pièces automobiles où le nombre d’heures prestées sur la semaine varie selon la charge de travail des différentes périodes de l’année. Ainsi, les employés peuvent travailler 40 heures par semaine lors des périodes de rush et 28 heures à d’autres moments.
Annie Cornet, sociologue spécialisée en  » genre et diversité au travail « , souligne qu’une réduction collective du temps de travail a le mérite de gommer l’orientation  » genre  » d’une réduction individuelle volontaire, celle-ci étant encore majoritairement demandée par des femmes. Selon la dernière étude de l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes (IEFH) sur la répartition genrée du congé parental, du crédit-temps et de l’interruption de carrière, le nombre de travailleurs qui choisissent de profiter du congé parental a triplé en moins de quinze ans, soit entre 2004 et 2017. La part d’hommes prenant un congé parental ou un crédit-temps ne cesse d’augmenter, certes, mais on est très loin d’une égalité hommes-femmes. En 2017, 68 % des congés parentaux étaient pris par des femmes…
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_22_travailler _moins_MP

Le crime de la solidarité – analyse de Maïder Dechamps

Publié le 24 octobre 2018 dans Analyses

Du 7 au 9 novembre 2018, s’ouvrira ce qui est déjà connu comme le  » procès de la solidarité « . Des migrants et des hébergeurs sont accusés de trafic d’êtres humains et de participation à une organisation criminelle. Un amalgame inacceptable qui criminalise les tentatives de venir en aide à des personnes migrantes et dénonce les associations de soutien aux réfugiés. Or, selon elles, c’est bien l’absence de voies de passage sûres et légales et de structures d’hébergement pérennes qui sont un crime et poussent chaque jour ces personnes dans une extrême précarité. Un amalgame qui annonce la tenue d’un procès avant tout politique ?
Cinq à dix ans de prison et 38.000 € d’amende. C’est ce que risque Myriam Berghe, journaliste littéraire pour Femmes d’Aujourd’hui, dans le procès qui se tiendra du 7 au 9 novembre au Palais de Justice de Bruxelles. Ce qui lui est reproché :  » Trafic d’êtres humains et participation à une organisation criminelle « .  » J’ai simplement hébergé des gamins à peine majeurs, chassés de partout, broyés par une politique migratoire ignoble, qui se débrouillent pour gagner de quoi survivre et financer leur propre passage en Angleterre « , se défend l’accusée. iiDepuis le démantèlement de la Jungle de Calais, pas moins de 55 migrant·e·s sont passé·e·s dans son appartement bruxellois. Dans la nuit du 19 au 20 octobre 2017, sur une aire d’autoroute flamande, la police arrête des passeurs faisant monter des gens à l’arrière de camions à destination de l’Angleterre, cet eldorado (ce mirage ?) pour tant de migrant·e·s  » de transit  » qui ne font que passer en Belgique. L’un d’eux avait dormi chez la journaliste où il avait atterri  » après avoir été agressé dans son sommeil à coups de barre de fer à la Gare du Nord de Bruxelles, ce qui lui avait valu 27 points de suture sur le crâne « , explique-t-elle.
En 2015, Myriam Berghe s’est rendue dans la Jungle de Calais pour un reportage et une distribution de vêtements. Un choc terrible. Elle y est  retournée pour rencontrer des gens sur place, qui sont devenus des amis, dont Hassan (co-inculpé au procès). Parfois, elle apprenait la mort de l’un d’eux pendant la traversée, certains étaient blessés ou gravement malades. À la fin, elle était hébergée chez eux, elle avait sa cabane dans la Jungle. Les réfugiés ses amis lui chauffaient de l’eau pour sa douche alors qu’eux la prenaient froide. Quand la Jungle a été démantelée et qu’ils sont arrivés à Bruxelles, elle aurait dû leur dire :  » Non, on était amis dans la Jungle, mais là, vous êtes chez moi, je reste dans mon petit confort…  » Non ! C’était normal de les accueillir. La question ne s’est même pas posée. C’était des gens connus, des amis…
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_21_crime_solidarité_MD