Analyses

Bien vieillir : chez soi ou ailleurs ? Analyse de N. Dumez et C. Berhin

Publié le 5 avril 2019 dans Analyses

À l’heure où l’assurance autonomie vient d’être emportée par les remous que subit le Parlement de Wallonie, les questions autour du  » bien vieillir  » reviennent à nouveau à l’avant plan. Mais que veut dire  » vieillir  » ? À partir de quand sommes-nous  » vieux  » ? Cette vieillesse transforme-t-elle à ce point nos besoins ? Et comment y faire face ? Et finalement, où vieillirons-nous demain ?
Avant tout, selon l’économiste Philippe Defeyt, contrairement à ce que l’on croit, les besoins des personnes âgées ne sont pas significativement différents de ceux de l’ensemble de la population.  » Tous, jeunes et vieux, nous avons les mêmes besoins : subsistance, protection, affection, compréhension, participation, loisir et repos, création, identité, autonomie, justice sociale. La différence réside dans les moyens à mettre en œuvre pour satisfaire ces besoins, selon la situation des personnes.  » Ainsi, ce n’est pas tant l’âge qui détermine l’allocation de ces moyens que l’état de santé de chacun, ses comportements et ses attentes.

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur  acrfana_2019_11_bien_vieillir_ND_CB

Traitement des faits racistes et racisme institutionnel – analyse de JF Pontégnie

Publié le 4 avril 2019 dans Analyses

L’année 2018 aurait marqué une inquiétante progression de l’antisémitisme.  Le 10 décembre 2018, un article d’Unia – l’ex-Centre pour l’Égalité des Chances devenu sous sa nouvelle appellation une structure interfédérale – s’inquiétait  » de l’antisémitisme en Belgique « .
M. Christophe Castaner, Ministre français de l’Intérieur, avançait le 11 févier 2019 un chiffre apparemment effarant :  » Le recensement d’actes antisémites a bondi de 74 % en France en 2018 par rapport à 2017 « . Etc.
Interpellés par ces chiffres, nous avons voulu savoir quels étaient les divers organismes et institutions chargés de la lutte contre les faits racistes et de quelle façon étaient constituées les bases de données. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la situation est complexe… Nous commencerons par brièvement évoquer la question légale pour ensuite nous pencher sur les problèmes de la recension des faits racistes.
LES LOIS
L’énumération des textes de lois réglant la question des  » faits racistes  » est une tâche fastidieuse, leur lecture, leur analyse et celle de l’ensemble de la jurisprudence qu’ils ont généré est quant à elle hors de portée du travail que nous menons ici.
La situation juridique est en effet complexe en raison de l’ensemble des situations couvertes par les lois en ce qu’elles traitent des pratiques discriminatoires en général et que, par ailleurs, la perception et la conception d’une discrimination varient en fonction des évolutions des rapports sociétaux. Ce dont la très lente prise en compte du genre est un bon exemple.
Notons donc, pour faire simple, que les actes auxquels nous nous attacherons (conformément aux pratiques de recension et aux textes de loi) sont : les propos injurieux, les comportements discriminatoires et les violences physiques de caractère raciste, c’est-à-dire  » liés à « l’appartenance réelle ou supposée à une ethnie, une race ou une religion « .
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2019_10_racisme_institutionnel_JFP

Pour une Union européenne solidaire – Analyse de Lydie Flament

Publié le 27 mars 2019 dans Analyses

70 ans après la création de l’Union européenne, le temps de l’allégresse et de la création autour d’idéaux d’espérance et de paix d’après-guerre semblent révolus. Un Brexit qui n’en finit pas, des dissensions lors de la signature d’accords, la montée des populismes, les replis nationalistes, l’euroscepticisme… Aujourd’hui le projet européen paraît décliner et sa fragilité est dorénavant indéniable. Alors, comment en sommes-nous arrivés là, que va-t-il advenir de cette organisation et, surtout, qu’elle est notre vision idéale de l’Union européenne du futur ?
Des penseurs ont depuis toujours eu l’espoir d’une union pour la paix (Érasme, Kant, Hugo…), mais c’est à la suite de la Seconde Guerre mondiale que ce projet devint réalité. Imaginez 28 pays de langues et de cultures différentes, dont le passé est parsemé de guerres, qui décident de se rassembler pour créer une nouvelle histoire commune. C’est un travail de longue haleine et complexe qui mérite d’être rappelé.  L’enjeu d’après-guerre est d’empêcher le retour des conflits, de reconstruire les économies dévastées, de parer à la pauvreté ou encore à la pénurie, bref d’atteindre une certaine paix et stabilité. La Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA) nait en 1952 et s’inspire du célèbre discours de Robert Schuman du 8 mai 1950, considéré comme les prémices de l’U.E. Elle unit six pays : la République Fédérale d’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Ces états institueront, entre-autre, la Communauté Économique Européenne (CEE ou marché commun).

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2019_09_union_européenne_solidaire_LF

Épargner autrement ? Analyse de J. Liesenborghs et M. Dechamps

Publié le 25 mars 2019 dans Analyses

L’épargne des Belges dépasse les 400 milliards d’euros Du jamais vu ! Elle est confiée pour l’essentiel aux banques traditionnelles. Est-ce la seule solution ? La plus porteuse d’intérêts sociétaux ? Il existe des outils pour aider les épargnants souci.eux de paix, de solidarité et de justice à choisir où placer leur tirelire.
Récemment, lors d’un atelier  » éducation permanente  » consacré à notre marge de manœuvre face à la mondialisation, un participant suggère que chacun·e pourrait s’interroger sur  » comment épargner autrement pour éviter que notre argent soit investi dans des entreprises qui ont des activités que nous désapprouvons « . Réaction rapide et spontanée dans la salle :  » C’est un problème pour les 10 % de riches. Pas pour moi ! « . Terrain délicat, voire tabou. On passe à autre chose.
En réalité, près de 70 % des ménages belges épargne plus ou moins régulièrement. Il y a celles et ceux qui parviennent à  » mettre un peu de côté « , chaque mois ou presque, en misant sur  » une sécurité  » pour leurs vieux jours. Il y a aussi environ 25 % des Belges qui ont des salaires de 4.000 € et plus, voire beaucoup plus. Ceux-là épargnent davantage et/ou investissent dans des fonds de placement à risques.
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2019_08_épargner_autrement_ JL et MD

 » Ultra gauche  » et  » terrorisme  » : faire peur pour faire taire! Analyse de JF Pontégnie

Publié le 25 mars 2019 dans Analyses

Dans la lutte contre la contestation, quelle que soit sa forme, le pouvoir dispose de nombreux  » outils « . Outre  » le monopole de l’usage de la violence légitime  » et un arsenal juridique de plus en plus répressif, il recourt à un vocabulaire stigmatisant. Sans aucune prétention à l’exhaustivité, la présente analyse se penche sur 2 de ces mots :  » ultra  » et
 » terrorisme  » et sur les dérives auxquelles leur usage a mené dans deux  » affaires  » précises.
C’est qu’il s’agit de se défier des mots de peu sens finalement mais qui, non contents de ruiner les vies des humain-es pris-es dans leurs filets, entendent bâillonner la société tout entière
1.  » Ultra-gauche  » : l’affaire de Tarnac
Déclenchée  » en 2008, par la guerre des polices ou par les emballements fantasmatiques de responsables politiques  » – et plus probablement par leur combinaison, l’affaire dite de Tarnac s’est étalée sur plus de 10 ans. La communauté de Tarnac a été mise sous surveillance en 2008 pour des  » faits pouvant s’analyser en association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme « . En 2008 toujours, certains de ses membres (dont Julien Coupat et sa compagne Yldune Lévy) ont été arrêtés et jugés pour un sabotage de lignes TGV, dans lequel Mme Alliot-Marie voyait des  » risques de résurgence violente de l’extrême gauche radicale « . Toute cette affaire s’est conclue 10 ans plus tard par une relaxe généralisée (ou presque) : une seule personne, sur les 8 jugées, a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende :  » Voilà tout ce qui reste, dix ans après son déclenchement, de l' »affaire de Tarnac » : une peine insignifiante infligée à un personnage secondaire pour des délits mineurs « , conclut Le Monde
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2019_07_ultra gauche_terrorisme_JFP

L’argent ne fait pas le bonheur. Et ce n’est pas ce qu’on lui demande ! Analyse de C. de Favereau

Publié le 25 mars 2019 dans Analyses

L’argent ne fait pas le bonheur. Il en faut peu pour être heureux. Il ne dépend pas de toi d’être riche, mais il dépend de toi d’être heureux (Épictète). De tout temps, l’être humain a tenté de démêler la relation complexe qui lie les moyens matériels au bonheur existentiel. Aujourd’hui, c’est au tour des statisticiens d’apporter leur pierre à l’édifice en redéfinissant le concept de bonheur sous l’œil économique pour guider les politiques publiques. Mais est-ce vraiment ce qu’on leur demande ?
Ne dites plus PIB mais BNB
Comme les philosophes, les auteurs et les idéologues avant eux, les économistes se saisissent désormais de la question et osent remettre en question le sacro-saint indicateur de richesse nationale, le PIB. Trop uniforme, niant toutes disparités sociales, intégrant des données aussi peu éthiques que la contrebande et la prostitution, le Produit Intérieur Brut est de plus en plus contesté dans son rôle de guide des investissements publics.
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2019_06_argent_bonheur_CDF