Analyses

Écoféminisme. Est-ce aux femmes que revient la tâche de nettoyer la planète ? Analyse de C.de Favereau

Publié le 23 février 2021 dans Analyses

Dans une analyse récente, nous montrions combien les femmes et les hommes étaient inégaux face à la question du logement. Dans notre pays, 13% des familles monoparentales, dont l’essentiel sont gérées par des femmes seules (83%), éprouvent des difficultés à se chauffer. Tandis que cette proportion tombe entre 8% et 2% dans les autres catégories de ménage.

Comment résoudre cette injustice ? Le premier réflexe serait de vouloir fournir plus d’énergie bon marché aux ménages les moins favorisés. Certes, cette mesure les aiderait à se chauffer, mais la précarité de logement est telle, que cette mesure aggraverait le réchauffement climatique.

Ce cas, vécu par bien trop de mères célibataires et de ménages en grande précarité, nous montre concrètement comment s’entremêlent les différentes crises actuelles. Aujourd’hui, les tensions qui traversent notre humanité sont étroitement liées et plus particulièrement lorsque l’on parle de dérèglement climatique et d’inégalités de genre.

Il y a un parallèle évident entre la situation des pays les plus pauvres face au réchauffement climatique et celle des femmes par rapport aux normes patriarcales de notre système productiviste économique.

En effet, grâce à leur opulence, le Danemark et les Pays-Bas pourront se prémunir contre la montée du niveau des océans. Or, démunis de ressources suffisantes, il n’en sera pas de même pour de nombreux pays du Sud comme le Bangladesh.

Parallèlement, dans les pays riches, les hommes ont une empreinte écologique plus grande que les femmes. Ils consomment un quart d’électricité en plus, se déplacent davantage en voiture et mangent plus de viande…

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur  acrfana_2021_03_ écoféminisme_CDF

Des inégalités jusque dans la façon d’occuper sa maison – Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 4 février 2021 dans Analyses

Dans une précédente analyse, nous soulignions combien le droit à une habitation décente ne va pas de soi chez nous. Combat féministe s’il en est, l’aspiration légitime à une égalité d’accès à un logement est malheureusement limitée par la plus grande précarité des femmes et la structuration de la société en terme de temps de travail et de gestion des tâches familiales.

Cependant, l’angle du genre dans le logement dépasse de loin la seule question de l’accès. En effet, il convient se demander si les injustices que doivent subir les femmes ne se perpétuent pas à l’intérieur des habitations elles-mêmes.

Car la façon dont s’organise un bâtiment et la manière dont ses habitants l’occupent est de nature à perpétuer, ou, au contraire, atténuer la distribution genrée des rôles dans la société.

Se faisant, l’analyse fonctionnelle et occupationnelle de nos intérieurs relève aujourd’hui d’un féminisme des plus en pointe et ayant abouti à un nouveau concept global : « l’architecture féministe ».

Pour télécharger cette analyse, cliquez sur acrfana_2021_02_inégalité_occupation_maison_CDF

Pourquoi wallonnes et wallons ne sont-ils pas logés à la même enseigne ? Analyse de C. de Favereau

Publié le 22 janvier 2021 dans Analyses

Il y a un an, à l’entame d’une crise sanitaire dont personne n’aurait pu anticiper l’ampleur, nous nous demandions lors une analyse si la Covid-19 n’allait pas  » remettre les maisons quatre façades à la mode « .

Pour les experts d’alors, cela ne faisait aucun doute. Les appartements avec terrasse, les rez-de-chaussée avec jardin ou encore les maisons unifamiliales à la campagne allaient se tailler la part du lion. Ainsi, la Covid-19 allait inaugurer un revirement à 180 degrés des tendances au rétrécissement des volumes d’habitation observées depuis quelques années.

 » Le premier médicament contre la Covid-19, c’est l’immobilier puisqu’il faut rester chez soi. Dès que l’on va sortir du confinement, je pense que les gens vont s’acheter, s’ils le peuvent, bien sûr, un bien plus confortable.  »  » Il y a fort à parier que les recherches incluront aussi un jardin, parce qu’en période de confinement, quand on est dans un appartement, le jardin, ça fait rêver.  »

Près d’une année plus tard et un second confinement dans les pieds, les premiers chiffres concernant l’immobilier pour l’année 2020 viennent de confirmer les prédictions des experts.

Les Belges, désormais beaucoup plus présents chez eux, ont souhaité gagner en confort de vie et se mettent à rêver d’espace, et pourquoi pas, de verdure. Car le jardin est désormais un must dans les locations comme dans les achats immobiliers.

Mais alors que l’analyse se concentrait sur l’impact négatif de ces  » 4 façades  » sur notre paysage et nos terres agricoles en termes de pollution et d’artificialisation de la nature, elle ignorait complètement un élément central de cette quête immobilière typiquement belge.

Revenir à ces matières avec une année de recul permet d’observer ces données avec un œil nouveau. Cela a permis de se rendre compte de l’importance tout à fait déterminante d’une dimension qui a éclaboussé de manière cinglante la crise sanitaire que nous traversons : ce qui détermine le  » choix  » des candidat·e·s acheteu·r·se·s ou locataires est bien moins écologique qu’économique.

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2021_01_logement_genre_CDF

LE DÉFI DE L’EAU – analyse de JF Pontégnie

Publié le 29 décembre 2020 dans Analyses

Nul n’ignore plus, quoique certains le nient (mais c’est une autre histoire de… fous), que la Terre connaît un réchauffement global lié aux activités humaines, dites anthropiques. Ce réchauffement global a des effets différenciés selon les zones du globe, il entraîne donc un dérèglement climatique, dont les effets sont innombrables. Et fort peu positifs, pour dire le moins.
Le cycle de l’eau n’est évidemment pas épargné. La présente analyse de l’ACRF – Femmes en milieu rural se penche dans un premier temps sur les données dont nous disposons à l’heure actuelle et sur les scénarios – et leurs conséquences plus ou moins désastreuses – qui se présenteront à moyen terme en termes de sécheresses et de pénurie d’eau. Nous consacrons ensuite un chapitre à la capture de l’agriculture dans ce cycle de dégradation de la situation hydrique, ce qui nous ramène immanquablement à la PAC – la Politique Agricole Commune…
La PAC n’est pas seule à s’occuper d’environnement – si tant est du reste qu’elle s’en préoccupe vraiment – l’Union européenne n’est en effet pas avare de textes législatifs et d’instruments de contrôle relatifs à l’environnement, dont elle déplore au passage qu’ils ne soient guère appliqués correctement – mais comment pourrait-il en être autrement ?
Dans cet invraisemblable fatras (dont on peut prendre conscience en visitant le site législatif de l’UE : EUR-Lex), nous avons déniché deux textes concomitants qui abordent le tout début de la prise en main du problème hydrique par la Commission européenne. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ça ne rend pas optimiste.
Cette analyse clôture un cycle de 3 analyses de l’ACRF respectivement consacrées à la néolibéralisation de l’agriculture, au productivisme et à la rareté de l’eau.
Dans l’esprit de notre campagne à venir, consacrée au  » Courage Social « , nous entendons bien montrer qu’après la critique, il est possible de relever la tête et de dessiner des modèles nouveaux à même de motiver tous les courages sociaux…

 

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_21_défi_eau_JFP

Réflexions sur le productivisme agricole – Analyse de JF Pontégnie

Publié le 29 décembre 2020 dans Analyses

 » L’agriculture est la mère de tous les arts : lorsqu’elle est bien conduite, tous les autres arts prospèrent ; mais lorsqu’elle est négligée, tous les autres arts déclinent                                                                               « Xénophon, L’Économique, V
 » Il n’y a pas de conspiration mais tout conspire au sens que tout respire dans la même direction : la corruption qui est devenue systématique, l’autonomisation de l’évolution de la technoscience que personne ne contrôle, le marché, la tendance de l’économie, le fait qu’on ne se soucie plus de savoir si ce qu’on produit sert à quoi que ce soit mais uniquement de savoir si c’est vendable. […] Une espèce de puissance inhumaine, sans visage…  »
Cornelius Castoriadis
Des analyses de l’ACRF – Femmes en milieu rural sur la sphère agricole, il ressort un fait tout à la fois économique, politique, culturel et anthropologique, que nous avons souvent rencontré et qui vaut la peine d’être un peu mieux exploré pour ce qu’il est en soi. C’est aussi que le  » productivisme « , puisque c’est de cela qu’il s’agit, nous semble parfaitement applicable à bien d’autres domaines économiques et, en ce sens, fort utile à la compréhension de notre monde.
Maxime Prével s’est livré à un passionnant travail  » ethnographique  » qu’il a publié en 2007 sous le titre  » L’usine à la campagne « . Il s’est ensuite livré, selon ses propres mots, à une  » recomposition synthétique [de ce] travail de terrain « , recomposition  » seule capable de fournir une vue d’ensemble « . C’est à partir de cette synthèse, établie dans une  » perspective socio-anthropologique « , que nous aborderons ici la question productiviste dans ce qu’elle peut apporter d’éclaircissements sur la situation contemporaine et dans ce qu’elle ouvre comme perspectives sur les changements des politiques agricoles pour lesquels nous plaidons par ailleurs.

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur Ana 20

La grand-parentalité, la Covid-19 et le numérique. Analyse de Corentin de Favereau

Publié le 14 décembre 2020 dans Analyses

Témoignages sereins en période de haute turbulence.

Après avoir empêché nos familles de dire correctement au revoir à leur défunt·e, après avoir limité le partage de la joie de nos jeunes marié·e·s, après avoir rendu impossible de montrer suffisamment notre affection à nos aîné·e·s cloîtré·e·s dans des maisons de repos devenues malheureusement  » mouroirs « , voilà que cette satanée Covid-19 nous ôte nos dernières célébrations familiales de l’année.

Quand pourra-t-on à nouveau goûter à de réels plaisirs familiaux ? Car, si aujourd’hui, nombre d’entre nous ressentent un véritable désarroi face aux conséquences sociales de la pandémie, cela s’explique en partie au moins par ce vide abyssal laissé par l’absence de nos familles dans nos vies. En effet, les familles ne se suffisent aucunement de ce noyau filial traditionnel (papa, maman et leurs enfants), promu comme seul lieu de contacts familiaux possible par nos autorités…

Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2020_19_grand parentalité _covid_numérique_cdf