Analyses

Ce n’est pas parce que les compteurs électriques deviennent intelligents qu’il faut nous prendre des demeurés

Publié le 27 mai 2018 dans Analyses

Le 11 janvier 2018, un communiqué de presse, émanant des services du Ministre wallon du Budget, des Finances, de l’Énergie, du Climat et des Aéroports (sic) annonçait que l’installation des  » compteurs intelligents  » aurait atteint au moins 80 % du territoire wallon le 31 décembre 2034.
Le déploiement des compteurs informatisés ne va pourtant pas poser sans poser de nombreux problèmes et au moins autant de questions.
Sur le plan démocratique, tout d’abord.
Il est très difficile pour un citoyen normalement informé de comprendre les tenants et aboutissants techniques de ce dossier et, en dehors de la propagande commerciale et politique, très peu d’efforts sont faits en ce sens par les pouvoirs publics ou les instances officielles.
Pour décider de l’opportunité d’une installation massive des compteurs, nos  » responsables  » se basent en outre sur des  » analyses coûts – bénéfices  » dont les spécialistes disent qu’elles ne sont compréhensibles  » que par des techniciens et peu par les élus et encore moins par les différentes parties prenantes telles que les associations d’usagers […] ou de riverains concernés « .
Ce  » rouleau compresseur  » ne tient pas compte non plus des résolutions – appelant entre autres à l’indépendance des évaluations et à la prise en compte des utilisateurs – votées par les parlementaires wallons, pourtant censés représenter la volonté populaire.
Enfin, les associations actives dans tous les domaines concernés – environnemental, social, légal, sanitaire – n’ont été consultées qu’à la marge, tant il était entendu, comme l’a écrit le régulateur wallon (la CWaPE), que  » leur rôle doit rester secondaire « .
Si on s’interroge quelque peu sur les raisons de cette marche forcée, on se rend compte qu’un très puissant lobby s’est constitué au niveau européen pour littéralement créer ce marché de 40 milliards d’euros et que la démarche est en sus activement soutenue par les fournisseurs d’électricité et par les gestionnaires de réseau qui y trouveront, eux aussi, largement leur compte.
Il ne nous reste donc que des questions.
Est-on sûr que les  » compteurs intelligents  » seront d’une aide véritable dans la transition énergétique – qui sert d’argument à leur installation ? Eh bien, non : aucune étude sérieuse et globale n’est en mesure de le démontrer, pire même, les expériences en cours démontrent que les (éventuelles) économies d’énergie sont ridicules.
Est-on sûr que notre vie privée sera protégée ? Eh bien, non. Bien que l’on sache que les données collectées par les compteurs informatisés valent (ou vaudront) une fortune (comme le démontre Facebook, par exemple), aucune garantie réelle n’est encore en place. De même, rien ne protège les consommateurs contre les fournisseurs d’électricité qui leur proposeraient des contrats (soi-disant) avantageux en échange de leurs données.
Est-on sûr que les nouveaux compteurs soient sans danger pour la santé ? Eh bien, non. Pour communiquer les données qu’ils récolteront chez tout un chacun, les compteurs utiliseront un premier type d’ondes : les micro-ondes pulsées qui sont nocives selon beaucoup de spécialistes. L’on ne sait rien des effets du deuxième système (le  » courant porteur en ligne  » ou CPL) qui sera utilisé sur des installations électriques qui ne sont pas prévues pour cela (puisqu’elles ne sont pas blindées).
Ah ! Il y a une chose qu’on sait avec certitude : ce sont les  » utilisateurs du réseau de distribution  » – les URD – qui paieront la facture (dont le montant reste particulièrement flou).
Et les URD, c’est nous. Nous toutes et tous.
Ne serait-il donc pas temps que nous, les payeurs, les cobayes, les ignorés, nous réagissions et mettions au point, avec toutes les organisations militantes ou citoyennes concernées, une stratégie de résistance ? Au moins, puisqu’il ne s’agit pas de condamner a priori, jusqu’à ce que l’on nous ait démontré de façon indiscutable les avantages sociaux et environnementaux d’une telle opération et son absence totale de dangerosité, tant pour nos vies privées que pour notre santé et la protection des plus pauvres.
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_09_compteurs_intelligents_ JFP

« Quels temps pour elles ? » – Analyse de Maïder Dechamps

Publié le 15 mai 2018 dans Analyses

La Journée de femmes à Assesse a été l’occasion de s’interroger sur les inégalités entre hommes et femmes dans l’usage de notre temps. Malgré les apparences, elles subsistent ! Comment changer la donne ?

 

Lire l’analyse : acrfana_2018_08_quels_temps_pour_elles_MD

Sugar Baby: étudiante fauchée (et sexy) cherche généreux Pygmalion… analyse de Maïder Dechamps

Publié le 25 avril 2018 dans Analyses

Des étudiantes, appelées  » sugar babies  » qui financent leurs études en offrant leurs charmes à des hommes riches et âgés, c’est une réalité en pleine expansion dans un contexte de crise. Un business qui interroge la notion de prostitution : elles se voient comme des filles libres et désirées ; ils se voient comme des mécènes. Troublant.
Souvenez-vous, c’était à la rentrée scolaire : une affiche géante, aux abords de l’Université libre de Bruxelles (ULB), créait l’émoi. À côté d’une jeune femme en lingerie, on pouvait y lire :  » Hey, les étudiantes ! Améliorez votre style de vie, sortez avec un sugar daddy « , suivi de l’adresse de RichMeetBeautiful (un riche rencontre une belle) un site de rencontres spécialisé….
Pour lire l’analyse, cliquez  sur acrfana_2018_07_sugar_baby_pygmalion_MD

Les sans-abri, étendards humains d’une société inhumaine – analyse de Jean-François Pontégnie

Publié le 28 mars 2018 dans Analyses

La situation des – abris en Belgique est, comme partout, un sujet médiatique saisonnier, un  » marronnier « . Il y a là une forme d’indécence qui s’ajoute à celle de l’absence d’une politique forte et cohérente. On est toujours au point où, plus de 20 ans après le Rapport Général sur la Pauvreté, qui affirmait fort justement que la pauvreté est une violation des droits de l’homme, il n’existe aucun appareil statistique  » robuste  » qui permette de prendre la mesure du sans-abrisme et qui constituerait le point de départ d’une politique cohérente et efficace. Les acteurs de terrain sont contraints au bricolage, à la gestion de court terme et aux plus ou moins vaines tentatives de coordination… Les sans-abri sont comme cantonnés dans un angle mort des politiques sociales. Il convient de les remettre dans la lumière et d’écouter ce qui disent ces personnes de notre société…
Les sans-abri en hiver, un marronnier
La semaine du 25 février au 3 mars 2018 a été froide, très froide, en raison, nous dit-on, du Moscou – Paris,  » un courant atmosphérique d’Est et de Nord-Est qui vient de Russie […], avec un flux d’air froid sec, très continental, qui descend sur une large partie de l’Europe « …
Pour téléchargez l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_06_sans_abri_JFP

Entre #balancetonporc et liberté d’importuner – analyse de Brigitte Laurent avec Corentin de Favereau

Publié le 28 février 2018 dans Analyses

Depuis le retentissement du scandale Weinstein à Hollywood et ses prolongements avec l’apparition des hashtags #metoo et #balancetonporc, les langues se délient, enfin. On assiste désormais à l’apparition d’un mouvement de prise de parole comme jamais auparavant. À l’instar de ce qui s’est déroulé en 2010 au moment de la révélation de cas de pédophilie au sein de l’Église catholique, la prise de conscience de l’ampleur du phénomène semble donner aux victimes la sensation de ne plus être seules, de faire partie d’un groupe et leur prodigue la force de témoigner.
Depuis, ce sont des années d’abus, d’intimidations et de chantages qui jaillissent quotidiennement dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les commissariats. Selon les chiffres français, depuis fin 2017, le nombre de plaintes pour agression sexuelle a augmenté de 30% par rapport à la même période en 2016 !1 Face à l’ampleur du mouvement, un premier constat s’impose : ces questions d’abus ne touchent pas qu’Hollywood.
Au vu du nombre de témoignages de femmes choquées, révoltées ou traumatisées dans leur chair, on ne peut plus nier qu’il s’agit, là, d’une tendance globale dont la société toute entière doit se charger. Autrement dit, quoi qu’en disent certains commentateurs et polémistes, nous ne sommes pas en face d’une élucubration de féministes hystériques et frustrées. Mais alors de quoi s’agit-il vraiment ? Quel sens donner à ce qui se joue aujourd’hui ?
Pour télécharger l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_05_balance_ton_porc_BL

Coopérer au développement, oui, mais comment ? Analyse de Jacques Liesenborghs

Publié le 21 février 2018 dans Analyses

Cela fait des années – au siècle dernier ! – que les pays riches ont fixé l’objectif : consacrer 0,7 % de leur richesse à la coopération au développement. À une ou deux exceptions près, ils en sont très loin. Au moment où la Belgique recentre sa politique d’aide au développement, voyons quelles sont les coupes sombres qui s’opèrent et la stratégie développée par notre gouvernement.

Allons à la découverte d’une réalité multiforme et peu connue. Première distinction à opérer : l’aide humanitaire d’urgence et la coopération, ce n’est pas la même chose. Les appels à intervenir d’urgence pour venir en aide aux victimes des grandes catastrophes (ouragans, inondations, incendies, exodes massifs…), tout le monde connaît. Les grandes organisations savent comment s’y prendre pour émouvoir à partir de mailings envoyés en quantité et qui touchent une grande partie de notre population. Un large public est sensible à ces tragédies et répond généreusement à ces appels ponctuels et, vu l’état de la planète, de plus en plus fréquents. Aujourd’hui, les réseaux sociaux s’en mêlent et certains surfent sur les malheurs des gens.
Le développement des pays pauvres (on disait le Tiers-Monde), c’est autre chose. Ce sont des actions de longue durée pour soutenir l’émergence, la mise en place et le développement de projets qui doivent assurer aux populations pauvres des conditions de vie décentes et des perspectives d’avenir. Alors se pose concrètement une question délicate : quel modèle de développement ? Développement d’un secteur privé et de grosses entreprises sur le modèle occidental dominant ? Appui à des projets plus modestes privilégiant les populations les plus pauvres ? Ou encore un mélange des deux pour satisfaire toutes les sensibilités ?
Pour lire l’analyse, cliquez sur acrfana_2018_04_coopération_développement_JL