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En route vers la transition – analyse de D. Herman avec G. Ugeux et N. Dumez

Publié le 4 novembre 2018 dans Analyses

Depuis quelques années, nous nous interrogeons sur notre consommation, le surplus d’emballage, l’origine de nos produits, la soi-disant  » gratuité  » de certains de ceux-ci. Mais pourquoi se passer des supermarchés alors qu’on y trouve tout ce dont on a besoin ? Mieux, tout ce dont on pourrait avoir envie ! Les grandes enseignes ont siphonné les petits commerces et imposé leur loi aux producteurs, tout en se faisant la guerre des prix. Mais surtout, sans se soucier de la planète qui souffre…
Plus personne n’ignore que la surexploitation des terres et l’industrialisation de toutes les ressources détruisent les humains et la planète. Chacun de nous produit quotidiennement environ 1 kg de déchets ménagers. Mais ce n’est pas tout. Chaque année, s’ajoutent à cela 3 500 kg de déchets industriels par personne qui proviennent de la fabrication de nos biens de consommation. Ces « déchets cachés » alourdissent fortement notre consommation quotidienne. On estime qu’un Européen consommerait ainsi environ 50 tonnes de ressources, dont une petite fraction seulement termine entre les mains du consommateur sous forme de produit. Sans compter que certaines grandes surfaces sont également devenues un lieu d’incitation au surendettement, problème dans lequel de nombreuses personnes (et notamment parmi les plus démunis) sombrent et sortent très difficilement…
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Plein Soleil Novembre 2018

Publié le 31 octobre 2018 dans Plein-Soleil

PS novembre Cover

Travailler moins… pour bosser plus ? analyse de Mélissa Pizzolon

Publié le 28 octobre 2018 dans Analyses

La réduction du temps de travail est inscrite dans notre Histoire moderne. Comme l’explique Blanche Garcia, permanente Femmes CSC Brabant Wallon, cette tendance est présente depuis longtemps :  » La diminution du temps de travail a été amorcée dès la fin du 19ème siècle avec une réduction du nombre d’heures prestées, d’abord, puis avec l’octroi de jours de repos. Le nombre de congés payés a également augmenté au fil du temps.  » Une tendance qui stagne cependant, selon elle :  » Depuis le début des années 2000, il n’y a plus eu d’évolution en terme de réduction du temps de travail. La CSC estime donc qu’il est légitime de revendiquer une nouvelle diminution.  »
Pour autant, cette diminution peut être déclinée de multiples façons, comme dans le cas de cette entreprise de pièces automobiles où le nombre d’heures prestées sur la semaine varie selon la charge de travail des différentes périodes de l’année. Ainsi, les employés peuvent travailler 40 heures par semaine lors des périodes de rush et 28 heures à d’autres moments.
Annie Cornet, sociologue spécialisée en  » genre et diversité au travail « , souligne qu’une réduction collective du temps de travail a le mérite de gommer l’orientation  » genre  » d’une réduction individuelle volontaire, celle-ci étant encore majoritairement demandée par des femmes. Selon la dernière étude de l’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes (IEFH) sur la répartition genrée du congé parental, du crédit-temps et de l’interruption de carrière, le nombre de travailleurs qui choisissent de profiter du congé parental a triplé en moins de quinze ans, soit entre 2004 et 2017. La part d’hommes prenant un congé parental ou un crédit-temps ne cesse d’augmenter, certes, mais on est très loin d’une égalité hommes-femmes. En 2017, 68 % des congés parentaux étaient pris par des femmes…
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Le crime de la solidarité – analyse de Maïder Dechamps

Publié le 24 octobre 2018 dans Analyses

Du 7 au 9 novembre 2018, s’ouvrira ce qui est déjà connu comme le  » procès de la solidarité « . Des migrants et des hébergeurs sont accusés de trafic d’êtres humains et de participation à une organisation criminelle. Un amalgame inacceptable qui criminalise les tentatives de venir en aide à des personnes migrantes et dénonce les associations de soutien aux réfugiés. Or, selon elles, c’est bien l’absence de voies de passage sûres et légales et de structures d’hébergement pérennes qui sont un crime et poussent chaque jour ces personnes dans une extrême précarité. Un amalgame qui annonce la tenue d’un procès avant tout politique ?
Cinq à dix ans de prison et 38.000 € d’amende. C’est ce que risque Myriam Berghe, journaliste littéraire pour Femmes d’Aujourd’hui, dans le procès qui se tiendra du 7 au 9 novembre au Palais de Justice de Bruxelles. Ce qui lui est reproché :  » Trafic d’êtres humains et participation à une organisation criminelle « .  » J’ai simplement hébergé des gamins à peine majeurs, chassés de partout, broyés par une politique migratoire ignoble, qui se débrouillent pour gagner de quoi survivre et financer leur propre passage en Angleterre « , se défend l’accusée. iiDepuis le démantèlement de la Jungle de Calais, pas moins de 55 migrant·e·s sont passé·e·s dans son appartement bruxellois. Dans la nuit du 19 au 20 octobre 2017, sur une aire d’autoroute flamande, la police arrête des passeurs faisant monter des gens à l’arrière de camions à destination de l’Angleterre, cet eldorado (ce mirage ?) pour tant de migrant·e·s  » de transit  » qui ne font que passer en Belgique. L’un d’eux avait dormi chez la journaliste où il avait atterri  » après avoir été agressé dans son sommeil à coups de barre de fer à la Gare du Nord de Bruxelles, ce qui lui avait valu 27 points de suture sur le crâne « , explique-t-elle.
En 2015, Myriam Berghe s’est rendue dans la Jungle de Calais pour un reportage et une distribution de vêtements. Un choc terrible. Elle y est  retournée pour rencontrer des gens sur place, qui sont devenus des amis, dont Hassan (co-inculpé au procès). Parfois, elle apprenait la mort de l’un d’eux pendant la traversée, certains étaient blessés ou gravement malades. À la fin, elle était hébergée chez eux, elle avait sa cabane dans la Jungle. Les réfugiés ses amis lui chauffaient de l’eau pour sa douche alors qu’eux la prenaient froide. Quand la Jungle a été démantelée et qu’ils sont arrivés à Bruxelles, elle aurait dû leur dire :  » Non, on était amis dans la Jungle, mais là, vous êtes chez moi, je reste dans mon petit confort…  » Non ! C’était normal de les accueillir. La question ne s’est même pas posée. C’était des gens connus, des amis…
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Panique dans nos forêts. Le dernier thriller forestier – analyse de Corentin de Favereau

Publié le 22 octobre 2018 dans Analyses

Plus personne ne peut l’ignorer à moins d’avoir vécu dans une grotte et éteint son smartphone ces deux derniers mois, depuis le 13 septembre un communiqué de l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire) confirme officiellement que la Belgique est touchée par la peste porcine africaine. Enfin, pas toute la Belgique, mais une zone précise de Lorraine gaumaise. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire a priori à la lecture du nom du virus, ce ne sont pas nos cochons mais nos sangliers qui sont actuellement touchés. Qui plus est, il ne s’agit pas d’une zoonose. La peste porcine ne se transmet en effet pas à l’homme.
Mais alors pourquoi en parle-t-on autant ? Avant tout, c’est la virulence de cette maladie qui retient l’attention. Le virus est, en effet, létal à 100%. En outre, si à l’heure actuelle, seuls les sangliers sont touchés, l’épidémie peut très facilement atteindre les porcs en se collant sous les bottes d’un forestier, sous les pneus du 4X4 d’un chasseur ou dans la semelle des bottines d’un simple marcheur. Mais, par-dessus tout, le virus reste actif plusieurs années, ce qui le rend plus effrayant encore. Dès lors, que faire ? Comment venir à bout de cette menace ? Mais surtout, comment composer avec la peur qu’elle génère …
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La mobilité valeur refuge du capitalisme? Etude de Jean-François Pontégnie

Publié le 18 octobre 2018 dans Etudes

La présente étude – LA  » MOBILITÉ  » : valeur refuge du capitalisme ? – n’entend pas se montrer exhaustive, il est en effet tout aussi impossible d’établir une recension complète de la littérature consacrée à la mobilité que de réconcilier les points de vue sur la question.
On se bornera donc à établir le constat que la mobilité est un paradigme, c’est-à-dire une construction sociale qui a fait accéder  » la mobilité au premier rang des valeurs désirables « , notamment au sens où elle  » ne met en avant, et au-dessus de tout, que des vertus « . En ce sens, la mobilité est donc  » envisagée comme une « valeur sociale » consensuelle et sans équivoque quant aux « bénéfices » que l’on peut en tirer « .
Mais, sous le paradigme, se cachent des réalités bien différentes, desquelles la présente étude tâche de donner un aperçu, sous deux angles.
Dans un premier temps, en traçant un tableau des  » migrants internationaux  » selon la terminologie de l’ONU, nous nous concentrons en particulier sur l’OCDE, puisque leur situation économique privilégiée permet aux 38 pays qui composent l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques de produire chiffres et analyses en suffisance. Lesquels démontrent des disparités flagrantes que l’on relève tout autant entre les  » personnes mobiles  » elles-mêmes qu’avec les populations  » natives « . Où l’on voit aussi que plutôt que de discriminations, il convient de parler d’exploitation.
Dans un deuxième temps, on envisage la mobilité dans la sphère productive, en nous basant sur l’exemple de la construction d’un ordinateur, dont les divers composants extraits du monde entier parcourent des distances vertigineuses avant d’être assemblés pour à nouveau être envoyés aux quatre coins de la planète. C’est là le résultat d’une course au profit qui touche tous les secteurs et qui a modifié en profondeur l’organisation des entreprises. Cette course au profit a un impact désastreux sur la Planète, tant en termes d’émissions de gaz à effets de serre ou de pollutions diverses que de pillage insensé des ressources naturelles.
La  » mobilité  » en tant qu’ensemble de faits économiques a donc été, dans la logique des mécanismes de domination, promue au rang de valeur, d’objet de désir. Pourtant si l’on examine la réalité – le renforcement éhonté des inégalités d’une part et de l’autre la destruction massive de notre biosphère – il y a tout lieu de remettre en cause, voire de rejeter le paradigme : de secouer le joug de la soumission à la mobilité. C’est pourquoi nous appelons vivement à une reterritorialisation : à, comme le demandait André Gorz,  » un mouvement des gens pour se réapproprier leur vie, leur milieu de vie pour pouvoir le soumettre à leurs propres décisions, s’en rendre maîtres de nouveau « .
Pour télécharger l’étude, cliquez sur Etude mobilité final