Presse

Cherchez la boîte aux lettres!

Publié le 10 décembre 2006 dans Presse

L’ACRF dénonce…

L’évolution de la Poste a suscité et suscite encore beaucoup de réactions. Les journaux et les médias en font écho régulièrement.
Notre souhait n’est pas d’en rajouter. Par contre, en tant que mouvement d’Education permanente en milieu rural, il nous semble opportun de se donner du temps – car le temps n’est pas toujours de l’argent, mais bien de la sagesse – le temps de prendre distance, de porter un regard critique sur l’évolution de notre société et notamment de la Poste.
Parmi toutes ses compétences, la Poste a eu des rôles merveilleux que nous avons pu observer en milieu rural : permettre de créer des liens entre des personnes par la distribution du courrier, relier, rapprocher des solitudes humaines, permettre à des personnes âgées ou handicapées de vivre chez elles grâce aux services informels de facteurs : remonter le moral, mettre du charbon dans le poêle, reprendre une ordonnance médicale ,…Nous avons besoin de relations humaines et rendre service peut susciter plus de bonheur et cela réciproquement. Faut-il rappeler que pour certaines personnes, le passage du facteur est la seule visite de la journée, voire de la semaine ?
C’est aussi un plaisir de se sentir accueilli et reconnu dans un bureau de la Poste à taille humaine.
Evolution ne veut pas dire progrès humain
Il ne s’agit pas de vouloir revenir au passé. C’est aujourd’hui que nous vivons. Raison de plus pour réagir contre tout ce qui (se) déshumanise.
Cette évolution se fait au bénéfice des plus forts et au détriment des plus faibles.
La qualité d’une famille, d’un groupe, d’un pays est toujours signifiée par le souci qu’ils ont des plus faibles, des plus fragiles.
D’êtres humains, nous devenons des clients, des consommateurs destinés à faire tourner « l’entreprise » : « Pour rester une entreprise saine et performante… », disait la lettre personnelle de Monsieur Thijs aux clients de la Poste.
Oui, Monsieur Thijs, nous comprenons très bien l’évolution de « l’entreprise saine et performante ». Pour les personnes âgées, isolées, à revenus faibles, sans auto, c’est la galère. Le facteur ne peut plus prendre le temps de donner et recevoir des bonjours : son temps est compté, rentabilité exigée. Pour lui aussi, le métier n’est plus épanouissant. L’absentéisme en témoigne.
Pour les personnes du milieu rural et surtout les personnes fragilisées qui y habitent, la mobilité est un problème pénible. Comment aller jusqu’à une boîte aux lettres, un bureau de la Poste toujours plus éloignés ? Elles pourront aller aux supermarchés qui ont détruit les petits commerces et services de proximité ! Bien sûr, il y a des services d’aide dans les villages…mais beaucoup sont inaccessibles financièrement pour ces personnes qui ne sont pas rentables pour les « entreprises ».
La vie est dans le mouvement, dans l’évolution. Il est important d’orienter cette évolution au service des femmes et des hommes, et d’abord des personnes fragilisées par la vie et la société.
Des inquiétudes pour l’avenir
La modernisation des méthodes de travail à la Poste avec principalement la mise en place du GeoRoute et la poursuite de l’implantation de PostStation, un nouveau système informatique et de procédures consacrées aux opérations effectuées aux guichets a suscité de vifs mécontentements tant du côté des usagers que du personnel. La Poste parle elle-même dans son rapport 2004 « d’un afflux de récriminations. » (1)
Il faut y ajouter la rationalisation du réseau des bureaux de poste qui condamne à terme 700 bureaux, petits et ruraux pour la plupart. Certes des Points Poste, issus d’un accord avec la SNCB, des supermarchés, des banques sont désormais accessibles et des haltes postales, c’est-à-dire une permanence de quelques heures par semaine tenue par un facteur est envisagée mais le service ne perdra-t-il pas en qualité ? (1)
Dans les villages, de nombreuses boîtes postales ont disparu obligeant les habitants à se déplacer vers un bureau de poste situé dans une autre commune de l’entité. Comment s’y rendre quand les transports en commun font défaut et qu’on ne possède pas de véhicule privé ?
Toutes ces changements ont lieu sur fond de libéralisation du marché postal européen. La Commission européenne a fait connaître en octobre dernier son projet officiel : une ouverture totale à la concurrence du marché des services postaux au sein de l’Union en 2009.
Le gouvernement allemand à la tête de l’Union européenne dès 2007 a déjà fait savoir qu’il entendait boucler le projet durant sa présidence. Mais, plusieurs pays dont la Belgique sont réticents. Le projet prévoit en effet un abandon des monopoles nationaux sur l’ensemble des petits envois. Quel sera le mode de financement du service universel? Les propositions avancées par la Commission ne convainquent pas le porte-parole de la Poste qui les considère « non faisables ou tout simplement irréalistes. » Et d’ajouter : « Si la libéralisation mène à une réduction des prix pour les grands clients, elle pourrait entraîner une augmentation tarifaire pour la grande masse des utilisateurs individuels. »
Après la Poste, la SNCB, l’école, les pensions, la santé…. Si nous ne réagissons pas, c’est l’ensemble du modèle social européen qui sera démantelé .

Anne Vanhese

(1) Françoise Warrant, Incertitude sur l’avenir des bureaux de poste ruraux, Les analyses de l’ACRF, 2005-20.

Victor est facteur dans un petit village du Luxembourg
Quand on lui demande ce qui a surtout changé dans son métier, c’est la notion de temps et de minutage qui revient sans cesse dans ses propos avec des comparaisons entre les personnes.

« Autrefois, nous vivions notre métier beaucoup plus au service de la clientèle, on pouvait alors vraiment parler d’un service public. Depuis quelques années, les façons de travailler se sont fort modifiées et, maintenant, ce qui compte c’est la rentabilité. On est minuté pour tout: x minutes pour décharger un camion , x temps pour faire telle rue… De plus, certains départs naturels ne sont pas remplacés, ce qui alourdit la charge des autres… »

Voir Plein Soleil, « Cherchez la boîte aux lettres« , décembre 2006.

 

VIENT DE PARAITRE

Les seniors, citoyens à part entière

Publié le 10 décembre 2006 dans Presse

Quelle place peuvent prendre les aînés dans une société où les normes sont d’être rentable et productif, beau, jeune et en bonne santé ?

La commission des aînées de l’ACRF, Action Chrétienne Rurale des Femmes, a proposé ce débat à plus de 70 personnes ce jeudi 8 juin, avec l’éclairage de Jean-Michel Longneaux, professeur de philosophie aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur.

Les aînées du mouvement affichent leur volonté d’être perçues comme pouvant avoir un apport positif dans la société, et pas seulement comme une charge budgétaire ou des victimes potentielles.

La commission des aînées souhaite que chacun prenne conscience des rôles économique, social et politique que les seniors jouent déjà. Les personnes âgées représentent un enjeu économique par l’épargne, la consommation et tous les services prestés bénévolement dans leur famille, dans les mouvements d’éducation permanente, dans la santé…
De plus, elles représentent un électorat important (1.700.000 plus de 65 ans en Belgique soit quasi un belge sur cinq).

La commission des aînées estime également que les seniors ont des droits et des devoirs, y compris le devoir de citoyenneté. C’est une question de solidarité entre les aînés mais aussi avec les générations futures.

Voir Plein Soleil, « « Re-naître » un plus pour la vie » par la Commission Aînées, octobre 2006.

Pour la régularisation des sans- papiers et la régulation de l’économie mondiale

Publié le 10 décembre 2006 dans Presse

L’ACRF, mouvement de femmes en milieu rural, comme nombre de ses groupes et de ses membres a été interpellée suite aux actions des sans-papiers. En cette période où nos parlementaires sont amenés à prendre position, le Bureau Exécutif de l’ACRF réagit au nom du mouvement.

Depuis longtemps, des groupes ACRF s’investissent dans des actions de soutien aux familles de sans-papiers habitant dans les villages, dans des contacts avec les réfugiés des centres en milieu rural. Dans l’urgence de l’ici et maintenant, l’ACRF soutient aussi les situations d’occupation dans des conditions respectant la dignité des personnes ainsi que la manifestation de ce 17 juin.

C’est pourquoi l ‘ACRF fait parvenir un courrier aux partis et aux parlementaires demandant :

  • l’établissement de procédures respectueuses des droits humains avec des critères clairs et objectifs. Non à l’arbitraire d’une décision du seul ministre ;
  • l’instauration d’une commission permanente de régularisation ;
  • une pression au niveau international pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde et le suivi de l’application de la taxe Spahn.

En effet, la communauté internationale se doit de tout mettre en œuvre pour réguler l’économie pour plus de justice. L’arrivée de sans-papiers est une des conséquences de la dette du Tiers-Monde et de la dérégulation financière. Depuis de nombreuses années, l’ACRF sensibilise le grand public à ces questions par le théâtre-action, notamment par la pièce « L’effet boomerang ». L’ACRF soutient les actions de la société civile et politique qui travaille à mettre en place des conditions de vie décentes pour tous.

Les pays d’origine doivent être renvoyés également à leurs propres responsabilités dans l’application des droits humains non seulement d’un point de vue économique mais aussi culturel: respect des communautés de convictions religieuses et philosophiques différentes, des minorités ethniques et des choix de vie des femmes.

Se re-traiter

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

Constatant que le vieillissement de la population est un phénomène grandissant dans notre société, la commission « aînées » de l’Action Chrétienne Rurale des Femmes (ACRF) organise depuis de nombreuses années un « Forum des aînées » à la Maison rurale (Assesse). Cette année 2005, elle a réuni 80 personnes venues des 4 coins de la Wallonie.

Lors du forums précédent, elle avait abordé les difficultés vécues par les personnes âgées et leur entourage dans le cadre du maintien à domicile. Les coûts financiers sont lourds et les dépenses en énergie également, surtout lorsqu’on habite en milieu rural !

Or si des services existent, encore faut il les connaître… C’est pour ça qu’une douzaine de stands étaient proposés (Accueil de jour, Aide à Domicile en Milieu Rural, Allo maltraitance, les Baluchonneuses (association pour la maladie d’Alzheimer, Coordination de soins et services pour le maintien à domicile, Solival : matériel d’aide et de soin, Télépronam : télévigilance 24h/24). L’atelier « les mots pour le dire » et la gymnastique pour le périnée ont elles aussi recueilli un franc succès.

Majo Evrard, porte-parole de la commission, témoigne : « Si aujourd’hui, à 65 ans, on se sent libéré d’un certain nombre d’obligations (« l’âge d’or »), il ne faut pas attendre le 4ème âge et les problèmes de santé pour préparer les étapes futures. Nous voulons vivre en prenant soin dès aujourd’hui de notre corps pour qu’il soit bien dans les vieux jours. C’est maintenant, quand nous avons encore tous nos moyens, que ça se prépare. Choisir de faire appel à un service pour être dépanné, ce n’est pas être dépendant, c’est être autonome ! Nous ne voulons plus que les personnes âgées soient dépendantes et isolées, qu’on décide pour elles de leur devenir, qu’elles soient exclues (des assurances voitures par exemple). Nous espérons que les participants à cette journée, une fois informés, pourront interpeller les conseils communaux.»

Avec les aînées du mouvement, l’ACRF revendique

  • que les personnes âgées qui le souhaitent puissent demeurer chez elles avec l’aide de services appropriées accessibles à tous ;
  • la multiplication de structure d’accueil de jour et de nuit pour permettre aux familles de souffler et aux personnes âgées de garder des contacts sociaux ;
  • que les services d’aide à domicile disposent de quotas d’heures suffisants pour répondre aux besoins réels des familles et des personnes âgées.

L’ACRF attire encore aujourd’hui l’attention sur un risque de dérive des titres-services. Vu leur coût et leur mode de diffusion, il faut être attentif à ce qu’ils ne concurrencent les services collectifs d’aide à domicile disposant de personnel formé et encadré. Les missions des uns et des autres sont donc à clarifier. A suivre donc.

« La Belgique compte actuellement 1.700.000 personnes âgées de plus de 65 ans ». Elles représentent 16% de la population. in « Les analyses de l’ACRF, 2005/6 » Forum des aînées 2005 (1), Assesse.

Il faut changer le monde agricole

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

Sensibles aux difficultés majeures rencontrées par le monde agricole, les femmes de l’ACRF Ardenne–Condroz-Famenne, mouvement féminin d’éducation permanente en milieu rural, ont organisé un colloque ce lundi 30 mai à Nadrin (Houffalize). Un public diversifié de 120 personnes a participé aux débats et au panel autour des exposés de J-P Champagne et A-M. Biatour représentant la Fédération Wallonne des Agriculteurs et l’Union Wallonne des Agricultrices, T. Laureys, auteur de « Changer le modèle agricole en Wallonie », T. Lauwers, passionnée de nutrition saine, ainsi que Monsieur Peeters, représentant du député pour l’agriculture à la Province de Luxembourg et J-C. Van Schingen, attaché à la cellule agriculture du Cabinet Lutgen pour le gouvernement wallon.
Sur les 19.000 exploitations agricoles que l’on compte aujourd’hui en Wallonie, 2000 devraient disparaître cette année, selon les estimations du syndicat agricole FWA. En tant que citoyennes soucieuses d’un développement rural durable, les femmes de l’ACRF s’interrogent. Si les agriculteurs disparaissent qui va gérer l’espace rural ? Comment pourront-nous nous nourrir de façon saine ?

Un autre modèle est encore à inventer. Cela suppose, pour les consommateurs, un effort pour manger et cuisiner des produits du terroir et de saison. Mais pour que ces produits soient accessibles, les producteurs doivent s’organiser et les décideurs wallons peuvent jouer un rôle pro-actif , par exemple comme le suggère Th. Laureys en imposant aux entreprises de grande distribution un quota obligatoire de produits respectant un cahier de charge précis.

Face à l’inquiétude des agriculteurs générées par la politique générale de marché, l’ACRF estime urgent que des régulations soient mises en place afin d’éviter le dumping et la disparition de l’agriculture familiale.

Il est indispensable que les acteurs se mettent autour de la table. C’est aussi pour cela que l’ACRF est partie prenante de la plateforme souveraineté alimentaire qui regroupe plusieurs ONG, organisations rurales et mouvements de défense de l’environnement et des consommateurs en vue défendre le droit des peuples à définir eux-mêmes ce qui leur convient en matière de politiques alimentaires et agricoles.

 

Tu mangeras quand tu seras compétitif

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

C’est par cette question que les ONG et organisations paysannes belges attirent votre attention sur la Journée Mondiale de l’Alimentation qui aura lieu le 16 octobre 2005 (www.wereldvoedseldag.be/fr). Attention, il ne s’agit pas d’une journée d’aumône destinée à nourrir les affamés, mais bien d’une journée visant à réclamer, une fois encore, le droit à l’alimentation. Le droit à un revenu digne sans devoir avoir peur d’avoir l’estomac vide le lendemain. La faim résulte d’un attentat, elle n’est pas une fatalité.

Nous insistons sur le fait que la pauvreté et la faim ne sont pas la conséquence de la paresse ou de l’incompétence. Elle découle douloureusement de l’inégalité croissante entre pauvres et riches, de politiques inadéquates et de rapports commerciaux inéquitables. Un penseur libéral comme Dirk Verhofstadt, mais également des socialistes de la troisième voie à la Tony Blair, aiment faire le lien entre la faim et la politique agricole « onéreuse et protectionniste » de l’Union Européenne. Dans la foulée, ils proposent la fin de politiques publiques de soutien: “Les subventions agricoles sont ringardes et immorales ! Laissez chaque pays produire sa spécialité et ouvrez les frontières au libre-échange agricole, cela résoudra la faim !”
Au contraire, les agriculteurs et les consommateurs ont évidemment besoin d’une politique agricole solide, mais c’est une politique agricole très différente de celle issue de la réforme mise en œuvre par la Commission européenne qui est nécessaire. Une nouvelle politique agricole devrait, d’une part, soutenir une agriculture familiale et durable et d’autre part, soutenir résolument les prix agricoles à l’intérieur de l’Union européenne et contribuer significativement à relever les prix sur les marchés internationaux. Afin d’éviter la production d’excédents structurels ou de dumping, ces politiques doivent s’accompagner de régulations du niveau de production.
Mais cela ne signifie en aucun cas qu’une libéralisation radicale apportera la solution au problème de la faim. Les pratiques actuelles de la libéralisation du commerce des produits agricoles sont d’ailleurs à l’origine d’un appauvrissement considérable de nombreux paysans et paysannes.

Des agriculteurs inutiles ?
Plus de 2 milliards de gens comptent sur l’agriculture pour assurer leur survie. Quelques 850 millions de personnes souffrent de faim. Il est révoltant de se rendre compte que soixante à septante pour cent d’entre eux sont agriculteurs. Ces derniers sont confrontés, par exemple, à des prix de vente du café, du coton, de l’arachide, de la canne à sucre, du maïs ou du riz, qui sont écrasés en raison de la faiblesse de leur position de négociation face à l’agro-industrie. Mais ils sont aussi confrontés à bien d’autres obstacles : les mauvaises politiques commerciales nationales ou internationales, les infrastructures rurales négligées, les conflits, la mauvaise gestion et l’insuffisance des budgets.
Allez donc en parler aux paysans d’Inde ou du Burkina Faso : comment peuvent-ils vendre leur lait sur leurs marchés locaux où ils doivent concurrencer à cause des importations de lait bon marché ? Ils n’ont pas l’ambition d’exporter leur lait, mais, afin de contribuer à lutter contre la pauvreté, ils demandent qu’on ne les dépossède pas de la possibilité de vivre leur travail : « Auparavant, nous pouvions écouler notre lait sur le marché local ; maintenant c’est à peine si nous y arrivons et cela ne couvre même pas nos frais. Nous ne voulons pas devenir les prochains chômeurs de nos villes » C’est le droit à un marché protégé contre les bas prix mondiaux qu’ils réclament. Les agriculteurs d’Europe s’arrachent également les cheveux. Le lait permettait jusqu’ici, pour bon nombre d’entre eux, de rentabiliser leurs exploitations. Actuellement, le prix baisse dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune. Les organisations paysannes revendiquent une diminution de la production, et demandent que l’Europe continue à leur offrir un prix rémunérateur, couvrant les coûts de production des exploitations familiales. Les règles du libre-échange font des fermiers du Burkina Faso, d’Inde et d’Europe les victimes d’une course aux prix les plus bas. Le lait est loin d’être une exception. Il en va en effet de même pour le sucre, le maïs ou le riz par exemple. Des centaines de millions d’agriculteurs sont devenus inutiles aux yeux des défenseurs du libre-échange. Les politiques défendues par l’Organisation Mondiale du Commerce, par la Banque Mondiale semblent leur dire : « tu mangeras quand tu seras compétitif ».

La solution semble pourtant devoir venir en premier lieu de l’approvisionnement alimentaire local et régional. L’agriculture paysanne familiale, pourvoyeuse d’emplois à plus d’un milliard de personnes, constitue le socle premier pour garantir au mieux la sécurité alimentaire. C’est par une rémunération digne de leur travail que ces millions d’agriculteurs ne mourront plus de faim. Une politique agricole et alimentaire réfléchie et durable n’est, pour nous, en rien synonyme de politiques orientées sur des exportations maximales.. Bien que l’endettement de nombreux pays en développement et la libéralisation des marchés les forcent à poursuivre une politique d’exportation, des exemples démontrent à suffisance qu’il s’agit justement là d’une cause majeure de l’effondrement des prix agricoles. Cela ne signifie pas pour autant que le commerce international soit inutile, mais l’accès aux marchés internationaux n’est pas un objectif en soi et ces marchés doivent être suffisamment régulés pour garantir des prix raisonnables et stables aux agriculteurs et aux consommateurs. Ces solutions sont basées sur les principes de souveraineté alimentaire.

Il est grand temps que l’on arrête d’associer de fausses promesses à la libéralisation des marchés agricoles. Ce n’est pas la solution pour atteindre l’objectif du millénaire, à savoir lutter contre la faim et la pauvreté. D’autres mesures sont nécessaires et … le temps presse.

CNCD-11.11.11.
Oxfam Solidarité
Collectif Stratégie Alimentaire
Peuples Solidaires
MAP
ACRF
FUGEA
Confédération Belge des Betteraviers
SOS Faim
AEFJN Belgique
AEFJN International
Ces organisations sont membres de la PFSA, la Plate-forme Souveraineté Alimentaire.

Personnes de Contact :
Thierry Kesteloot (Oxfam Solidarité : 02.50.67.55)
Desgain Stéphane (Coordinateur PFSA, CNCD : 02.250.12.64, 0475.76.90.61)