Presse

Pour la régularisation des sans- papiers et la régulation de l’économie mondiale

Publié le 10 décembre 2006 dans Presse

L’ACRF, mouvement de femmes en milieu rural, comme nombre de ses groupes et de ses membres a été interpellée suite aux actions des sans-papiers. En cette période où nos parlementaires sont amenés à prendre position, le Bureau Exécutif de l’ACRF réagit au nom du mouvement.

Depuis longtemps, des groupes ACRF s’investissent dans des actions de soutien aux familles de sans-papiers habitant dans les villages, dans des contacts avec les réfugiés des centres en milieu rural. Dans l’urgence de l’ici et maintenant, l’ACRF soutient aussi les situations d’occupation dans des conditions respectant la dignité des personnes ainsi que la manifestation de ce 17 juin.

C’est pourquoi l ‘ACRF fait parvenir un courrier aux partis et aux parlementaires demandant :

  • l’établissement de procédures respectueuses des droits humains avec des critères clairs et objectifs. Non à l’arbitraire d’une décision du seul ministre ;
  • l’instauration d’une commission permanente de régularisation ;
  • une pression au niveau international pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde et le suivi de l’application de la taxe Spahn.

En effet, la communauté internationale se doit de tout mettre en œuvre pour réguler l’économie pour plus de justice. L’arrivée de sans-papiers est une des conséquences de la dette du Tiers-Monde et de la dérégulation financière. Depuis de nombreuses années, l’ACRF sensibilise le grand public à ces questions par le théâtre-action, notamment par la pièce « L’effet boomerang ». L’ACRF soutient les actions de la société civile et politique qui travaille à mettre en place des conditions de vie décentes pour tous.

Les pays d’origine doivent être renvoyés également à leurs propres responsabilités dans l’application des droits humains non seulement d’un point de vue économique mais aussi culturel: respect des communautés de convictions religieuses et philosophiques différentes, des minorités ethniques et des choix de vie des femmes.

Se re-traiter

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

Constatant que le vieillissement de la population est un phénomène grandissant dans notre société, la commission « aînées » de l’Action Chrétienne Rurale des Femmes (ACRF) organise depuis de nombreuses années un « Forum des aînées » à la Maison rurale (Assesse). Cette année 2005, elle a réuni 80 personnes venues des 4 coins de la Wallonie.

Lors du forums précédent, elle avait abordé les difficultés vécues par les personnes âgées et leur entourage dans le cadre du maintien à domicile. Les coûts financiers sont lourds et les dépenses en énergie également, surtout lorsqu’on habite en milieu rural !

Or si des services existent, encore faut il les connaître… C’est pour ça qu’une douzaine de stands étaient proposés (Accueil de jour, Aide à Domicile en Milieu Rural, Allo maltraitance, les Baluchonneuses (association pour la maladie d’Alzheimer, Coordination de soins et services pour le maintien à domicile, Solival : matériel d’aide et de soin, Télépronam : télévigilance 24h/24). L’atelier « les mots pour le dire » et la gymnastique pour le périnée ont elles aussi recueilli un franc succès.

Majo Evrard, porte-parole de la commission, témoigne : « Si aujourd’hui, à 65 ans, on se sent libéré d’un certain nombre d’obligations (« l’âge d’or »), il ne faut pas attendre le 4ème âge et les problèmes de santé pour préparer les étapes futures. Nous voulons vivre en prenant soin dès aujourd’hui de notre corps pour qu’il soit bien dans les vieux jours. C’est maintenant, quand nous avons encore tous nos moyens, que ça se prépare. Choisir de faire appel à un service pour être dépanné, ce n’est pas être dépendant, c’est être autonome ! Nous ne voulons plus que les personnes âgées soient dépendantes et isolées, qu’on décide pour elles de leur devenir, qu’elles soient exclues (des assurances voitures par exemple). Nous espérons que les participants à cette journée, une fois informés, pourront interpeller les conseils communaux.»

Avec les aînées du mouvement, l’ACRF revendique

  • que les personnes âgées qui le souhaitent puissent demeurer chez elles avec l’aide de services appropriées accessibles à tous ;
  • la multiplication de structure d’accueil de jour et de nuit pour permettre aux familles de souffler et aux personnes âgées de garder des contacts sociaux ;
  • que les services d’aide à domicile disposent de quotas d’heures suffisants pour répondre aux besoins réels des familles et des personnes âgées.

L’ACRF attire encore aujourd’hui l’attention sur un risque de dérive des titres-services. Vu leur coût et leur mode de diffusion, il faut être attentif à ce qu’ils ne concurrencent les services collectifs d’aide à domicile disposant de personnel formé et encadré. Les missions des uns et des autres sont donc à clarifier. A suivre donc.

« La Belgique compte actuellement 1.700.000 personnes âgées de plus de 65 ans ». Elles représentent 16% de la population. in « Les analyses de l’ACRF, 2005/6 » Forum des aînées 2005 (1), Assesse.

Il faut changer le monde agricole

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

Sensibles aux difficultés majeures rencontrées par le monde agricole, les femmes de l’ACRF Ardenne–Condroz-Famenne, mouvement féminin d’éducation permanente en milieu rural, ont organisé un colloque ce lundi 30 mai à Nadrin (Houffalize). Un public diversifié de 120 personnes a participé aux débats et au panel autour des exposés de J-P Champagne et A-M. Biatour représentant la Fédération Wallonne des Agriculteurs et l’Union Wallonne des Agricultrices, T. Laureys, auteur de « Changer le modèle agricole en Wallonie », T. Lauwers, passionnée de nutrition saine, ainsi que Monsieur Peeters, représentant du député pour l’agriculture à la Province de Luxembourg et J-C. Van Schingen, attaché à la cellule agriculture du Cabinet Lutgen pour le gouvernement wallon.
Sur les 19.000 exploitations agricoles que l’on compte aujourd’hui en Wallonie, 2000 devraient disparaître cette année, selon les estimations du syndicat agricole FWA. En tant que citoyennes soucieuses d’un développement rural durable, les femmes de l’ACRF s’interrogent. Si les agriculteurs disparaissent qui va gérer l’espace rural ? Comment pourront-nous nous nourrir de façon saine ?

Un autre modèle est encore à inventer. Cela suppose, pour les consommateurs, un effort pour manger et cuisiner des produits du terroir et de saison. Mais pour que ces produits soient accessibles, les producteurs doivent s’organiser et les décideurs wallons peuvent jouer un rôle pro-actif , par exemple comme le suggère Th. Laureys en imposant aux entreprises de grande distribution un quota obligatoire de produits respectant un cahier de charge précis.

Face à l’inquiétude des agriculteurs générées par la politique générale de marché, l’ACRF estime urgent que des régulations soient mises en place afin d’éviter le dumping et la disparition de l’agriculture familiale.

Il est indispensable que les acteurs se mettent autour de la table. C’est aussi pour cela que l’ACRF est partie prenante de la plateforme souveraineté alimentaire qui regroupe plusieurs ONG, organisations rurales et mouvements de défense de l’environnement et des consommateurs en vue défendre le droit des peuples à définir eux-mêmes ce qui leur convient en matière de politiques alimentaires et agricoles.

 

Tu mangeras quand tu seras compétitif

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

C’est par cette question que les ONG et organisations paysannes belges attirent votre attention sur la Journée Mondiale de l’Alimentation qui aura lieu le 16 octobre 2005 (www.wereldvoedseldag.be/fr). Attention, il ne s’agit pas d’une journée d’aumône destinée à nourrir les affamés, mais bien d’une journée visant à réclamer, une fois encore, le droit à l’alimentation. Le droit à un revenu digne sans devoir avoir peur d’avoir l’estomac vide le lendemain. La faim résulte d’un attentat, elle n’est pas une fatalité.

Nous insistons sur le fait que la pauvreté et la faim ne sont pas la conséquence de la paresse ou de l’incompétence. Elle découle douloureusement de l’inégalité croissante entre pauvres et riches, de politiques inadéquates et de rapports commerciaux inéquitables. Un penseur libéral comme Dirk Verhofstadt, mais également des socialistes de la troisième voie à la Tony Blair, aiment faire le lien entre la faim et la politique agricole « onéreuse et protectionniste » de l’Union Européenne. Dans la foulée, ils proposent la fin de politiques publiques de soutien: “Les subventions agricoles sont ringardes et immorales ! Laissez chaque pays produire sa spécialité et ouvrez les frontières au libre-échange agricole, cela résoudra la faim !”
Au contraire, les agriculteurs et les consommateurs ont évidemment besoin d’une politique agricole solide, mais c’est une politique agricole très différente de celle issue de la réforme mise en œuvre par la Commission européenne qui est nécessaire. Une nouvelle politique agricole devrait, d’une part, soutenir une agriculture familiale et durable et d’autre part, soutenir résolument les prix agricoles à l’intérieur de l’Union européenne et contribuer significativement à relever les prix sur les marchés internationaux. Afin d’éviter la production d’excédents structurels ou de dumping, ces politiques doivent s’accompagner de régulations du niveau de production.
Mais cela ne signifie en aucun cas qu’une libéralisation radicale apportera la solution au problème de la faim. Les pratiques actuelles de la libéralisation du commerce des produits agricoles sont d’ailleurs à l’origine d’un appauvrissement considérable de nombreux paysans et paysannes.

Des agriculteurs inutiles ?
Plus de 2 milliards de gens comptent sur l’agriculture pour assurer leur survie. Quelques 850 millions de personnes souffrent de faim. Il est révoltant de se rendre compte que soixante à septante pour cent d’entre eux sont agriculteurs. Ces derniers sont confrontés, par exemple, à des prix de vente du café, du coton, de l’arachide, de la canne à sucre, du maïs ou du riz, qui sont écrasés en raison de la faiblesse de leur position de négociation face à l’agro-industrie. Mais ils sont aussi confrontés à bien d’autres obstacles : les mauvaises politiques commerciales nationales ou internationales, les infrastructures rurales négligées, les conflits, la mauvaise gestion et l’insuffisance des budgets.
Allez donc en parler aux paysans d’Inde ou du Burkina Faso : comment peuvent-ils vendre leur lait sur leurs marchés locaux où ils doivent concurrencer à cause des importations de lait bon marché ? Ils n’ont pas l’ambition d’exporter leur lait, mais, afin de contribuer à lutter contre la pauvreté, ils demandent qu’on ne les dépossède pas de la possibilité de vivre leur travail : « Auparavant, nous pouvions écouler notre lait sur le marché local ; maintenant c’est à peine si nous y arrivons et cela ne couvre même pas nos frais. Nous ne voulons pas devenir les prochains chômeurs de nos villes » C’est le droit à un marché protégé contre les bas prix mondiaux qu’ils réclament. Les agriculteurs d’Europe s’arrachent également les cheveux. Le lait permettait jusqu’ici, pour bon nombre d’entre eux, de rentabiliser leurs exploitations. Actuellement, le prix baisse dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune. Les organisations paysannes revendiquent une diminution de la production, et demandent que l’Europe continue à leur offrir un prix rémunérateur, couvrant les coûts de production des exploitations familiales. Les règles du libre-échange font des fermiers du Burkina Faso, d’Inde et d’Europe les victimes d’une course aux prix les plus bas. Le lait est loin d’être une exception. Il en va en effet de même pour le sucre, le maïs ou le riz par exemple. Des centaines de millions d’agriculteurs sont devenus inutiles aux yeux des défenseurs du libre-échange. Les politiques défendues par l’Organisation Mondiale du Commerce, par la Banque Mondiale semblent leur dire : « tu mangeras quand tu seras compétitif ».

La solution semble pourtant devoir venir en premier lieu de l’approvisionnement alimentaire local et régional. L’agriculture paysanne familiale, pourvoyeuse d’emplois à plus d’un milliard de personnes, constitue le socle premier pour garantir au mieux la sécurité alimentaire. C’est par une rémunération digne de leur travail que ces millions d’agriculteurs ne mourront plus de faim. Une politique agricole et alimentaire réfléchie et durable n’est, pour nous, en rien synonyme de politiques orientées sur des exportations maximales.. Bien que l’endettement de nombreux pays en développement et la libéralisation des marchés les forcent à poursuivre une politique d’exportation, des exemples démontrent à suffisance qu’il s’agit justement là d’une cause majeure de l’effondrement des prix agricoles. Cela ne signifie pas pour autant que le commerce international soit inutile, mais l’accès aux marchés internationaux n’est pas un objectif en soi et ces marchés doivent être suffisamment régulés pour garantir des prix raisonnables et stables aux agriculteurs et aux consommateurs. Ces solutions sont basées sur les principes de souveraineté alimentaire.

Il est grand temps que l’on arrête d’associer de fausses promesses à la libéralisation des marchés agricoles. Ce n’est pas la solution pour atteindre l’objectif du millénaire, à savoir lutter contre la faim et la pauvreté. D’autres mesures sont nécessaires et … le temps presse.

CNCD-11.11.11.
Oxfam Solidarité
Collectif Stratégie Alimentaire
Peuples Solidaires
MAP
ACRF
FUGEA
Confédération Belge des Betteraviers
SOS Faim
AEFJN Belgique
AEFJN International
Ces organisations sont membres de la PFSA, la Plate-forme Souveraineté Alimentaire.

Personnes de Contact :
Thierry Kesteloot (Oxfam Solidarité : 02.50.67.55)
Desgain Stéphane (Coordinateur PFSA, CNCD : 02.250.12.64, 0475.76.90.61)

Stop aux pesticides neurotoxiques

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

En Wallonie, la sensibilisation aux problèmes des abeilles a eu un écho auprès du monde politique: en effet une résolution a été au Parlement Wallon en 2004 et une proposition de décret visant l’interdiction du Fipronil a été déposée, mais non encore discutée par le Parlement.  Au niveau fédéral belge et du ministre de la santé compétent pour l’agréation des produits phytosanitaires, l’écho a été nettement moins favorable dans le sens où le ministre lui même a déclaré  » que la France avait pris une décision précipitée ».

Voir le texte complet de la conférence de presse: téléchargez conference_presse_pesticides

 

Femmes et pauvreté en milieu rural

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

En prémices aux évènements de la Marche Mondiale des Femmes, l’ACRF (Action chrétienne Rurale des Femmes) a rassemblé ce 15 février une quarantaine de femmes venant des quatre coins de la Communauté Française, dont plusieurs présidentes ou conseillères de CPAS.

La pauvreté et l’analphabétisme sont des réalités trop souvent cachées en milieu rural. Les interventions de Gisèle Allard, membre de l’ACRF et présidente d’un CPAS rural et de Jacqueline Masson , de l’ASBL « Lire et Ecrire » ont permis de mieux comprendre la souffrance des personnes qui vivent ces situations au quotidien.

Au terme de cette journée, l’ACRF souhaite faire passer deux messages essentiels :

  1. Les bénéficiaires disent combien il est difficile de faire la démarche de s’adresser au CPAS parce qu’on n’a plus de revenus suite à une séparation, par exemple, ou parce qu’on se trouve piégé par les dettes. Les femmes attendent du CPAS un regard non jugeant, un lieu d’écoute et de parole en plus de l’appui financier.
  2. Les présidentes et conseillères de CPAS appellent les personnes à faire appel au CPAS plus vite, dès qu’une difficulté surgit. Souvent les personnes y recourent quand elles n’ont plus d’autres issue. Plus on attend, plus il est difficile de résoudre les problèmes.

L’ACRF constate que la pauvreté et l’exclusion ne sont pas une fatalité mais le résultat d’un système économique et politique. Un cahier de revendications politiques sera porté par l’ACRF en lien avec d’autres associations de femmes dans le cadre de la Marche Mondiale des Femmes en mars prochain.
Epinglons entre autres l’exigence de revenir à l’esprit initial de la loi du 21 février 2003 sur le fonds de créances alimentaires (que le SECAL paye les avances), la nécessité de financer les services d’aide, de soins aux familles et aux personnes âgées, d’accueil de l’enfance.

Quelques chiffres :
10 % de la population adulte est analphabète en Belgique
8 % des belges sont confrontés de façon permanente au risque de pauvreté. Hommes et femmes ne sont pas égaux puisque l’on compte 9 % de femmes et 6 % d’hommes.(www.pauvrete.be)
65 % des personnes qui ont demandé le Revenus d’Intégration Sociale (anciennement minimex) au CPAS d’Ohey en 2004 étaient des femmes.