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Il faut changer le monde agricole

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

Sensibles aux difficultés majeures rencontrées par le monde agricole, les femmes de l’ACRF Ardenne–Condroz-Famenne, mouvement féminin d’éducation permanente en milieu rural, ont organisé un colloque ce lundi 30 mai à Nadrin (Houffalize). Un public diversifié de 120 personnes a participé aux débats et au panel autour des exposés de J-P Champagne et A-M. Biatour représentant la Fédération Wallonne des Agriculteurs et l’Union Wallonne des Agricultrices, T. Laureys, auteur de « Changer le modèle agricole en Wallonie », T. Lauwers, passionnée de nutrition saine, ainsi que Monsieur Peeters, représentant du député pour l’agriculture à la Province de Luxembourg et J-C. Van Schingen, attaché à la cellule agriculture du Cabinet Lutgen pour le gouvernement wallon.
Sur les 19.000 exploitations agricoles que l’on compte aujourd’hui en Wallonie, 2000 devraient disparaître cette année, selon les estimations du syndicat agricole FWA. En tant que citoyennes soucieuses d’un développement rural durable, les femmes de l’ACRF s’interrogent. Si les agriculteurs disparaissent qui va gérer l’espace rural ? Comment pourront-nous nous nourrir de façon saine ?

Un autre modèle est encore à inventer. Cela suppose, pour les consommateurs, un effort pour manger et cuisiner des produits du terroir et de saison. Mais pour que ces produits soient accessibles, les producteurs doivent s’organiser et les décideurs wallons peuvent jouer un rôle pro-actif , par exemple comme le suggère Th. Laureys en imposant aux entreprises de grande distribution un quota obligatoire de produits respectant un cahier de charge précis.

Face à l’inquiétude des agriculteurs générées par la politique générale de marché, l’ACRF estime urgent que des régulations soient mises en place afin d’éviter le dumping et la disparition de l’agriculture familiale.

Il est indispensable que les acteurs se mettent autour de la table. C’est aussi pour cela que l’ACRF est partie prenante de la plateforme souveraineté alimentaire qui regroupe plusieurs ONG, organisations rurales et mouvements de défense de l’environnement et des consommateurs en vue défendre le droit des peuples à définir eux-mêmes ce qui leur convient en matière de politiques alimentaires et agricoles.

 

Tu mangeras quand tu seras compétitif

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

C’est par cette question que les ONG et organisations paysannes belges attirent votre attention sur la Journée Mondiale de l’Alimentation qui aura lieu le 16 octobre 2005 (www.wereldvoedseldag.be/fr). Attention, il ne s’agit pas d’une journée d’aumône destinée à nourrir les affamés, mais bien d’une journée visant à réclamer, une fois encore, le droit à l’alimentation. Le droit à un revenu digne sans devoir avoir peur d’avoir l’estomac vide le lendemain. La faim résulte d’un attentat, elle n’est pas une fatalité.

Nous insistons sur le fait que la pauvreté et la faim ne sont pas la conséquence de la paresse ou de l’incompétence. Elle découle douloureusement de l’inégalité croissante entre pauvres et riches, de politiques inadéquates et de rapports commerciaux inéquitables. Un penseur libéral comme Dirk Verhofstadt, mais également des socialistes de la troisième voie à la Tony Blair, aiment faire le lien entre la faim et la politique agricole « onéreuse et protectionniste » de l’Union Européenne. Dans la foulée, ils proposent la fin de politiques publiques de soutien: “Les subventions agricoles sont ringardes et immorales ! Laissez chaque pays produire sa spécialité et ouvrez les frontières au libre-échange agricole, cela résoudra la faim !”
Au contraire, les agriculteurs et les consommateurs ont évidemment besoin d’une politique agricole solide, mais c’est une politique agricole très différente de celle issue de la réforme mise en œuvre par la Commission européenne qui est nécessaire. Une nouvelle politique agricole devrait, d’une part, soutenir une agriculture familiale et durable et d’autre part, soutenir résolument les prix agricoles à l’intérieur de l’Union européenne et contribuer significativement à relever les prix sur les marchés internationaux. Afin d’éviter la production d’excédents structurels ou de dumping, ces politiques doivent s’accompagner de régulations du niveau de production.
Mais cela ne signifie en aucun cas qu’une libéralisation radicale apportera la solution au problème de la faim. Les pratiques actuelles de la libéralisation du commerce des produits agricoles sont d’ailleurs à l’origine d’un appauvrissement considérable de nombreux paysans et paysannes.

Des agriculteurs inutiles ?
Plus de 2 milliards de gens comptent sur l’agriculture pour assurer leur survie. Quelques 850 millions de personnes souffrent de faim. Il est révoltant de se rendre compte que soixante à septante pour cent d’entre eux sont agriculteurs. Ces derniers sont confrontés, par exemple, à des prix de vente du café, du coton, de l’arachide, de la canne à sucre, du maïs ou du riz, qui sont écrasés en raison de la faiblesse de leur position de négociation face à l’agro-industrie. Mais ils sont aussi confrontés à bien d’autres obstacles : les mauvaises politiques commerciales nationales ou internationales, les infrastructures rurales négligées, les conflits, la mauvaise gestion et l’insuffisance des budgets.
Allez donc en parler aux paysans d’Inde ou du Burkina Faso : comment peuvent-ils vendre leur lait sur leurs marchés locaux où ils doivent concurrencer à cause des importations de lait bon marché ? Ils n’ont pas l’ambition d’exporter leur lait, mais, afin de contribuer à lutter contre la pauvreté, ils demandent qu’on ne les dépossède pas de la possibilité de vivre leur travail : « Auparavant, nous pouvions écouler notre lait sur le marché local ; maintenant c’est à peine si nous y arrivons et cela ne couvre même pas nos frais. Nous ne voulons pas devenir les prochains chômeurs de nos villes » C’est le droit à un marché protégé contre les bas prix mondiaux qu’ils réclament. Les agriculteurs d’Europe s’arrachent également les cheveux. Le lait permettait jusqu’ici, pour bon nombre d’entre eux, de rentabiliser leurs exploitations. Actuellement, le prix baisse dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune. Les organisations paysannes revendiquent une diminution de la production, et demandent que l’Europe continue à leur offrir un prix rémunérateur, couvrant les coûts de production des exploitations familiales. Les règles du libre-échange font des fermiers du Burkina Faso, d’Inde et d’Europe les victimes d’une course aux prix les plus bas. Le lait est loin d’être une exception. Il en va en effet de même pour le sucre, le maïs ou le riz par exemple. Des centaines de millions d’agriculteurs sont devenus inutiles aux yeux des défenseurs du libre-échange. Les politiques défendues par l’Organisation Mondiale du Commerce, par la Banque Mondiale semblent leur dire : « tu mangeras quand tu seras compétitif ».

La solution semble pourtant devoir venir en premier lieu de l’approvisionnement alimentaire local et régional. L’agriculture paysanne familiale, pourvoyeuse d’emplois à plus d’un milliard de personnes, constitue le socle premier pour garantir au mieux la sécurité alimentaire. C’est par une rémunération digne de leur travail que ces millions d’agriculteurs ne mourront plus de faim. Une politique agricole et alimentaire réfléchie et durable n’est, pour nous, en rien synonyme de politiques orientées sur des exportations maximales.. Bien que l’endettement de nombreux pays en développement et la libéralisation des marchés les forcent à poursuivre une politique d’exportation, des exemples démontrent à suffisance qu’il s’agit justement là d’une cause majeure de l’effondrement des prix agricoles. Cela ne signifie pas pour autant que le commerce international soit inutile, mais l’accès aux marchés internationaux n’est pas un objectif en soi et ces marchés doivent être suffisamment régulés pour garantir des prix raisonnables et stables aux agriculteurs et aux consommateurs. Ces solutions sont basées sur les principes de souveraineté alimentaire.

Il est grand temps que l’on arrête d’associer de fausses promesses à la libéralisation des marchés agricoles. Ce n’est pas la solution pour atteindre l’objectif du millénaire, à savoir lutter contre la faim et la pauvreté. D’autres mesures sont nécessaires et … le temps presse.

CNCD-11.11.11.
Oxfam Solidarité
Collectif Stratégie Alimentaire
Peuples Solidaires
MAP
ACRF
FUGEA
Confédération Belge des Betteraviers
SOS Faim
AEFJN Belgique
AEFJN International
Ces organisations sont membres de la PFSA, la Plate-forme Souveraineté Alimentaire.

Personnes de Contact :
Thierry Kesteloot (Oxfam Solidarité : 02.50.67.55)
Desgain Stéphane (Coordinateur PFSA, CNCD : 02.250.12.64, 0475.76.90.61)

La FIMARC – pour un développement durable

Publié le 10 décembre 2005 dans Prises de position

L’ACRF relaie les prises de positions de la FIMARC, Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques qui nous représente auprès de diverses instances internationales comme la conférence de Hong-Kong et la 61ème session des droits de l’homme, à Genève du 14 mars au 22 avril 2005.

Téléchargez:

omc_situation_ruraux

droit_developpement

autochtones

violation_droits_homme

Produire des T-shirts ne peut plus coûter la vie à des travailleurs

Publié le 10 décembre 2005 dans Prises de position

Dans la nuit du 11 avril 2005, l’usine Spectrum s’effondre sur les 300 travailleurs en poste de nuit. 74 travailleurs perdent la vie, plus de 100 travailleurs sont blessés, certains ne pourront plus jamais travailler. La liste des disparus n’est pas encore établie. Depuis l’accident, 5.000 travailleurs de Spectrum et de l’usine voisine appartenant au même groupe ont perdu leur emploi et se retrouvent sans ressource, certains d’entre eux sans logis.
L’édifice de 9 étages, construit en zone inondable, n’était pas conforme au permis de bâtir n’autorisant que 4 étages. Les lourdes machines de 2 à 3 tonnes installées dans les étages supérieurs faisaient trembler le bâtiment lors de leur fonctionnement. Les jours précédant l’accident, les travailleurs avaient constaté la formation de fissures dans les murs et en avaient averti leur hiérarchie qui n’a pas réagi.

D’importantes entreprises européennes de distribution, dont la société belge The Cotton Group (les tee-shirts B&C) et Carrefour Belgium sont ou étaient clients du groupe Shahriyar auquel appartient l’usine aujourd’hui effondrée.
Ces deux entreprises disposent chacune d’un code de conduite. Les critères de ces codes, qui concernent entre autres les conditions de sécurité et d’hygiène, n’ont manifestement pas été respectés ni dans l’usine Spectrum ni dans l’usine voisine.

Il ne s’agit pas d’un accident isolé. Ces dernières années des centaines de travailleurs de la confection au Bangladesh ont été victimes d’incendies ou d’effondrement d’usines.
Cela doit cesser. Exigez que les autorités publiques du Bangladesh et les distributeurs qui s’y approvisionnent s’engagent concrètement avec les employeurs de la confection du Bangladesh et les organisations représentatives des travailleurs pour assurer un avenir au premier secteur industriel du pays et à son million et demi de travailleurs, en misant sur la sécurité et sur le respect des droits des travailleurs.

Stop aux pesticides neurotoxiques

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

En Wallonie, la sensibilisation aux problèmes des abeilles a eu un écho auprès du monde politique: en effet une résolution a été au Parlement Wallon en 2004 et une proposition de décret visant l’interdiction du Fipronil a été déposée, mais non encore discutée par le Parlement.  Au niveau fédéral belge et du ministre de la santé compétent pour l’agréation des produits phytosanitaires, l’écho a été nettement moins favorable dans le sens où le ministre lui même a déclaré  » que la France avait pris une décision précipitée ».

Voir le texte complet de la conférence de presse: téléchargez conference_presse_pesticides

 

Stop aux pesticides neurotoxiques

Publié le 10 décembre 2005 dans Prises de position

affiche_pesticides

Sensible au danger de voir disparaître les abeilles et insectes sauvages indispensables à la pollinisation de nos vergers et nos potagers, l’ACRF est partenaire de la campagne « Stop aux pesticides neurotoxiques ». Des études scientifiques et des témoignages d’apiculteurs montrent que l’Imidaclopride (Gaucho) et le Fipronil (Régent) font courir un danger à la survie des abeilles et surtout, à la santé humaine !

Avec Grappe ASBL, Greenpeace, les fédérations apicoles, IEW, le Ligue des familles, Pan Belgium, Stop-Poisons-Santé, Alarme, Infor-Vie-Saine et Natagora, l’ACRF promeut une action de sensibilisation visant l’interdiction de ces pesticides neurotoxiques. Pour cela, nous vous proposons de diffuser une affiche et une pétition adressée aux ministres fédéraux de la Santé et de l’Agriculture ainsi qu’au Gouvernement wallon.

En France, après un combat de longue haleine de la part des apiculteurs et un procès retentissant, les deux produits ont été suspendus d’autorisation de commercialisation. Néanmoins, l’utilisation de ces produits durant de nombreuses années a contaminé la chaîne alimentaire : les dernières informations font état de la présence de « Fipronil dans le lait de vache ».

Il est vital de nous mobiliser en Belgique  – un site web www.menacechimique.be explique cette action, apporte une foule de documents.

téléchargez la pétition papier: petition_pesticides