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Le Covid 19, et après ? Journal d’un confiné (8 avril-8 mai)

Publié le 13 mai 2020 dans Interpellations

Le déconfinement a commencé. À quoi bon revenir sur ces vieilles histoires ? Et pourtant. Si elles nous invitaient à ne pas oublier ? À la vigilance. À ne pas tolérer certaines décisions, à soutenir de nouvelles et  » bonnes pratiques  » ?
Chère lectrice, cher lecteur, je lis tous les jours des  » cartes blanches « , des  » opinions « , des  » tribunes  » savantes et intéressantes. Je regarde aussi (presque) tous les soirs les JT de la Une et de FR2. Un rituel moins stimulant ! Je t’écris début mai depuis mon petit village, un environnement privilégié : jardin, terrasse ensoleillée. Je t’écris aussi avec un proche en soins intensifs depuis quatre semaines.  » Allez Louis, on est avec toi !  »
Quelle info ?
Je suis frappé par la répétition des éditions  » spéciales  » qui, à force d’être quotidiennes, n’ont plus rien de spécial. Le même scénario tous les jours. Les chiffres de la pandémie. Les avis des experts. Des images émouvantes, inquiétantes, rassurantes parfois quand on aperçoit une personne de 96 ans sortir de l’hôpital. Des soignantes, des deuils qu’on ne peut partager, des maisons de repos envahies par le virus. La saga des masques. Sans oublier la note finale : les concerts avec le voisinage.
J’écoute attentivement les gens autour de moi et je suis frappé par les réactions dominantes : l’impact de ce qui a été dit-vu au dernier JT (celui de RTL le plus souvent), la critique du monde politique (il y a de quoi ! mais il ne faudrait pas les mettre tous dans le même panier), la confiance accordée aux scientifiques-experts (presque tous des hommes !) largement liée à leur  » bonne bouille « . C’est une sorte de liturgie dans laquelle nous sommes enfermé·es. Dans ces moments-là, pas question de sortir du cadre. Pas le temps pour prendre du recul ? C’est un choix discutable.
Notez le poids des chiffres. Ah, les chiffres ! On leur fait dire ce qu’on veut aux chiffres. On adore les comparaisons avec la Flandre. Avec d’autres pays aussi. On voit Trump devant un tableau où la Belgique est le plus mauvais élève de la planète ! Quelques timides voix s’élèvent pour dire qu’il faut se méfier de ces chiffres. On ne calcule pas de la même façon ici et là. La carte de France nous révèle à quel point il faut pondérer ces chiffres : des zones rouges, mais aussi des zones rurales à peine touchées. Pourtant, quand les courbes quotidiennes sont en baisse en ce début mai, ça rassure. Même si on parle de plus en plus d’une seconde vague. Il faut entretenir le suspense.
Je note que tout ce  » bruit  » éclipse (presque) totalement des questions jugées, à juste titre, très graves jusque-là : le climat, les migrations, la famine, les déforestations… Tout ce bla-bla est insupportable quand on a un proche en soins intensifs.
 » La  » conférence de presse
Le sommet a été atteint le vendredi 24 avril. Vous vous souvenez ? Réuni à 14h, le Conseil National de sécurité devait annoncer l’agenda très attendu du déconfinement. Émissions  » spéciales  » dès 17h. Pronostics des journalistes et des experts. Les politiques allaient-ils suivre l’avis des scientifiques qui a fuité dans la presse ? Suspense ! Un vrai match. Qui va l’emporter ? Il faudra tenir l’antenne jusqu’à 22h. Le ton va passer du sérieux au badin (insupportable quand on a un proche qui…). Vers 20h30, les phares des voitures ministérielles s’allument. Ça c’est de l’info ! Vers 22h., les ministres-présidents s’installent autour de la Première. Mines graves. Au fil des minutes, on se demande à quoi on assiste. Un exposé  » grand public  » avec des tableaux illisibles ? Une conférence de presse ? Dès le lendemain, des ministres de premier plan contredisent la Première. La cacophonie !
Avec un peu de recul, je vois qui pèse le plus dans les décisions prises. Quels sont les lobbys qui donnent le  » la « . Pas les personnels des maisons de repos qui n’ont pas été consultés et à qui on annonce, lors de le conférence de presse précédente, de l’ouverture des portes de leurs institutions. Pas celles et ceux qui préconisaient le calendrier le plus prudent. Les premiers gagnants ? Les jardineries et les magasins de bricolage ! Tout un symbole. Un signal d’alarme.
Les solidarités
De multiples gestes de solidarité ont heureusement révélé le meilleur de notre société. Au niveau local surtout : faire les courses pour les voisin·es. Apporter des vivres aux membres du personnel soignant, dans les maisons de repos. Réaliser des masques pour la famille, l’entourage et bien au-delà. Gratuitement le plus souvent. Prendre régulièrement des nouvelles des personnes isolées.
Les fameux concerts à 20h. Chouette. Une bouffée d’oxygène ! Mais qu’en restera-t-il ? En termes de considération pour tous ces métiers  » de base « , pour tous ces  » invisibles  » sans lesquels la vie en société serait invivable ? Et en termes de rémunérations ? Vigilance.
La proximité ? Relocaliser qu’ils disent tous. Eh oui, les commerces alimentaires de proximité ont connu un certain succès. Mais cela ne peut masquer ou faire oublier que les grandes surfaces ont été dévalisées aux premiers jours du confinement. Comment maintenir et amplifier l’indispensable développement des circuits courts ? Parce qu’on ne peut oublier que, en même temps, Amazon and co ont dû engager des dizaines de milliers de personnes tant la demande en ligne explosait.
Et l’Europe ? La cacophonie et le chaos. Chacun pour soi. Oubliées des règles qui paraissaient immuables et justifiaient l’austérité. Mais les pays du Sud sont quand même renvoyés sans ménagements. Avec le risque de regonfler un Salvini et une extrême-droite italienne en perte de vitesse. Les eurocrates n’ont rien prévu, rien compris, rien appris. Qui dicte le tempo ? De mauvais augure.
Il n’est pas trop tard
Vous me lisez début juillet. Vous avez encore plus d’éléments pour percevoir si nous sommes sur la voie d’un retour à  » l’a-normal « . Certains prophètes de malheur avertissent :  » Après les crises, tout est possible, y compris le pire ! « . Vigilance, encore vigilance.
Il n’est pas trop tard pour veiller à ce que l’hommage rendu quotidiennement aux soignants soit suivi d’effets. Pour que l’investissement public dans le secteur des soins de santé soit revu à la hausse. Et pas un peu ! Vigilance et persévérance.
Il n’est pas trop tard pour accorder une plus grande considération, morale et matérielle, à tous les métiers qui ont fait que le confinement ne vire pas à l’écroulement : les aides à domicile, les éboueurs, les personnels de nettoyage, les caissières… En grande majorité des femmes. Et puis il y a toutes celles et tous ceux dont la situation s’est encore détériorée. Les pauvres. Quelles mesures prendre pour qu’ils/elles (plus nombreuses) ne paient pas la crise ? Énorme défi ! Vigilance et exigence.
Un désordre établi
Pour le meilleur ? Pour donner tort au TINA (1) de Margaret Tatcher, il faudra repartir de la base. Des principales victimes de la pandémie, après les défunts et leur entourage. C’est-à-dire les anciens et les nouveaux perdants du désordre établi. Il faudra dénoncer et refuser des investissements massifs dans des secteurs qui ont déjà profité de la crise de 2008 (multinationales, banques, compagnies aériennes, spéculateurs…). Il faudra repenser les finalités de l’école (nous y reviendrons en septembre). Il faudra évidemment revendiquer et exiger qu’un État régulateur soit renforcé et capable (mieux, décidé !) à investir dans les soins de santé, à contrôler l’industrie pharmaceutique, à instaurer une toute nouvelle fiscalité !
Nous aussi, donnons tort à Tatcher ! Il y a des alternatives. Elles se multiplient. Nous pouvons contribuer à leur succès en y investissant plutôt qu’en faisant confiance aux investissement soi-disant  » socialement responsables  » (2) des banques classiques. Les coopératives, l’économie sociale, les circuits courts, les monnaies locales… Les jeunes qui ne demandent qu’à construire un avenir plus équitable et plus respectueux de notre planète. Lueur d’espoir : Louis sort de son long coma !  » On va gagner, Louis !  »
Les conditions : vigilance, persévérance, patience (mais pas trop), exigence. Et confiance dans notre force collective.
Jacques Liesenborghs
(1) Abréviation pour  » There si no alternative « , qui signifie en anglais  » il n’y a pas d’alternative (au capitalisme) « .
(2) On parle des ISR, des investissements dit  » socialement responsables « . Démontage de cette qualification trompeuse dans le magazine  » Investigation  » de la RTBF du 29 avril.

« Le vivre ensemble aux soins intensifs » carte blanche de Claude Rolin

Publié le 13 mai 2020 dans Actualités générales

Si la pandémie que nous traversons soulève de nombreux défis, il est un qui me semble être trop souvent passé sous silence, celui de la capacité de nos sociétés démocratiques à sauvegarder et renforcer les mécanismes qui permettent le  » vivre ensemble « .
Sommes-nous en guerre ?
Les mots que nous utilisons pour nommer les choses sont lourds de sens. À la différence de notre Première ministre, le président français, Emmanuel Macron, comme d’autres, nous parle de guerre. L’usage de ce terme est problématique pour plusieurs raisons. Non parce qu’il évoque la gravité de la situation, mais parce qu’il en appelle à des mesures exceptionnelles. En temps de guerre, on désigne des alliés, mais également des traîtres qui doivent être dénoncés comme, par exemple, ces seconds résidents qui ont eu l’outrecuidance de se confiner dans leur lieu de villégiature. En temps de guerre, même les droits fondamentaux peuvent être mis en cause. En temps de guerre, c’est la suspension du politique, il n’y a plus qu’un seul objectif, la gagner. Tout le reste est remisé pour le lendemain de la victoire.
Une guerre se gagne avec des soldats, mais également avec des espions. Ceux qui surveillent le mouvement de l’ennemi, mais également qui nous surveillent tous. Chaque jour, la presse fait écho à la mise en place du  » tracing « , du traçage. Va-t-on demain nous coller un code QR pour mieux nous tracer. Une fois de plus, méfions-nous de la signification des mots. Je suis heureux de noter que nos ministres régionaux et communautaires de la Santé nous parlent de  » suivi de contact  » terme beaucoup plus approprié. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un suivi humain, d’un accompagnement, en particulier des personnes les moins favorisées, les plus en difficulté.
Ceux qui rêvent d’un formidable système, qui au travers de nos GSM ou tablettes permettrait de nous pister 24 heures sur 24, devraient porter un regard un peu plus critique sur ce qui se met en place en Chine. Cela nous renvoie à la société panoptique décrite par Michel Foucault qui dans Surveiller et punir notait que  » la peste, c’est l’épreuve au cours de laquelle on peut définir idéalement l’exercice du pouvoir disciplinaire « . Il précisait cette vision en affirmant que  » pour voir fonctionner les disciplines parfaites, les gouvernants rêvaient de l’état de peste  » Manifestement les Xi Jinping, Orban, Bolsanaro ou Erdogan pensent pouvoir réaliser leur rêve. Les technologies, dont l’intelligence dite artificielle, ne remplaceront pas le contact humain, du moins tant que nous vivons dans une société qui peut s’appeler humanité. Plus fondamentalement, la notion de guerre n’est absolument pas appropriée. S’il nous faut parler de mobilisation, c’est de mobilisation pour le  » care « , pour le soin dont il doit être question. La guerre, c’est le combat contre l’autre, le  » care « , le soin, c’est l’attention à l’autre.
Celles et ceux (majoritairement des femmes) qui sont le plus exposés, dont les tâches sont enfin reconnues comme indispensables sont celles et ceux qui exercent les métiers du  » care « , les métiers de la santé, de l’éducation, du social, du service à la personne ou aussi du commerce ou de la propreté (déchets, poubelles, etc.). Métiers qui en temps  » normal  » sont mal considérés, mal rémunérés… Et surtout, qu’on ne nous parle pas de première, de seconde ou de troisième ligne. Toutes et tous sont essentiels.
L’attention pour l’autre me paraît renvoyer directement à la pensée de philosophes comme Emmanuel Mounier, Paul Ricœur ou Axel Honneth et elle renvoie clairement à la notion de reconnaissance.
Pour une véritable politique de santé publique
La pénurie de masques, de gel, de médicaments est encore loin d’être derrière nous. Elle est révélatrice de notre manque d’anticipation, mais surtout de notre peu d’investissement dans la santé publique.
Nos gouvernements ont, comme beaucoup d’autres, multiplié les économies aux dépens des soins de santé. Il est probable que la ministre actuelle de la Santé en fasse les frais. Mais, en nous focalisant sur elle, nous risquons de passer à côté d’une véritable responsabilité collective. À force de clamer qu’il faut réduire les impôts ou lutter contre la rage taxatoire, nous nous sommes  » impuissantés « . Il est grand temps que l’impôt soit enfin regardé comme un outil indispensable au  » vivre ensemble « . C’est la grande victoire idéologique des néo-libéraux d’avoir pu faire pénétrer dans les esprits l’idée de  » charges  » fiscales ou de charges sociales en lieu et place de contributions (avec les épaules les plus larges qui contribuent le plus) et de cotisations sociales.
Quant à la politique de santé publique, nous l’avons oubliée, estimant probablement que les épidémies, c’étaient pour les autres, les Asiatiques ou les Africains. Nos civilisations ont voulu oublier, qu’elles aussi, étaient fragiles. Il nous faut absolument étudier les signaux faibles, financer la recherche publique, ne pas laisser le monopole aux firmes multinationales qui sont obnubilées par leur efficacité financière et développer un ambitieux programme de soutien aux pays les moins favorisés pour qu’ils puissent se doter de véritable politique de santé avec les moyens idoines. Ne l’oublions pas, en laissant l’Afrique, seule face à ses misères, ce sont des bombes sanitaires mondiales que nous prenons le risque de voir exploser.
Nous devrons également repenser la dépendance européenne vis-à-vis de l’extérieur en ce qui concerne les productions stratégiques tant en médicaments qu’en matériel.
La menace d’un virus encore plus dangereux
Contrairement à ce que certains pensent, j’ai la conviction que les crises ne sont pas porteuses de temps meilleurs. Au contraire, elles portent en elles d’immenses dangers. Pour reprendre la célèbre expression d’Antonio Gramsci  » La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne, on observe les phénomènes morbides les plus variés « . La crise économique et sociale qui s’annonce risque d’amplifier la défiance (déjà existante) entre les citoyens et la démocratie représentative. Les dérives nationalistes et/ou autoritaires sont à nos portes et il est impératif de travailler à la solidification démocratique de nos sociétés. Le principal défi sera de reconstruire le vivre ensemble mis en danger par cette crise et ses multiples répercussions.
Claude Rolin (ancien député européen et président des Mutualités chrétiennes de la province de Luxembourg) Le 11/05/2020

Tchat SOS Viol

Publié le 11 mai 2020 dans Actualités générales

Madame, Monsieur,

 

SOS Viol souhaite vous informer de la mise en place d’un Tchat accessible deux jours par semaine à toute personne concernée par la violence sexuelle Tchat SOS Viol

Cette offre de service complète le numéro vert violence sexuelle 0800 98 100 toujours accessible. Les consultations psychologiques, sociales et juridiques se poursuivent également via Skype ou téléphone.

Pourriez-vous communiquer cette information à toute personne susceptible d’adhérer à une demande d’aide par Tchat et diffuser l’annonce ci-jointe dans vos différents réseaux ?

Merci d’avance pour votre suivi.

Bien à vous,

L’Equipe de SOS Viol

 

 

DÉCLARATION DE LA FIMARC SUR LA PANDÉMIE DE COVID 19

Publié le 8 mai 2020 dans Interpellations

Nous, membres du Bureau de la FIMARC, exprimons notre profonde inquiétude concernant l’impact de la pandémie COVID-19 sur les agriculteurs, les pêcheurs et autres petits producteurs alimentaires, les pauvres des zones rurales et urbaines, les travailleurs journaliers et saisonniers, les migrants et les chômeurs, et exprimons notre solidarité à tous. La maladie se propage très rapidement partout et est devenue un problème mondial qui appelle des réponses autant mondiales que locales.
La pandémie COVID-19 a des effets négatifs sur la production alimentaire, l’offre et la demande de denrées alimentaires, la distribution, la commercialisation et la sécurité alimentaire à tous les niveaux. La vie et les moyens de subsistance de millions de travailleurs salariés, de pêcheurs et de familles d’agriculteurs sont gravement touchés et menacés par cette pandémie. Fermeture des frontières, confinement, quarantaine, perturbations du commerce limitent l’accès des populations à des ressources alimentaires suffisantes et diversifiées dans la plupart des pays. Le confinement lié au COVID-19 signifie que les pauvres des zones rurales et urbaines n’ont plus de nourriture ni de travail. Des millions de personnes des régions sous-développées sont confrontées à la pauvreté et au dénuement du fait de l’arrêt de l’activité économique en raison des mises en confinement.
La fermeture des marchés locaux et une moindre fréquence d’accès aux petits commerces réduisent la demande de produits frais et de produits de la pêche, affectant à la fois les producteurs et les fournisseurs qui sont également confrontés à la hausse des prix des denrées alimentaires et à la limitation de leur pouvoir d’achat. Les restrictions sur le tourisme, la fermeture des restaurants et des cafés et la suspension des repas scolaires aggravent la pauvreté. Des millions d’enfants n’ont plus accès aux repas scolaires qui sont leur principale ressource alimentaire. Beaucoup d’entre eux n’ont pas de protection sociale, ni d’assurance maladie. Les travailleurs journaliers ou saisonniers, les migrants, les personnes déplacées et celles touchées par les conflits sont confrontées à une faim extrême car elles n’ont aucun revenu, ni soutiens ou mesures de protection sociale. De nombreux pays ont annoncé des mesures soudaines de confinement sans aucune disposition de protection des travailleurs pauvres et vulnérables vivant dans des conditions économiques précaires. Les pays en développement sont particulièrement menacés, car la pandémie COVID-19 peut entraîner une importante réduction des activités de production à haute intensité de main-d’œuvre (agriculture, pêche, petites entreprises, etc.).
Nous ne condamnons pas les mesures nécessaires telles que le confinement et les autres moyens de protection des personnes. Cependant, nous demandons que les personnes pauvres et vulnérables, les travailleurs, les petits agriculteurs et les familles ne souffrent pas de façon particulièrement dure et qu’ils reçoivent toute l’aide nécessaire pour traverser cette période difficile afin d’éviter une crise alimentaire, économique et sociale.
Au fil des ans, la plupart des gouvernements ont mis en œuvre des politiques économiques néolibérales qui ont réduit de manière drastique les dépenses publiques des services de santé et permis leur privatisation. Les effets catastrophiques de ce Covid-19 sont les conséquences de ces décisions politiques. Dans de nombreux pays, les pauvres et les personnes à faibles revenus sont les victimes des systèmes de santé privatisés. De nombreuses personnes ne détectent pas leur infection car elles ne peuvent supporter le coût élevé des tests et des traitements. Cela peut être la cause d’une grave menace d’expansion du COVID 19 au sein des communautés et de la mort éventuelle de millions de personnes. L’auto-isolement ou l’enfermement social peut aussi provoquer un stress traumatique, un mélange de peur et de colère chez des individus avec une augmentation de la violence domestique et familiale. Nous appelons donc les autorités à fournir en urgence des orientations et un soutien psychologique aux individus et aux familles. La FIMARC appelle également à la gratuité des tests et des traitements pour les patients atteints de COVID, quels que soient leurs revenus, leur nationalité, leur sécurité sociale ou leur statut de réfugié.
Nous craignons que la plupart des gouvernements, dans le cadre de leurs politiques néolibérales, donnent la priorité aux dispositions économiques, aux incitations et aux programmes de sauvetage et de protection des industries à grande échelle, à l’agrobusiness et aux banques. Nous nous opposons fermement à une telle approche et appelons à ce que les groupes les plus vulnérables soient au centre des politiques visant à combattre l’impact de la pandémie COVID-19 à la fois sur la santé et l’économie.
Il est évident que la crise menace dans le monde entier l’approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits de base essentiels et que les systèmes alimentaires agro-industriels et les chaînes transnationales des super marchés sont quasi paralysés à cause des distorsions du commerce transfrontalier et des transports. Cependant les petits producteurs alimentaires représentent plus de 70 % de la nourriture nécessaire à l’échelle de la planète et environ 90 % des produits alimentaires consommés par les communautés locales et les personnes à l’intérieur des frontières nationales. Nous ne devons pas oublier que les petits agriculteurs demeurent au centre de la production, de l’approvisionnement et de la distribution alimentaires dans tous les pays, même en cette période de crise, grâce à la vente directe, aux chaînes de circuits courts, aux systèmes de distribution publique et aux possibilités offertes par les marchés locaux. Les petits producteurs alimentaires continueront à jouer leur rôle important en promouvant un système alimentaire écologiquement rationnel et socialement juste. Ils sont et resteront les champions et les gardiens de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, même en pleine épidémie de COVID 19. Ils constituent les solutions et les réponses positives pour assurer une alimentation saine pour tous et ne devraient pas être seulement considérés comme de simples victimes ou un groupe vulnérable de cette crise.
Nous saisissons cette occasion pour féliciter et soutenir les équipes de soins de santé du monde entier, les agents sanitaires, les agents de nettoyage et les autres personnes qui risquent leur vie pour combattre cette pandémie en première ligne. Nous appelons donc les gouvernements à fournir des assurances spéciales de santé et de vie pour ces combattants de première ligne.
Nous tenons aussi à souligner que la pandémie COVID 19 a eu des effets positifs importants pour le genre humain et la nature. Notre ciel et nos rivières sont plus clairs qu’auparavant, la biodiversité et l’environnement s’améliorent, les émissions de carbone et le réchauffement climatique diminuent, de meilleures habitudes de santé et d’hygiène deviennent les slogans du jour, la nature renaît, l’exploitation excessive des ressources naturelles diminue, ce qui nous donne plus de temps pour améliorer nos relations, même en famille, et pour écouter l’appel de la nature. C’est le moment de réfléchir à notre mode de vie, au mode de développement que nous avons promu et d’approfondir nos relations avec la nature et les autres êtres humains. Il est temps de prendre une nouvelle route. Nous devons vraiment construire une nouvelle histoire à partir des leçons que nous avons apprises. Allons de l’avant ensemble.
Dans ce contexte, la FIMARC formule les demandes suivantes:
Des mesures et services urgents en matière de soins de santé
  • La disponibilité et la gratuité du test COVID pour tous, quelle que soit la nationalité, y compris pour les immigrés clandestins. L’idéal est d’organiser le test COVID sur la population la plus large possible, sinon, un test rapide aléatoire, même pour ceux qui ne présentent aucun symptôme d’infection.
  • La mise en place de mesures et d’installations de quarantaine appropriées, sûres et adéquates à domicile ou dans les hôpitaux, dans les zones urbaines et rurales
  • La fourniture d’équipements médicaux adéquats, du matériel de sécurité et d’hygiène, y compris des masques, des désinfectants et des kits d’équipement de protection individuelle (EPI) pour tous les médecins en exercice et tous les autres professionnels de la santé
  •  Les gouvernements devraient prendre des mesures urgentes pour construire des infrastructures temporaires ou permanentes, notamment des hôpitaux, des ventilateurs, des unités de soins intensifs et assurer la fourniture de médicaments pour traiter gratuitement tous les patients atteints de COVID, avec un budget spécial pour les soins de santé publique. Personne ne devrait se voir refuser les tests et les traitements en raison de son statut de protection sociale

Une sensibilisation massive du public

  • Des campagnes massives de sensibilisation du public doivent être organisées dans les zones rurales et urbaines sur la pandémie de COVID 19 et les mesures de protection (y compris le port de masques, le lavage des mains, le respect de l’hygiène personnelle et environnementale et plus encore la distanciation sociale) à prendre pour prévenir la maladie
  • Les mouvements sociaux de base, incluant les membres de la FIMARC, devraient soutenir les programmes de sensibilisation et les initiatives des gouvernements pour aider les populations à sortir de cette crise.
  • Les médias et groupes sociaux ne doivent pas diffuser de fausses informations sur le COVID 19
  • Les médias devraient assumer le rôle moral et social de fournir à tous des informations vraies et opportunes plutôt que de susciter la peur et l’anxiété du public
  • Tous les membres de la FIMARC devraient suivre les mesures de confinement et soutenir la politique d’endiguement des gouvernements.
  • Les membres de la FIMARC peuvent également organiser des campagnes de sensibilisation (en fournissant du matériel d’hygiène, en préparant des brochures dans les langues locales sur les habitudes saines pour prévenir les maladies, des programmes de soutien communautaire) à la base pour prévenir l’expansion sociale de la maladie.

Un soutien économique viable aux plus vulnérables

  • Les gouvernements doivent fournir des financements en espèces pour soutenir les petits producteurs de denrées alimentaires, les petites entreprises, les travailleurs formels ou informels et les populations sans emploi pendant les périodes de fermeture et de quarantaine.
  • Les gouvernements doivent augmenter les dépenses publiques pour la relance et le redémarrage des activités économiques, en accordant la priorité aux groupes les plus vulnérables.
  • Prévoir des pensions anticipées pour les catégories les plus faibles de la société telles que les personnes âgées, les personnes handicapées, les veuves et autres groupes vulnérables.
  • Les gouvernements devraient mettre un moratoire sur tous les prêts et recouvrements de crédits des agriculteurs, des travailleurs, des petites entreprises et de tous les autres auprès des banques privées et publiques et autres organismes financiers.
  • Fournir des aides d’urgence aux petits producteurs, aux jeunes entreprises et aux petites entreprises
  • Le gouvernement devrait fournir gratuitement les services de base tels que l’eau et l’électricité à tous les groupes à faibles revenus pendant les périodes de blocage.
  • De meilleures installations de soins de santé doivent être mises en place dans toutes les prisons pour éviter la propagation du COVID 19.
  • Les membres de la FIMARC sont appelés à organiser des activités de secours telles que l’organisation de kits alimentaires, d’articles essentiels ou de matériel sanitaire.

Un renforcement des programmes de protection sociale

  • En augmentant les montants des transferts pour aider les familles à satisfaire leurs besoins fondamentaux ; en fournissant des paiements complémentaires pour compenser la perte de revenus des petits producteurs
  • Par la fourniture directe de nourriture par les gouvernements ainsi que par des dons de particuliers, de réseaux de solidarité et d’organisations non gouvernementales
  • En injectant des fonds dans l’agriculture, la pêche et les petites industries par le biais de subventions, pour aider la production alimentaire, les micro, petites et moyennes entreprises, les travailleurs occasionnels et le personnel salarié qui ne peut pas travailler lorsque toutes les activités s’arrêtent
  • Promouvoir un système économique qui réponde aux besoins des populations les plus vulnérables grâce à des filets de sécurité sociale, notamment un revenu de base universel, des soins de santé gratuits et d’autres mesures de sécurité sociale
Production et approvisionnement alimentaire
  • Les pays doivent répondre aux besoins alimentaires immédiats de leurs populations vulnérables.
  • Les pays devraient veiller à ce que les besoins alimentaires d’urgence soient satisfaits ; en ajustant et en élargissant les programmes de protection sociale ; en ajustant les programmes de repas scolaires de façon à maintenir la fourniture de repas aux enfants lorsque les écoles sont fermées.
  • La production alimentaire et le transport des denrées alimentaires, des médicaments et autres articles essentiels doivent être déclarés comme services essentiels et les mouvements de ces articles à l’intérieur du pays ou au-delà des frontières ne doivent pas être limités.
  • Les gouvernements doivent mettre en place des programmes spécifiques pour collecter directement les produits à un prix équitable auprès des petits producteurs alimentaires et organiser des canaux et des points de vente spécifiques pour la commercialisation, l’approvisionnement et la distribution.
  • Les gouvernements devraient prendre des mesures fermes contre la thésaurisation, le marché noir et la hausse des prix par les négociants et les intermédiaires
  • Les gouvernements devraient distribuer des céréales alimentaires essentielles et d’autres matériaux nécessaires pendant au moins trois mois par le biais de programmes de distribution publique à tous les pauvres des zones rurales et urbaines.
  • Les gouvernements, avec l’aide des détaillants, devraient prendre des initiatives pour promouvoir la livraison à domicile des denrées alimentaires et autres produits essentiels aux consommateurs
  • Les gouvernements devraient promouvoir des systèmes alimentaires localisés et diversifiés basés sur l’agroécologie et la souveraineté alimentaire
La solidarité est la clé de la lutte contre la pandémie
  • La solidarité et les coopérations nationales, régionales et mondiales sont essentielles pour lutter contre la crise actuelle. Les systèmes de soins de santé nationaux et mondiaux doivent être réorganisés pour le bien de l’humanité.
  • Les pays devraient partager les résultats de la recherche de médicaments et de vaccins en temps réel et ne pas viser le profit et le brevetage
  • Les pays devraient s’échanger les médicaments, masques, kits de test et autres informations pertinentes sur les traitements disponibles et en excédent
  • Les institutions financières internationales et régionales devraient accorder un allègement de la dette ainsi que des prêts inconditionnels à très faible taux d’intérêt, voire sans taux d’intérêt, aux pays en développement et aux pays sous-développés afin de lutter contre la pandémie et de stimuler leurs activités économiques post-pandémie
  •  Les institutions des Nations Unies devraient adopter une approche mieux coordonnée et plus cohérente dans la conception et la mise en œuvre de politiques, programmes et projets urgents à court et à long terme afin d’aider les gouvernements nationaux à faire face à la crise actuelle et à l’éventuel processus de construction de la nation.
Les agriculteurs, les travailleurs et les citoyens ordinaires devront relever d’énormes défis pour reconstruire leur vie et leurs moyens de subsistance. Il est nécessaire de mettre en place des mesures d’aide et de réhabilitation, pour aider les personnes touchées. Ne pas agir maintenant aura des conséquences catastrophiques et la FIMARC appelle donc tous les gouvernements, nos mouvements membres et les autres parties prenantes à agir en conscience pour faire le meilleur de l’histoire de l’humanité.

Premiers constats 15 jours après la réouverture des pépinières et jardineries

Publié le 3 mai 2020 dans Presse

Communiqué de presse – 30 avril 2020
Premiers constats 15 jours après
la réouverture des pépinières et jardineries
Autorisés à rouvrir leurs portes depuis le 18 avril, les pépiniéristes et horticulteurs wallons dressent un premier bilan de ces 15 jours de reprise. Ils ont été très prudents et ont pris des mesures strictes de protection pour leurs clients et leur personnel. Les réouvertures se sont faites progressivement et certains acteurs continuent à effectuer des livraisons ou de l’enlèvement sans contact.
Pour rappel, la filière s’était organisée aux premiers jours de confinement pour assurer des systèmes de livraisons. 10% du secteur continuent d’ailleurs sur ce mode de fonctionnement ou par enlèvement sans contact, qui nécessite temps et organisation, mais qui a connu un certain succès (plus de 320 000 vues en 1 mois sur la carte reprenant toutes les pépinières et jardineries wallonnes).

60 % de réouvertures dès le 18 avril

Au niveau logistique, plus de 150 acteurs de la filière horticole ornementale ont respecté les recommandations et ont pris des mesures strictes pour protéger leurs clients et leur personnel. Les espaces de vente ont été adaptés avec circuits, masques, gel, plexiglas,… Les ouvertures se sont étalées sur 3 jours en fonction de la préparation et de la capacité de chacun à accueillir dans les meilleures conditions : 60% ont ouvert le samedi 18 avril, 15% le lundi 20 et 15% le mardi 21.

Un trafic soutenu et constant
Au niveau logistique, plus de 150 acteurs de la filière horticole ornementale ont respecté les recommandations et ont pris des mesures strictes pour protéger leurs clients et leur personnel. Les espaces de vente ont été adaptés avec circuits, masques, gel, plexiglas,… Les ouvertures se sont étalées sur 3 jours en fonction de la préparation et de la capacité de chacun à accueillir dans les meilleures conditions : 60% ont ouvert le samedi 18 avril, 15% le lundi 20 et 15% le mardi 21.
Un panier plus élevé et des plants de légumes
Du côté des chiffres, il semblerait que le panier d’achat soit plus élevé que la moyenne habituelle et que les ventes se fassent surtout en plantes, terreaux, écorces et semis. On constate par ailleurs une demande très importante de plants de légumes – multipliée par 3 chez certaines pépinières -, risquant d’entrainer un retard d’approvisionnement pour certains revendeurs.
Une vente précoce d’annuelles

La vente des plantes annuelles garnissant les jardinières a aussi démarré plus tôt.Il semble que la volonté des Wallons pour embellir leur environnement soit bien présente.

Enfin, s’il est encore trop tôt pour conclure que le succès de la reprise compensera les pertes depuis la fermeture mi-mars, les opérateurs sont, semble-t-il, satisfaits à ce stade mais se demandent si cette tendance positive va perdurer dans les prochaines semaines. L’Apaq-W, le Collège des Producteurs et la Fédération wallonne horticole encouragent évidemment cette tendance afin de soutenir le secteur !

Contact presse
* Collège des Producteurs : Chargé de mission, Horticulture ornementale, Alain Grifnée – 0497/59 27 19 – alain.grifnee@collegedesproducteurs.be
* Apaq-W : Service presse, Vanessa Poncelet – 0472/84 56 82 – v.poncelet@apaqw.be
* Fédération Wallonne Horticole : Claude Vanhemelen- 0497/88 28 07- fwh@fwhnet.be

Numéro d’appel gratuit 1718 – Covid 19, Wallonie Urgence sociale

Publié le 30 avril 2020 dans Actualités générales

Dans ce contexte de crise sanitaire et de pandémie, la Région wallonne a mis en place un numéro d’appel gratuit le 1718 pour toutes les questions liées à une urgence sociale.
Ces demandes peuvent concerner : les aides sociales ou alimentaires, les inquiétudes, les questions sur une situation personnelle, sur les services d’écoute, mais aussi les situations professionnelles, les problèmes de logement, les crédits,…  Ce numéro est accessible du lundi au vendredi (pas les jours fériés) de 8h30 à 17h.
Afin de diffuser un maximum cette information, nous vous invitons à partager le tract que vous trouverez en pièce jointe que vous pouvez photocopier et répercuter autour de vous. Si vous êtes dans l’impossibilité de les imprimer et que vous souhaitez en recevoir, vous pouvez prendre contact avec Semia Bahloul à l’adresse mail s.bahloul@rwlp.be afin de recevoir des exemplaires papiers. Merci de préciser le nombre de tracts nécessaires (maximum 50 par envoi) ainsi que l’adresse où il faut les envoyer.
Nous restons à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et vous envoyons toute notre solidarité pour cette période.