Archives annuelles: 2005

Se re-traiter

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

Constatant que le vieillissement de la population est un phénomène grandissant dans notre société, la commission « aînées » de l’Action Chrétienne Rurale des Femmes (ACRF) organise depuis de nombreuses années un « Forum des aînées » à la Maison rurale (Assesse). Cette année 2005, elle a réuni 80 personnes venues des 4 coins de la Wallonie.

Lors du forums précédent, elle avait abordé les difficultés vécues par les personnes âgées et leur entourage dans le cadre du maintien à domicile. Les coûts financiers sont lourds et les dépenses en énergie également, surtout lorsqu’on habite en milieu rural !

Or si des services existent, encore faut il les connaître… C’est pour ça qu’une douzaine de stands étaient proposés (Accueil de jour, Aide à Domicile en Milieu Rural, Allo maltraitance, les Baluchonneuses (association pour la maladie d’Alzheimer, Coordination de soins et services pour le maintien à domicile, Solival : matériel d’aide et de soin, Télépronam : télévigilance 24h/24). L’atelier « les mots pour le dire » et la gymnastique pour le périnée ont elles aussi recueilli un franc succès.

Majo Evrard, porte-parole de la commission, témoigne : « Si aujourd’hui, à 65 ans, on se sent libéré d’un certain nombre d’obligations (« l’âge d’or »), il ne faut pas attendre le 4ème âge et les problèmes de santé pour préparer les étapes futures. Nous voulons vivre en prenant soin dès aujourd’hui de notre corps pour qu’il soit bien dans les vieux jours. C’est maintenant, quand nous avons encore tous nos moyens, que ça se prépare. Choisir de faire appel à un service pour être dépanné, ce n’est pas être dépendant, c’est être autonome ! Nous ne voulons plus que les personnes âgées soient dépendantes et isolées, qu’on décide pour elles de leur devenir, qu’elles soient exclues (des assurances voitures par exemple). Nous espérons que les participants à cette journée, une fois informés, pourront interpeller les conseils communaux.»

Avec les aînées du mouvement, l’ACRF revendique

  • que les personnes âgées qui le souhaitent puissent demeurer chez elles avec l’aide de services appropriées accessibles à tous ;
  • la multiplication de structure d’accueil de jour et de nuit pour permettre aux familles de souffler et aux personnes âgées de garder des contacts sociaux ;
  • que les services d’aide à domicile disposent de quotas d’heures suffisants pour répondre aux besoins réels des familles et des personnes âgées.

L’ACRF attire encore aujourd’hui l’attention sur un risque de dérive des titres-services. Vu leur coût et leur mode de diffusion, il faut être attentif à ce qu’ils ne concurrencent les services collectifs d’aide à domicile disposant de personnel formé et encadré. Les missions des uns et des autres sont donc à clarifier. A suivre donc.

« La Belgique compte actuellement 1.700.000 personnes âgées de plus de 65 ans ». Elles représentent 16% de la population. in « Les analyses de l’ACRF, 2005/6 » Forum des aînées 2005 (1), Assesse.

FIMARC – Notre assiette

Publié le 10 décembre 2005 dans Prises de position

L’ACRF relaie les prises de positions de la FIMARC, Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques qui nous représente auprès de diverses instances internationales comme la conférence de Hong-Kong et la 61ème session des droits de l’homme, à Genève du 14 mars au 22 avril 2005, la FAO, l’UNESCO.

téléchargez: proposition  journee_mondiale_alimentation    biodiversite

Il faut changer le monde agricole

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

Sensibles aux difficultés majeures rencontrées par le monde agricole, les femmes de l’ACRF Ardenne–Condroz-Famenne, mouvement féminin d’éducation permanente en milieu rural, ont organisé un colloque ce lundi 30 mai à Nadrin (Houffalize). Un public diversifié de 120 personnes a participé aux débats et au panel autour des exposés de J-P Champagne et A-M. Biatour représentant la Fédération Wallonne des Agriculteurs et l’Union Wallonne des Agricultrices, T. Laureys, auteur de « Changer le modèle agricole en Wallonie », T. Lauwers, passionnée de nutrition saine, ainsi que Monsieur Peeters, représentant du député pour l’agriculture à la Province de Luxembourg et J-C. Van Schingen, attaché à la cellule agriculture du Cabinet Lutgen pour le gouvernement wallon.
Sur les 19.000 exploitations agricoles que l’on compte aujourd’hui en Wallonie, 2000 devraient disparaître cette année, selon les estimations du syndicat agricole FWA. En tant que citoyennes soucieuses d’un développement rural durable, les femmes de l’ACRF s’interrogent. Si les agriculteurs disparaissent qui va gérer l’espace rural ? Comment pourront-nous nous nourrir de façon saine ?

Un autre modèle est encore à inventer. Cela suppose, pour les consommateurs, un effort pour manger et cuisiner des produits du terroir et de saison. Mais pour que ces produits soient accessibles, les producteurs doivent s’organiser et les décideurs wallons peuvent jouer un rôle pro-actif , par exemple comme le suggère Th. Laureys en imposant aux entreprises de grande distribution un quota obligatoire de produits respectant un cahier de charge précis.

Face à l’inquiétude des agriculteurs générées par la politique générale de marché, l’ACRF estime urgent que des régulations soient mises en place afin d’éviter le dumping et la disparition de l’agriculture familiale.

Il est indispensable que les acteurs se mettent autour de la table. C’est aussi pour cela que l’ACRF est partie prenante de la plateforme souveraineté alimentaire qui regroupe plusieurs ONG, organisations rurales et mouvements de défense de l’environnement et des consommateurs en vue défendre le droit des peuples à définir eux-mêmes ce qui leur convient en matière de politiques alimentaires et agricoles.

 

Tu mangeras quand tu seras compétitif

Publié le 10 décembre 2005 dans Presse

C’est par cette question que les ONG et organisations paysannes belges attirent votre attention sur la Journée Mondiale de l’Alimentation qui aura lieu le 16 octobre 2005 (www.wereldvoedseldag.be/fr). Attention, il ne s’agit pas d’une journée d’aumône destinée à nourrir les affamés, mais bien d’une journée visant à réclamer, une fois encore, le droit à l’alimentation. Le droit à un revenu digne sans devoir avoir peur d’avoir l’estomac vide le lendemain. La faim résulte d’un attentat, elle n’est pas une fatalité.

Nous insistons sur le fait que la pauvreté et la faim ne sont pas la conséquence de la paresse ou de l’incompétence. Elle découle douloureusement de l’inégalité croissante entre pauvres et riches, de politiques inadéquates et de rapports commerciaux inéquitables. Un penseur libéral comme Dirk Verhofstadt, mais également des socialistes de la troisième voie à la Tony Blair, aiment faire le lien entre la faim et la politique agricole « onéreuse et protectionniste » de l’Union Européenne. Dans la foulée, ils proposent la fin de politiques publiques de soutien: “Les subventions agricoles sont ringardes et immorales ! Laissez chaque pays produire sa spécialité et ouvrez les frontières au libre-échange agricole, cela résoudra la faim !”
Au contraire, les agriculteurs et les consommateurs ont évidemment besoin d’une politique agricole solide, mais c’est une politique agricole très différente de celle issue de la réforme mise en œuvre par la Commission européenne qui est nécessaire. Une nouvelle politique agricole devrait, d’une part, soutenir une agriculture familiale et durable et d’autre part, soutenir résolument les prix agricoles à l’intérieur de l’Union européenne et contribuer significativement à relever les prix sur les marchés internationaux. Afin d’éviter la production d’excédents structurels ou de dumping, ces politiques doivent s’accompagner de régulations du niveau de production.
Mais cela ne signifie en aucun cas qu’une libéralisation radicale apportera la solution au problème de la faim. Les pratiques actuelles de la libéralisation du commerce des produits agricoles sont d’ailleurs à l’origine d’un appauvrissement considérable de nombreux paysans et paysannes.

Des agriculteurs inutiles ?
Plus de 2 milliards de gens comptent sur l’agriculture pour assurer leur survie. Quelques 850 millions de personnes souffrent de faim. Il est révoltant de se rendre compte que soixante à septante pour cent d’entre eux sont agriculteurs. Ces derniers sont confrontés, par exemple, à des prix de vente du café, du coton, de l’arachide, de la canne à sucre, du maïs ou du riz, qui sont écrasés en raison de la faiblesse de leur position de négociation face à l’agro-industrie. Mais ils sont aussi confrontés à bien d’autres obstacles : les mauvaises politiques commerciales nationales ou internationales, les infrastructures rurales négligées, les conflits, la mauvaise gestion et l’insuffisance des budgets.
Allez donc en parler aux paysans d’Inde ou du Burkina Faso : comment peuvent-ils vendre leur lait sur leurs marchés locaux où ils doivent concurrencer à cause des importations de lait bon marché ? Ils n’ont pas l’ambition d’exporter leur lait, mais, afin de contribuer à lutter contre la pauvreté, ils demandent qu’on ne les dépossède pas de la possibilité de vivre leur travail : « Auparavant, nous pouvions écouler notre lait sur le marché local ; maintenant c’est à peine si nous y arrivons et cela ne couvre même pas nos frais. Nous ne voulons pas devenir les prochains chômeurs de nos villes » C’est le droit à un marché protégé contre les bas prix mondiaux qu’ils réclament. Les agriculteurs d’Europe s’arrachent également les cheveux. Le lait permettait jusqu’ici, pour bon nombre d’entre eux, de rentabiliser leurs exploitations. Actuellement, le prix baisse dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune. Les organisations paysannes revendiquent une diminution de la production, et demandent que l’Europe continue à leur offrir un prix rémunérateur, couvrant les coûts de production des exploitations familiales. Les règles du libre-échange font des fermiers du Burkina Faso, d’Inde et d’Europe les victimes d’une course aux prix les plus bas. Le lait est loin d’être une exception. Il en va en effet de même pour le sucre, le maïs ou le riz par exemple. Des centaines de millions d’agriculteurs sont devenus inutiles aux yeux des défenseurs du libre-échange. Les politiques défendues par l’Organisation Mondiale du Commerce, par la Banque Mondiale semblent leur dire : « tu mangeras quand tu seras compétitif ».

La solution semble pourtant devoir venir en premier lieu de l’approvisionnement alimentaire local et régional. L’agriculture paysanne familiale, pourvoyeuse d’emplois à plus d’un milliard de personnes, constitue le socle premier pour garantir au mieux la sécurité alimentaire. C’est par une rémunération digne de leur travail que ces millions d’agriculteurs ne mourront plus de faim. Une politique agricole et alimentaire réfléchie et durable n’est, pour nous, en rien synonyme de politiques orientées sur des exportations maximales.. Bien que l’endettement de nombreux pays en développement et la libéralisation des marchés les forcent à poursuivre une politique d’exportation, des exemples démontrent à suffisance qu’il s’agit justement là d’une cause majeure de l’effondrement des prix agricoles. Cela ne signifie pas pour autant que le commerce international soit inutile, mais l’accès aux marchés internationaux n’est pas un objectif en soi et ces marchés doivent être suffisamment régulés pour garantir des prix raisonnables et stables aux agriculteurs et aux consommateurs. Ces solutions sont basées sur les principes de souveraineté alimentaire.

Il est grand temps que l’on arrête d’associer de fausses promesses à la libéralisation des marchés agricoles. Ce n’est pas la solution pour atteindre l’objectif du millénaire, à savoir lutter contre la faim et la pauvreté. D’autres mesures sont nécessaires et … le temps presse.

CNCD-11.11.11.
Oxfam Solidarité
Collectif Stratégie Alimentaire
Peuples Solidaires
MAP
ACRF
FUGEA
Confédération Belge des Betteraviers
SOS Faim
AEFJN Belgique
AEFJN International
Ces organisations sont membres de la PFSA, la Plate-forme Souveraineté Alimentaire.

Personnes de Contact :
Thierry Kesteloot (Oxfam Solidarité : 02.50.67.55)
Desgain Stéphane (Coordinateur PFSA, CNCD : 02.250.12.64, 0475.76.90.61)

La FIMARC – pour un développement durable

Publié le 10 décembre 2005 dans Prises de position

L’ACRF relaie les prises de positions de la FIMARC, Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques qui nous représente auprès de diverses instances internationales comme la conférence de Hong-Kong et la 61ème session des droits de l’homme, à Genève du 14 mars au 22 avril 2005.

Téléchargez:

omc_situation_ruraux

droit_developpement

autochtones

violation_droits_homme

Les petits producteurs de café ne veulent plus boire la tasse

Publié le 10 décembre 2005 dans Uncategorized

 

Jose Sebastian, petit producteur de café et d’épices du Kérala (Inde), est aussi porte-parole de la campagne internationale des petits producteurs de café. Il a répondu à l’invitation des femmes de l’ACRF (Action Chrétienne Rurale des Femmes), mouvement actif en Communauté Française de Belgique.

L’ACRF est particulièrement sensible puisque grâce au réseau de la FIMARC (Fédération Internationale des Mouvements d’Adultes Ruraux Catholiques) dont elle est membre fondateur, des échanges entre le mouvement indien et wallon se sont tissés depuis plusieurs années.

Rencontre entre un torréfacteur wallon et un producteur de cafe indien

Une responsable ACRF l’a emmené à Sorinne-la-Longue chez le torréfacteur Jean-Luc Mossiat. En province de Namur, il reste 5 torréfacteurs. En dégustant la tasse fumante d’un mélange soigneusement concocté, les deux hommes se sont trouvé beaucoup de convergences. Ils sont tous les deux petits indépendants dans ce système de commerce international dérégulé. Le torréfacteur s’attriste de ne plus trouver pour se fournir la même qualité de café qu’il y a dix ans. Le tri par les machines laisse passer beaucoup d’impuretés. J. Sebastian, lui, produit chaque année entre 500 et 1000 Kg de café sans pesticide, nettoyé manuellement.

Peut-on rêver que de plus en plus de nouvelles filières de commercialisation équitable voient le jour pour maintenir l’emploi et le savoir-faire des petits torréfacteurs et des petits producteurs ?

Quand la chute des prix conduit au suicide

« Le café qui valait 130 roupies en 1998 a baissé jusqu’à 16 roupies. Depuis trois semaines, sans qu’on comprenne les mécanismes de spéculation, le café est remonté à 40 roupies le kilo pour le grain vert » a dit J. Sebastian dans sa séance d’information pour les femmes de l’ACRF.

Cette crise du café n’est pas une fatalité mais le résultat de la décision d’abandonner en 1989, suite à la pression des Etats Unis et du Brésil, l’Accord International sur le Café , entre producteurs et consommateurs, qui fixait un prix minimum et des quotas de production.

Pour les 25 millions de petits producteurs dont les revenus dépendaient essentiellement du café et pour les ouvriers employés dans des plantations de café qui ont fermé, cela a conduit à des situations critiques. Il n’y a plus d’argent pour se soigner, pour envoyer les enfants à l’école. L’endettement mène au suicide à l’émigration massive vers les villes. Face à ce problème concernant plus de 70 pays, les mouvements ruraux de la FIMARC se mobilisent. En Inde, les participants à la Convention nationale des petits producteurs de café organisée en mars 2005 notamment par l’organisation de J. Sebastian (Spice Trust India) ont posé les balises d’un plan d’action.

Que faire ici ?

En tant que femmes désignées par le marketing comme « premières responsables des achats », l’ACRF estime qu’elles ont un rôle à jouer dans la consommation familiale mais aussi dans l’interpellation de collectivités : homes, hôpitaux, secteur horeca, magasins…

L’ACRF propose de boycotter le café des multinationales et d’acheter « Équitable » « Fair trade » « Max havelaar » ou de se renseigner sur les petits torréfacteurs de votre région.

 

 

VIENT DE PARAITRE